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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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1 avril 2024 1 01 /04 /avril /2024 15:33
Mon discours prononcé lors de la réception des Jubilaires de Pâques

Bien Chers Jubilaires,

Mesdames, Messieurs,

 

      « L’amour, l’amour, l’amour » chante Mouloudji, « C’est un printemps craintif/Une lumière attendrie/C’est le poivre du temps/Une rafale de vent/ », « l’amour, l’amour, l’amour/Dont on parle toujours/L’amour, c’est quand je t’aime/L’amour, c’est quand tu m’aimes »… « L’amour, c’est l’arc en ciel sur deux cœurs ».

 

      Ce matin, Wattrelos a rendez-vous avec l’amour. Le vrai, le grand, le beau, celui qui dure, celui qui, devant l’Officier d’Etat Civil, à Wattrelos ou ailleurs, aura été scellé par un « Oui », le sien, le vôtre, les vôtres Chers Jubilaires, ce petit « oui » qui engage, qui en trois lettres est le plus grand et le plus beau de tous les mots d’amour !

 

      Car, oui, Chers Jubilaires, Wattrelos a rendez-vous avec votre amour !

 

      Celui qui aura déjà duré 50 ans, pour les 7 couples dont nous célébrons aujourd’hui les Noces d’Or ; celui qui aura duré 60 ans, pour les 5 couples dont nous célébrons les Noces de Diamant ; l’amour des 65 ans de mariage des 2 couples avec nous ce matin pour leurs Noces de Palissandre ; et surtout – on me pardonnera de le dire ainsi spécifiquement - mais c’est tellement beau ce parcours que je tiens à  vous mettre tout particulièrement sur le devant des projecteurs, vous qui êtes devant moi, Françoise et Pierre qui fêtez vos Noces de Platine 70 ans de mariage !!!

 

      Vous êtes 15 couples qui, ensemble, totalisez 850 ans de mariage !

 

      Et, au nom du Conseil municipal, par cette réception, et avec mes mots, je veux vous exprimer mon respect, mon affection, mon admiration aussi. Car si comme le dit la chanson, « bien sûr, il y eut des orages », être un jeune couple quand vous vous êtes unis, ce n’était pas nécessairement chose facile ! Le logement, le travail, la famille, les problèmes matériels, financiers parfois, les tensions, les querelles, les parents pas toujours consentants ou enthousiastes, mais la symphonie du bonheur a dépassé toutes les aspérités, emporté tous les problèmes, et le chemin s’est poursuivi.

 

      A deux. Et même que si le Maire que je suis vous faisait, là maintenant, ré-échanger vos consentements, la réponse serait la même qu’il y a 50, 60, 65 ou 70 ans !

 

      Votre coeur s’est emballé alors pour lui, pour elle. Depuis il n’a pas ralenti. Parce que c’était elle, parce que c’était lui !

     

      François Mauriac écrivait : « Si les mariages sont écrits dans le ciel, l’amour conjugal, qui persiste à travers mille vicissitudes, paraît être le plus beau des miracles, quoi qu’il en soit le plus commun ».

 

      Vous êtes donc des faiseurs de miracles, toutes et tous, avec sans doute ce secret, cette formule magique que vous entretenez au quotidien : « L’art d’être heureux à deux, c’est l’indulgence ».

 

      Alors, à nous vos élus, à moi votre Maire si fier de vous, de votre parcours, de votre histoire, d’essayer de faire aussi un miracle : celui, pour quelques instants, de vous faire remonter le temps. De vous replonger dans cette année, si importante, celle de votre mariage.

 

      Que se passait-il dans le monde, en France, à Wattrelos à l’époque ? Quels films allait-on voir au cinéma ? Quelles chansons fredonnait-on ? C’était votre moment, votre vie, vos émotions d’alors. Ensemble Chers Jubilaires revisitons les millésimes 1954, 1959, 1964 et 1974 au cours desquels « vous allâtes marier devant Monsieur le Maire » comme le chantait Georges Brassens, et j’espère réveiller en vous d’agréables souvenirs.

 

      ● Commençons donc par l’année 1954, celle du mariage de Françoise et Pierre. L’année s’ouvre en France par l’installation à l’Elysée d’un nouveau Président de la République, René Coty, mais pour les Français les regards sont tournés vers l’Indochine où les troupes françaises mènent de rudes combats au printemps à Dien-Bien-Phu qui finira par tomber le 8 mai. S’en suit à Paris une crise politique, et Pierre Mendès-France est investi Président du Conseil avec le mandat express de faire la paix en Indochine. Elle est signée le 21 juillet.

 

      Mais la France n’en aura pas fini avec les soubresauts de sa décolonisation : de terribles attentats ensanglantent l’Algérie à la Toussaint, et le Ministre de l’Intérieur, François Mitterrand, promet de maintenir l’ordre. Des attentats ont aussi lieu au Maroc, tandis que l’autonomie de l’Etat Tunisien est proclamée.

 

            Sur le plan international entre autres informations, les tensions sont vives entre les Etats-Unis (où Mac Carthy déclenche la chasse aux communistes) et le bloc soviétique, et en Egypte le Colonel Nasser prend le pouvoir.

 

                La France est profondément émue en début d’année par l’appel de l’Abbé Pierre pour le logement des sans-abris, et, en novembre par la condamnation à mort de Gaston Dominici.

 

     Côté sport : la France gagne le Tournoi des 5 Nations ; l’OGC Nice gagne la Coupe de France contre l’Olympique de Marseille ; le Français Robert Cohen est Champion du monde de boxe ; et en cyclisme Louison Bobet gagne à la fois son 2ème Tour de France et devient Champion du Monde.

 

      Cette année-là disparaissent Auguste Lumière, Léon Jouhaux, l’écrivain Colette et le peintre Henri Matisse.

 

     En automobile, la 4CV de Renault est reine dans nos rues, et au cinéma Anthony Quinn triomphe dans « La Strada », Jean Gabin dans « Touchez pas au grisbi », et la sublime Martine Carol dans « Nana »…

 

            Dans le Wattrelos de 1954 beaucoup de rues ne sont encore que des chemins en terre battue, comme la rue du Vélodrome ; d’autres rues sont cimentées cette année-là, telles les rues de la Vigne, Ma Campagne, des Dragons et Monge ; c’est aussi l’époque où on élargit notre fameuse rue Carnot.

 

            On pose la première pierre de la nouvelle cité de la Mousserie : pour en faire un quartier sain, le lit de l’Espierre sera couvert sur plus de 600 mètres.

 

            Tandis que l’Amicale du Plouys est Championne des Flandres de basket, la Gauloise fête le titre de Champion de France cadets de gym obtenu par le jeune André Millescamps. Seuls deux couples sont reçus en mairie pour fêter leurs noces d’or.

 

     Notons que le 6 novembre, au cours de sa visite dans le Nord, Wattrelos a l’honneur d’accueillir le Président du Conseil, Pierre Mendès-France, reçu à la Maison de l’Enfance du Laboureur.

 

            François et Pierre, c’était il y a 70 ans, et vous vous marièrent le 17 avril ! A deux semaines près, nous y sommes !

 

     L’ambiance autour de vous est à la légèreté : au cinéma triomphe « French Cancan » de Jean Renoir, et des duos d’humoristes se forment, Roger-Pierre et Jean-Marc Thibault, Jean Poiret et Michel Serrault ; Fernand Raynaud fait ses débuts. Mais rire est-ce pour vous alors l’essentiel ?

 

            Déjà j’imagine Pierre, qui rêve de passion, comme celle de Philippe dans « le Blé en herbe » de Claude Autant-Lara, et il est sublimé par Joan Crawford dans « Johnny Guitar ». Il écoute cette jeune belge, Annie Cordy, qui avec Georges Guétary et Bourvil, lui indique « La Route fleurie », la même Annie Cordy qui triomphe en chantant « Jolie fleur de pa pa papillon/Dit une voix dans l’pa pa pavillon ».

 

            Vous L’espérez, vous LA cherchez, et alors que Jean Constantin vous invite à mettre « Deux tunes dans l’bastingue » « Pose ton cafard sur l’zingue/Et t’auras du bonheur pour dix balles »… voilà qu’ELLE apparait !

 

               Comme Philippe Clay, Pierre, vous ne savez vous empêcher de dire « Vise la poupée/Sacré nom d’un chien/J’vais m’en occuper/Des souris balancées comme elle/Y’en a pas à la pelle », et sur de vous, aux copains vous clamez « C’est du tout cuit/C’est dans l’sac, c’est gagné » ! Oui mais, Françoise n’était pas la « Pauvre môme pâlotte/ La Môme aux boutons/Aux boutons de culotte », que chantait Lucette Raillat.

 

            Je ne sais si, comme dans « le Complexe de la Truite », chanté par Francis Blanche, « Elle était jeune fille/Sortie tout droit de son couvent/Innocente et gentille » ; je ne sais pas davantage si votre rencontre « Ce fut un beau solfège/Pizzicatis coquins/ Fantaisie à quatre mains/Sous l’ardent aiguillon de la chair ».

 

            Mais Françoise qui, elle, fredonnait « Un étranger au paradis » de Gloria Lasso, savait bien que « En chemin, le danger dans un paradis/C’est de rencontrer un ange/Et qu’il vous sourit »…

 

            Tous deux, vous aviez écouté Mouloudji quand il chantait :

                                   « Un jour tu verras/On se rencontrera

                                   Quelque part, n’importe où/Guidés par le hasard.

                                    Nous nous regarderons/Et nous nous sourirons

                                   Et la main dans la main/Dans les rues nous irons ».

 

            Et c’est ainsi que sous un ciel qui n’était pas celui de Paris, « S’envole une chanson » et « Marchent des amoureux/Sur un air fait pour eux ». Et ils marchèrent, ils marchent, et en sont maintenant aux noces de platine, ce métal précieux, rare, qui résiste à la corrosion, comme vos 70 ans de mariage qui résistèrent aux difficultés de la vie et au temps qui passe ; vous aussi Pierre et Françoise, comme le platine, vous êtes précieux !

 

            Un air, une musique harmonieuse s’imposent pour vous, Françoise et Pierre : c’est le grand succès de Luis Mariano de cette année-là, car c’est votre histoire qu’il chante : « La vie est là/Qui vous prend par le bras Oh la là/ C’est magnifique » avec « des jours tous bleus/des baisers lumineux », et « faire un jour/un mariage d’amour/C’est magnifique ! »

            Oui, Françoise et Pierre ce mariage d’amour, vous l’avez fait, et 70 ans plus tard, nous vous applaudissons en vous félicitant, car oui, c’est magnifique !

 

            ● Venons-en à 1959, Chers couples de Palissandre. Quelle belle année que cette année 1959 : j’en connais un qui, s’il ne fait alors que gazouiller, aurait pu chanter « Pour moi la vie va commencer »… Qu’on me pardonne ce fait personnel.

 

            Malheureusement, comme en 1954, c’est sur fond de crise majeure de décolonisation que s’ouvre l’année 1959, mais après l’Indochine, l’Algérie. Après les crises de 1958 et l’adoption de la Constitution de la Vème République, un nouveau Président s’installe à l’Elysée, Charles de Gaulle. Michel Debré devient Premier Ministre.

 

            A l’étranger, Hawaï devient le 50ème Etat des Etats-Unis dont Eisenhower est le Président. A Cuba, les révolutionnaires de Fidel Castro chassent Battista et prennent le pouvoir. La Belgique annonce sa volonté de donner son indépendance au Congo.

 

            En France, débutent les travaux du tunnel routier sous le Mont Blanc. La scolarité devient obligatoire jusque 16 ans. Le SMIG est à 156 francs. A la télévision se diffusent « 5 colonnes à la Une ». En octobre sort le 1er numéro du Journal « Pilote », avec les aventures d’un petit gaulois invincible, Astérix !

 

            Malheureusement, l’année se termine sur un terrible drame : la rupture du barrage de Fréjus qui fait plus de 400 morts.

 

            En sport, en rugby la France gagne le Tournoi des 5 Nations. Au foot, le Havre gagne la Coupe de France, le Real Madrid bat en finale de la Coupe d’Europe le FC Reims, en dépit de son butteur vedette (qui vient de disparaitre), Just Fontaine. Et l’espagnol Bahamontès, dit « l’aigle de Tolède », gagne le Tour de France.

 

            La « petite fleur » se fane en 1959 car disparait Sydney Bechet, mais aussi le cinéaste Cecil B. De Mille, Buddy Holly, Boris Vian, Billie Holliday ; les acteurs Errol Flynn et Gérard Philippe emmènent avec eux Robin des Bois et Fanfan la Tulipe.

 

            Les carnets roses, à l’inverse se réjouissent cette année-là, des mariages de Brigitte Bardot avec Jacques Charrier, du Prince Albert de Belgique avec Paola, et du Chah d’Iran avec Farah Diba.

            En 1959 à Wattrelos, « premier immeuble d’une cité de 2 500 logements » un immeuble collectif de 90 appartements vient d’être construit aux Hauts Jardins, entre la rue Jules-Guesde et la rue de la Baillerie, et accueille ses premiers locataires : la ZUP de Beaulieu s’annonce.

            Au printemps ce sont les élections municipales : élu deux ans auparavant à la mort d’Albert D’Hondt, Jean Delvainquière reste maire de Wattrelos.

 

            De grands travaux sont annoncés dans le quartier des Ballons à Herseaux pour lutter contre les inondations et contenir notamment les colères du Berckem, la rivière qui y coule.

 

            L’école des filles de Beaulieu est agrandie et on construit un groupe scolaire au Sapin Vert car la population augmente vite. A la Mousserie, au Nouveau Laboureur, de nouvelles rues, nombreuses, se dessinent.

 

            Nord Eclair annonce qu’à la fin de l’année 1959, Wattrelos, ville-champignon, comptera 40 000 habitants. Depuis la guerre, la ville gagne en moyenne 1 000 habitants par an et se classe 6e du Département.

 

            Mais pour vous, Laurinda et Joaquim, Françoise et Georges, nos deux jeunes époux, 1959 c’est autre chose. Alors que vous préparez la vôtre, je ne suis pas certain que vous sachiez qu’à Broadway se joue « la mélodie du bonheur ».

 

            Sans doute êtes-vous plus sensibles, à l’heure des premiers émois, aux films du moment, « Plein soleil » avec Alain Delon, « Les 400 coups » de François Truffaut, et « Certains l’aiment chaud » avec Marilyn Monroe.

 

            Ah Mesdames, vous vous languissez d’un amoureux qui, tel le « Marchand de Bonheur » des Compagnons de la Chanson vous promet « des moissons de baisers »… Parfois, vous êtes dans le doute, et à l’instar de « la Servante du Château » de Ricet Barrier, vous vous interrogez :

                        « Faudrait pas croire qu’j’soye un laideron

                        Les gars me courent au cotillon »…

 

            Ah oui, il y a bien ce petit Joaquim, ce petit Georges, sauf que, quand ils vous rencontrent, ils vous reprennent le titre des Chaussettes Noires « tu parles trop » : « Tu parles à tort, si la parole est d’argent/J’aurai bientôt fait fortune en t’écoutant »… Ne sont-ce t-ils que des goujats ? Mais là s’apercevant de leur bêtise, ils poursuivent l’un et l’autre la chanson :

                        « Tu parles trop, mais quand il s’agit d’amour

                        Tu peux parler nuit et jour

                        C’est jamais trop ».

 

            Là votre visage, Mesdames, s’illumine, Votre amoureux est prêt à tout pour vous : comme Jacques Brel, à vous offrir « des perles de pluie », à « creuser la terre », à « couvrir votre corps d’or et de lumière », et vous succombez quand il vous clame : « Je ferai un domaine/Où l’amour sera roi/ Où l’amour sera loi/ Où tu seras reine ». Comment résister lorsque, languissant, il vous supplie « laisse moi devenir/L’ombre de ton ombre/L’ombre de ta main/L’ombre de ton chien »…

 

            Il vous sourit, et pour vous amadouer encore davantage, Mesdames, voilà qu’avec Bourvil il se met à vous appeler sa « Salade de fruits, jolie, jolie », et il ajoute :

                        « Tu plais à mon père, tu plais à ma mère

                        Un jour ou l’autre, il faudra bien

                        Qu’on nous marie ».

 

            Conquis, passionné, votre amoureux Mesdames, avec François Deguelt, est « ivre de vie, ensorcelé », et vous proclame :

                        « Tant que ton cœur battra pour moi

                        Tant qu’un souffle d’amour en toi vivra

                        Tant que tes rêves ne seront qu’à moi

                        Je te tendrai les bras »

 

            C’est dans la bonne humeur, celle d’Henri Salvador pour qui « Faut rigoler/Avant que le ciel ne nous tombe sur la tête », que vos bras, Chers Jubilaires, vous vous les êtes tendus l’un vers l’autre et ce fut la Mairie, respectivement le 14 juin et le 10 octobre, et cela dure depuis 65 ans ! Très Bel Anniversaire Laurinda et Joaquim, Françoise et Georges.

 

            ● L’année 1964 est olympique : à Innsbruck pour les Jeux d’hiver, à Tokyo pour les Jeux d’été.

 

            A l’extérieur de nos frontières, l’année 1964 ce sont espionnage soviétique, troubles raciaux aux Etats-Unis, et très vives tensions dans la Baie du Tonkin au Vietnam entre le Nord et le Sud soutenu par les Etats-Unis, Etats-Unis où Lindon Johnson est réélu Président. En Union Soviétique, Nikita Kroutchev est limogé, remplacé par Léonid Brejnev. Les casques bleus doivent intervenir à Chypre, entre grecs et turcs. Grande grève des médecins en Belgique.

 

            En France, lors de son Congrès de Paris la CFTC se transforme en CFDT ; Jean Moulin entre au Panthéon ; la femme de l’avionneur Marcel Dassault est enlevée puis libérée par les gendarmes. Waldeck Rochet devient Secrétaire Général du Parti Communiste.

 

            L’ORTF est créée. A la télévision justement, première émission de « la Caméra invisible ».

 

            En sport, Eric Tabarly remporte la Transat en solitaire ; en boxe, le jeune Cassius Clay, 22 ans, devient Champion du monde ; au foot, l’Olympique lyonnais gagne la Coupe de France, et l’Espagne la Coupe du Monde. En cyclisme, Jacques Anquetil gagne le Giro et son 5ème Tour de France !

 

            Parmi les disparitions, citons Nehru, Premier Ministre indien, l’actrice Gaby Morlay, et Maurice Thorez.

 

Et Wattrelos, en cette année 1964 ? La ville-champignon évoquée précédemment connait de gros problèmes de croissance ; les infrastructures, commerces, services publics ne suivent pas, sans parler bien sûr de l’état de chantier permanent dans certains quartiers, et du sempiternel problème de l’Espierre…

 

A Pâques un seul couple fête ses noces de Diamant, et deux fêtent leurs noces d’Or et sont reçus en mairie.

            En avril, l’athlète Michel Bernard vient rencontrer les jeunes de la Saint-Joseph Sports au stade du Beck, et Chantal Ghesquière devient la plus jeune ceinture noire féminine de France.

 

            En juin, une digue se rompt et 300 maisons sont inondées : tout une partie de la ville est sous les eaux ! En juillet, nouveau désastre : orages et tornades inondent les points bas de Wattrelos : la Broche de Fer et l’impasse du 11 Novembre sont noyées.

 

            Mis à part ces terribles problèmes d’inondations dont nous ne mesurons plus aujourd’hui à quel point ils ont pourri la vie de générations de Wattrelosiens, 7 nouvelles classes sont ouvertes à la Martinoire, où 391 logements sont en construction, ainsi que 2 classes au Lycée annexe. Enfin, en octobre, le Conseil municipal adopte le principe de la création d’un collège au Sapin-Vert : ce sera le futur CES Nadaud.

 

            Nos 5 couples mariés en 1964 l’auront été dans « l’année Beatles » : « Les 4 garçons dans le vent » est l’incontournable film de la jeunesse de cette année. Mais vous, jeunes amoureux, pas sûr que vous ne pensiez qu’à eux.

 

            Non, vous avez quitté l’école (« Adieu Monsieur le Professeur », avec Hugues Aufray) : vous n’avez plus la tête aux colonies de vacances, même si Pierre Perret les trouve « jolies » ; vous n’avez plus la tête aux copains, même si comme Sheila vous ne les oublierez jamais !

 

            C’est que, vous Messieurs, comme Hugues Aufray, vous trouvez que « Les filles sont jolies/Dès que le printemps revient », et vous n’écoutez pas la mise en garde de France Gall qui vous conseille « Laisse tomber les filles ».             Vous êtes en recherche, mais de qui ? D’ELLE ! Elle dont comme Franck Alamo, vous avez « oublié (son) nom de baptême », et que quand elle « souligne au crayon noir « ses jolis yeux » vous appelez « Biche, ô ma biche » ; et si un autre vient l’inviter à danser vous devenez Johnny, et c’est « Excuse-moi partenaire » !

 

            Elle, elle qui s’est faite, comme Sylvie Vartan, « la plus belle pour aller danser », et dont vous fondez l’espoir que la robe qu’elle a voulue/et qu’elle a cousue sera « chiffonnée et les cheveux qu’elle aura coiffés/décoiffés par vos mains »… et qu’elle vous fera « connaitre la joie nouvelle/Du premier baiser ».

 

            Elle semble réceptive. Telle « l’amie la rose » de Françoise Hardy, « baptisée de rosée », elle se sent « épanouie/Heureuse et amoureuse », et avec Sylvie vous dit « Si je chante, c’est pour toi, oui pour toi ». Elle vous invite même avec Marie Laforêt « Viens sur la montagne/Je suis là, prends ma main ».

 

            Pourtant l’un et l’autre vous hésitez. Pour elle, il y a « una lacrima sul viso », sur son visage une larme avec Lucky Blondo ; et vous Messieurs, vous écoutez Richard Anthony qui vous parle de « Corde au cou », et Johnny évoque même « le pénitencier »

 

            Que c’est compliqué l’amour… Comment faire ? Vous étiez en pleine réflexion, quand soudain, Henri Salvador résout vos problèmes. Et oui, « Hé hé, Zorro est arrivé »/le grand Zorro/le beau Zorro ». Avec lui, plus de problèmes, que des solutions !

 

            Allez, du réconfort, « Un verre de whisky » avec Monty, « Tchin-tchin » avec Richard Anthony, et votre amoureux, Mesdames, vous apporte des « Bonbons », ceux de Jacques Brel, et plein de courage, s’en va voir votre père pour lui dire, comme Adamo « Vous permettez, Monsieur, que j’emprunte votre fille », et puisque comme dit la chanson, il « sent bien qu’il se méfie », votre amoureux sort l’arme secrète : Claude François ! Devant vos parents il s’engage : « Si j’avais un marteau/J’y mettrai tout mon cœur/Je bâtirai une ferme/Ce serait le bonheur ». Et se tournant vers vous, reprenant Richard Anthony, il vous dessine le monde qu’il vous offre :

                        « Ton amour me suffirait 

                        Pour te donner un monde entier

                        Et ce monde sera fait pour toi

                        Et personne n’y viendra que toi »

 

            Alors là, Mesdames, vous êtes conquises : vous copiez Agnès Loti pour lui dire « C’est toi mon idole/Ma raison de vivre ». A vos copines qui vous disent, mais enfin pourquoi lui ?

            Vous leur répondez, comme les Gam’s : lui « Il a le truc »…

 

            La conclusion ? C’est la chanson de Jean-Jacques Debout qui gagna la Rose d’Or en 1964 qui la donne : vos « yeux se sont aimés », et vos « doigts se sont croisés »… et ils ne se sont plus décroisés depuis 60 ans !

 

            Très belles noces de Diamant Daniel et Nadine, Francis et Christine, Hubert et Thérèse, Jean-Pierre et Jenny, Robert et Annick !

 

            ● 1974, c’est l’année de mariage de 7 couples présents ce matin.

 

            On se souvient que l’année 1973 s’était terminée par la décision en décembre de l’OPEP de doubler le prix du pétrole, ce qui lança une crise inflationniste et économique qui allait secouer le monde entier des décennies durant.

 

            Si début 1974 on s’inquiète bien sûr, on ne mesure pas encore les conséquences de cette décision. Au début de l’année, ce qui marque les esprits c’est la catastrophe aérienne d’Ermenonville où un DC-10 s’est écrasé faisant 345 morts le 3 mars. On parle aussi de la signature, enfin, d’un accord chez Lip, ou de l’ouverture de l’aéroport de Roissy.

 

            Mais pour les Français l’année sera surtout politique : la France le 2 avril est sous le choc avec le décès de son Président Georges Pompidou ; l’affrontement électoral qui s’en suivra, entre François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing verra l’élection, serrée, du second à la Présidence de la République, élection où fait politique majeur la gauche rate de peu la victoire puisque François Mitterrand réalise 49,2 % des voix. Jacques Chirac est nommé Premier Ministre.

 

            Pendant ce temps-là dans le monde : en Russie le dissident Alexandre Soljenitsyne, auteur de « l’Archipel du Goulag », est arrêté et expulsé ; une junte militaire prend le pouvoir en avril au Portugal ; Helmut Schmidt devient Chancelier d’Allemagne Fédérale ; en Grèce, à l’inverse du Portugal, les militaires rendent le pouvoir à Constantin Caramanlis, Premier Ministre ; en août, empêtré par le scandale du Watergate, le 37ème Président des Etats-Unis, Richard Nixon démissionne, et Gérald Ford lui succède ; en Ethiopie, le « Roi des rois », Haïlé Sélassié est destitué ; et l’Inde devient la 6ème nation dotée de l’arme atomique.

            Cette année-là disparaissent Giani Esposito, le célèbre Pépone (Gino Cervi) de Don Camillo, Marcel Pagnol, Duke Ellington, Pauline Carton, Francis Blanche, Charles Lindberg.

            Sur le plan sportif, on retiendra la 5ème victoire au Tour de France d’Eddy Merckx tandis que Carlos Monzon est champion du monde de boxe ; au football, St Etienne est Champion de France, et l’Allemagne, pays hôte, gagne la Coupe du Monde, la finale s’étant disputée avec les Pays-Bas où jouait Johan Cruyff.

 

            En 1974, Wattrelos continue de se développer : le Conseil municipal décide la construction d’une crèche au Sapin Vert et un nouvel hôtel des Postes en centre-ville. La ville emprunte 5 millions de francs pour acheter des terrains pour construire un centre sportif au Crétinier, un ensemble polyvalent au Sapin Vert et étendre le réseau d’éclairage public.

 

            En complément de cet emprunt, une augmentation de 15 % des impôts est votée !

 

            La construction d’un nouveau groupe scolaire à la Martinoire avance bien : il ouvrira pour la rentrée de septembre et portera le nom de Voltaire pour l’élémentaire et de Lamartine pour la maternelle.

            Est annoncé également le projet du nouveau groupe scolaire Curie, ainsi que la livraison du nouveau collège de la Boutillerie pour soulager le lycée de Beaulieu.

 

            En avril, la vétuste école des filles du Centre est démolie et notre actuelle crèche du Centre la remplace.

 

            On inaugure en mai la Résidence Beaulieu, foyer-logement de 77 appartements. Est annoncée dans la foulée celle de la Houzarde.

 

            En juin, la Grand’place devient officiellement place Jean-Delvainquière ; un buste à son effigie est installé sur le côté de la mairie.

           

            Le mois de juillet 1974 est « pourri » titre Nord Eclair : l’été est froid et pluvieux, il fait 14 degrés le 24 juillet, et à l’automne ce ne sont que des pluies discontinues ; la neige est là en novembre, et des inondations ont lieu dans le Pas-de-Calais – déjà à l’époque – déclaré zone sinistrée.

 

            A l’automne est annoncée la construction d’une station d’épuration tandis qu’est inauguré le stade de Beaulieu.

Pour nos jeunes en 1974, l’ambiance est, disons, plutôt légère. Si les jeunes filles s’émeuvent de la carrure de Belmondo dans « Le Magnifique », les jeunes garçons apprécient une provocante et jolie servante nommée « Malicia », et ne résistent pas à l’attrait du film, en haut de l’affiche, « Emmanuelle », avec Sylvia Kristel, film dont nul n’a oublié aujourd’hui encore l’affiche et l’ambiance exotique.

            On comprend bien dès lors pourquoi nos jeunes hommes sont complétement indifférents au départ du chanteur Antoine qui s’en va naviguer, et ne prêtent qu’une oreille discrète au groupe Beau Dommage qui chante  « La complainte du phoque en Alaska ».

 

            A dire vrai, ces garçons sont dans les starting-blocks de l’amour ! A la radio, on ne chante que des prénoms féminins : « Elise », Pierre Groscolas ; « Angélique », Christian Vidal ; « Vanina », Dave… ou encore « Senorita »/Dépêche-too » avec Christophe, et Ringo ajoute au climat sensuel avec « Tentation ».

            Et, Patrick, Francis, Oleg, Marc, Bernard, Jean-Marc et Marcel, tous impatients, lancés à la conquête de leur promise, pourraient reprendre en chœur avec « Au Bonheur des Dames » : « Oh les filles, oh les filles, elles me rendent marteau »…

 

            Mais c’est qu’ils sont timides, et comme Claude-Michel Schonberg, ils en rêvent « Le premier pas/J’aimerais qu’elle fasse le premier pas/J’aimerais que ce soit elle qui vienne à moi/Car voyez-vous je n’ose pas »…

 

            Sauf que, Messieurs, quand vous abordez respectivement France, Muriel, Evelyne, Lysiane, Edith, Nadine et Janine, elles vous font toutes la même réponse : « J’voudrais bien/Mais j’peux point », inspirées par Annie Cordy et sa « Bonne du Curé » !

 

            Alors, l’un et l’autre vous vous impatientez : avec Cloclo « le Téléphone pleure/quand elle ne vient pas », et, comme Sheila, elle vous implore « Ne fais pas (sur un coup de tête) tanguer le bateau ». Avec mon ami Jacky Reggan vous connaissez ainsi votre « Premier baiser, première larme ».

 

            Et vous, Messieurs, vous vous faites successivement :

            > constructifs, avec Serge Lama :

                        « Viens, laisse un peu tomber tes poupées/

                        A ton âge il faut s’en aller

                        Chez moi, je t’installerai le marché

                        Aux fleurs pour te parfumer » ;

            > pragmatiques, avec Frédéric François

      « Viens te perdre dans mes bras

      C’est ma vie que je voudrais t’offrir

      Viens poser tes lèvres sur mon cœur

      Notre amour triomphera ».

> concrets, avec Michel Sardou :

              « Je veux l’épouser pour un soir

              Et l’épuiser d’amour »

> romantiques, avec Jean-Jacques Debout :

              « Pour un jour, une nuit, redeviens Virginie

              Partons tous les deux

              Pour vivre l’amour le plus merveilleux »…

 

                    Devant tant de déclarations, « Rappelez-vous Minette », vous le regardez, lui, votre prétendant, et telle Sheila, vous vous laissez aller à lui dire  « Tu es le soleil/L’astre de mes nuits », et vous le faites, vous Mesdames, quoi donc ? Evidemment « Le premier pas d’amour/Dans son lit jour après jour », en lui donnant « tous les remords/De n’avoir pas dit plus tôt/Le premier mot ».

 

                    Hé voilà, qu’au petit matin, après le passage à la Mairie, le jeune marié s’éveille, et pense tout haut avec Richard Anthony :

                                « Qu’est-ce qu’il m’arrive aujourd’hui/

                                Je suis amoureux de ma femme

                                J’ai envie de l’embrasser, besoin de la caresser

                                Je sens me piquer au cœur

                                Une merveilleuse et tendre douleur »

 

                    Et vous Mesdames, si la chanson existait au masculin, sans doute l’entonneriez-vous tout autant.

 

                    C’est ainsi qu’une vie d’amour s’est écrite, et 50 ans après, chacune et chacun, vous pouvez dire comme Jean Gabin, en tête des hit-parades en 1974, « Maintenant, je sais ». « Ce que j’ai appris, ça tient en 3, 4 mots :

                                 Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau

                                Je peux pas mieux dire, il fait très beau »

 

                    Très belles Noces d’Or, Très Bel Anniversaire de mariage à nos marié(e)s de 1974 !

 

*

 

            Voilà. 50, 60, 65, 70 années ont passé.

 

            Ce matin, Chers Jubilaires, je vous ai invité à remonter le temps Et comme le chantait Jean Gabin, « On oublie facilement tous les soirs de tristesse, mais jamais les matins de tendresse ». Nous nous sommes souvenus de tous ces bons moments en chansons, car à chaque histoire d’amour sa chanson, et à chaque chanson son histoire d’amour ! Les chansons nous accompagnent tout au long de notre vie, elles fixent nos souvenirs, sont si souvent le reflet de nos événements personnels.

 

            Des couplets de grande tendresse, les refrains d’une vie à deux pas toujours facile c’est vrai, avec ses hauts et ses bas, mais au final, des mélodies irremplaçables, puisque ce sont les vôtres, celles de votre vie, celles du bonheur que vous vous êtes donnés.

 

            Un bonheur dont le poète patoisant Fremicourt, que je cite chaque année, donne la définition : « Ch’est un bonheur d’être avec s’compagnie et difficile à bin l’rimplachi ».

 

            Alors restez, restez ensemble, longtemps encore !

 

            Qu’avez-vous fait de mieux que de vous aimer ? N’est-ce pas là l’une des plus grandes réussites de l’existence, le projet même, l'ambition de toute une vie ?

 

            Certains cherchent l’amour, le chercheront longtemps, ne le trouveront peut-être jamais. Vous, vous l’avez rencontré, il y a 50, 60, 65, 70 ans… C’était il y a longtemps, et en même temps c’était hier. Et ce jour-là, vous lui avez dit oui, oui parce que c’était elle, oui parce que c’était lui. Oui, et ça a été pour la vie !

 

            Alors, puisque vous l’avez fait, puisque vous l’avez prouvé, comment pourrais-je conclure ce matin mon propos sans faire référence à cette magnifique maxime de Jean de la Fontaine, qui est à mon sens la plus belle phrase de la langue française, une phrase qui résume tout et qui dit l’essentiel, « Aimer, aimer, tout le reste n’est rien ! ».

 

            Vous en êtes, chers Jubilaires, la preuve ! Votre maire, vos élus du Conseil municipal sont heureux, infiniment heureux de vous voir ici réunis pour votre anniversaire de mariage.

 

            L’inoubliable Romy Schneider avait un jour écrit : « Réussir c’est Aimer ».

 

            En vous accueillant ce matin, en vous regardant les uns et les autres, Chers Jubilaires, je sais, oui je sais que « Aimer, c’est Réussir ! ».

 

            Toutes nos félicitations, bonne journée à toutes et à tous… et Joyeuses Pâques !

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12 janvier 2024 5 12 /01 /janvier /2024 11:02
Mon discours de voeux aux corps constitués : reconstruction de la piscine, du collège Neruda, et un scanner pour l'hôpital !

Monsieur le Premier Président,

Madame la Sous-Préfète, Secrétaire Générale de la Préfecture,

Monsieur le Directeur Régional des Finances Publiques, Cher Franck,

Mon Général, Commandant du Groupement de Gendarmerie du Nord, Cher Lionel,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs en vos fonctions et responsabilités,

 

            Très Bonne Année 2024 à chacune et chacun d’entre vous ! Cette cérémonie, traditionnelle à Wattrelos, a en effet cet objectif premier : présenter mes Vœux et ceux de l’Administration Municipale à celles et ceux qui sont nos partenaires du quotidien, celles et ceux avec qui tout au long de l’année élus, fonctionnaires municipaux nous travaillons au service de Wattrelos et de ses habitants, tant pour la gestion de chaque jour que pour la préparation de l’avenir de la ville. Services préfectoraux et de l’Etat, métropolitains, départementaux, régionaux, organismes, directeurs d’écoles ou de notre Centre Hospitalier, délégués départementaux de l’Education Nationale, vous nous êtes précieux, et j’aime à le dire chaque année, nous vous aimons !

 

            Nous vous aimons par intérêt ? Sans doute, comme le nierai-je ? Mais nous vous aimons aussi et surtout parce que nous aimons Wattrelos - « Wattrelos, la ville que nous aimons » est d’ailleurs le nom de la liste de la Majorité municipale - et que pour améliorer la vie des wattrelosiens, moderniser la ville, lui donner les instruments que sa population mérite, nous avons besoin de vous !

            Nous apprécions votre engagement à nos côtés, votre appui, que ce soit dans les moments de crises (j’y reviendrai), ou notre co construction des projets. Merci à vous d’exister, d’être là toute l’année, d’être là ce soir.

           

            Et, Monsieur le Premier Président de la Cour des Comptes c’est pour tous ces engagés de l’intérêt général, ces croisés pour Wattrelos, pour tous les élus et anciens élus municipaux, et pour le Maire que je suis un grand honneur de vous accueillir, et que vous nous fassiez le plaisir de participer à ce moment fort de la vie municipale.

 

            J’accueille bien sûr avec bonheur d’abord un « vieil ami » (et si je n’aime pas a priori l’adjectif, je précise que ce n’est pas lié à nos âges, mais seulement une référence aux plusieurs décennies d’amitié et de combats partagés qui nous lient !) ; j’accueille aussi un professeur d’économie à Sciences Po, école que nous connaissons bien tout deux, un ancien député et élu d’une terre ouvrière, un ancien Ministre de l’Economie et des Finances, un ancien Commissaire Européen toujours européen convaincu et enthousiaste. J’accueille aussi surtout le Premier Président de la Cour des Comptes, celui que l’on reconnait être le plus haut fonctionnaire de France, et dont la parole et la mission sont d’être les garanties de la bonne gestion des deniers publics, au sens de cet article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen inscrit au-dessus de la collégialité de la Cour dans la salle des délibérés, article qui énonce « La société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration ».

 

            Wattrelos, M. le Premier Président, vous a accueilli à plusieurs reprises, mais ce soir par votre présence vous accordez une belle reconnaissance et un bel encouragement à tous ceux qui ici ne comptent pas ni leur temps, ni leur dévouement, ni leur engagement au service de l’intérêt général. Merci d’être là !

 

            Ceci dit, votre présence me contrarie un peu, ou plutôt elle contrarie mon discours : traditionnellement, j’avais le parti pris de le commencer par un point de situation des finances publiques, ce que je ne m’imagine pas faire ce soir devant celui qui est aussi le Président du Haut Conseil des Finances Publiques et le Président du Conseil des Prélèvements Obligatoires. Nul doute, Cher Pierre, que tu y reviendras.

 

            Fus-je ainsi contrarié dans mon propos, rassurez-vous, Mesdames et Messieurs, j’ai d’autres choses à vous dire. Et après une année 2023 qui aura marqué le monde, notre pays et la ville, permettez au Maire de Wattrelos de formuler pour 2024, 3 vœux majeurs : consolider l’Europe ; consolider notre ville ; consolider nos partenariats avec de grands projets pour Wattrelos.

 

            1. Consolider l’Europe : oui, je forme le vœu qu’en 2024 l’Europe sache résister aux tentations de l’aventure et sache se consolider

 

            Sur fond de tensions avec l’Est, de guerre sur son propre continent, et de pressions migratoires, l’Europe de 2024 est à la croisée des chemins.

 

            Tout y redevient possible, même le pire.

 

            Autour de nous, soyons francs, peu se soucient des élections européennes. Elles sont perçues sans enjeu, et le risque qu’on fasse payer à l’Europe tous les maux de la terre existe ! L’extrême-droite participe à plusieurs gouvernements de pays fondateurs de l’Union Européenne, et plutôt que d’appeler à la résistance responsable et à l’exercice sérieux du pouvoir, çà et là une partie de la gauche européenne s’émiette, se mobilise dans des combats internationaux ancestraux qui, pour importants qu’ils soient, éloignent de l’essentiel, à savoir : les conditions de vie de nos habitants, et l’avenir de notre continent européen.

            Aujourd’hui la guerre est aux frontières de l’Union européenne, des menaces nucléaires ressurgissent, l’alimentation et les métaux rares sont utilisés comme armes de déstabilisation de nos sociétés, le commerce mondial générateur de croissance est pris en otage d’intérêts politiques destructeurs, l’antisémitisme ressurgit dans nos pays, et le terrorisme radical islamiste se manifeste régulièrement et alimente sans doute nombre de réseaux dormants qui exigent une surveillance accrue pour la sécurité du territoire et de nos populations.

 

            Si le bouclier américain délaisse l’Europe, si des diktats nationalistes tels que ceux du dirigeant hongrois Victor Orbàn prospèrent, si l’Ukraine plie le genou devant l’ogre russe, qu’adviendra-t-il de l’Europe, ce continent que, depuis que je suis enfant, je n’ai connu qu’en paix ? Quelques semaines après la disparition de Jacques Delors, je considère comme essentiel de remettre l’Europe au cœur des souhaits de 2024.

 

            Ma conviction est que si l’Europe ne se consolide pas rapidement, son déclin n’épargnera à l’avenir aucune des nations qui la composent. Depuis ma prime jeunesse, je suis socialiste, et je le reste, parce que profondément européen.

 

            Vous me direz quel rapport avec Wattrelos ? Tout simplement parce que pour Wattrelos l’Europe est historiquement une évidence. Ville frontière avec 15 kms de limites avec la Belgique, ville jumelée avec des villes frontières en Allemagne, au Portugal, en Hongrie, en Pologne, ville qui a proclamé son espérance dans l’Europe des libertés et de la paix en multipliant ses jumelages avec plusieurs communes de l’Est lorsque le mur de Berlin est tombé, ville enfin qui a accueilli sur son territoire, dans ses usines, successivement des belges, des polonais, des portugais, des italiens, des espagnols : les assimilations n’ont pas toujours été faciles mais nous sommes tous ici des sangs mêlés d’autres, venus d’Europe.

 

            Votre présence, M. l’ancien Commissaire Européen renforce ce plaidoyer européen qu’avec vigueur et convictions je voulais ce soir affirmer.

 

            2. Consolider notre ville, ce qui veut dire consolider nos finances, le vivre ensemble et le pacte républicain à Wattrelos

 

            ● Consolider nos finances, oui car pour agir, il faut des moyens : sauf que si Wattrelos a les besoins sociaux d’une grande ville (en population et en surface), elle n’a en revanche que les ressources d’une ville très moyenne.

            Contrairement à ce que parfois il est dit à tort, Wattrelos n’a pas de problème de dette (celle-ci est bien moindre que celle d’autres grandes villes voisines que je ne citerai pas pour ne me brouiller avec personne), mais sa faiblesse ce sont ses ressources.

            Ainsi, par exemple le produit des impositions directes perçues par Wattrelos est de 486 €/habitant, alors que la moyenne pour les communes de 20 à 50 000 habitants est de 935 € par habitant ! Tout est dit ! Wattrelos a moitié moins de recettes propres que les communes de taille équivalente !

            Voilà pourquoi nous avons une grande sensibilité, et nous devons rapidement réduire nos dépenses lorsque nous avons des pertes brutales de recettes. C’est ce qui va se passer en 2024, puisqu’avec le mauvais état du marché immobilier, à Wattrelos comme dans toute la France, nous perdons 760 000 € de droits de mutation par rapport à l’an dernier, et que le « filet de sécurité », d’1 M€ versé par l’Etat en 2023 pour faire face exceptionnellement aux dépenses d’énergie disparait : - 1,7 millions € de recettes en moins, cela va nécessiter des efforts.

            Et c’est pourquoi, pour en finir avec cette sensibilité de nos recettes, notre stratégie financière de fond, qu’avec obstination nous mettons en œuvre chaque année est de travailler à élargir la base taxable sur la commune, en augmentant le nombre d’entreprises (ce qui en sus crée des emplois) et le nombre de logements : des programmes économiques et d’habitats en plus, ce sont des taxes foncières, seul impôt local, qui s’améliorent.

            C’est une stratégie de fond, qui vise ainsi à consolider durablement l’équilibre des comptes de la ville, et lui permettre d’assurer dans le temps plus aisément ses charges et investissements de service public. Nous menons cette ligne politique, en veillant parallèlement, à réduire chaque année le stock d’endettement (dorénavant inférieur à 100 % de nos recettes !) et, si possible, à diminuer le taux de Taxe Foncière : nous l’avons fait en 2020, 2022 et 2023 ; nous devrions encore le faire en 2024, soit 4 baisses de la fiscalité locale en 5 ans, je n’ai pas vu beaucoup de communes à l’avoir fait !

 

            ● Mais pour 2024, il est un autre point de vigilance, ô combien peut être essentiel : consolider le « vivre ensemble ».

            Les émeutes de fin juin 2023 nous ont tous secoués ! Que ce soit en France, dans notre métropole ou dans notre ville, c’était du jamais vu ! Ce furent des scènes d’attaques délibérées, de dégradations, de pillages, dont je ne crois absolument pas au caractère d’émergence spontanée (même si les réseaux sociaux ont bien sûr joué un triste rôle de propagation des incendies). Wattrelos a payé un lourd tribu.

            Comme dans tant de villes, ici ce sont des établissements, au cœur d’un quartier populaire, au sein d’une ville populaire, et qui rendent des services quotidiens aux populations les plus modestes, les plus en difficultés qui ont été saccagés et brulés : le supermarché Lidl et le Centre Social à la Mousserie.

            Pourquoi ? Chacun d’entre nous s’est posé cette question, et se la pose encore sans doute. Les réponses à construire prendront du temps aux pouvoirs publics et à notre société. Ici, à Wattrelos l’Administration municipale ne baisse pas la garde :

            > avec le programme TZNR, Territoire Zéro Non Recours, où Wattrelos est, avec Lille, la seule ville du Nord parmi les 39 lauréats nationaux, nous porterons sur 3 ans un programme de 414 000 € pour lutter contre la méconnaissance des droits sociaux, et lutter contre l’isolement social, les exclusions et la fracture numérique.

            > nous avons obtenu de l’Etat un élargissement significatif, vers le Sapin Vert, la Mousserie et le Crétinier de la géographie prioritaire de la politique de la Ville : le Décret 2023-1314 du 28 décembre 2023 donne satisfaction aux demandes de la Ville, cela nous permettra d’agir plus et mieux.

            > enfin, nous travaillons sur le prochain Contrat de Ville, 2024-2030 pour lequel, sur une géographie étendue donc, nous mobiliserons des moyens accrus sur plusieurs priorités : la Réussite Educative et la Jeunesse, l’Emploi et l’insertion de personnes les plus éloignées de l’emploi, la lutte contre l’Exclusion et la Précarité (alimentaire et énergétique), et l’Engagement Associatif et Citoyen.

            S’agissant des dégâts des émeutes, la ville est mobilisée pour reconstruire. Au moment où je parle et quoique la décision du groupe Lidl n’est pas formellement prise, et tout en restant prudent dans mon affirmation, il me semble que l’on s’achemine dorénavant vers une reconstruction sur site.

            Pour le Centre Social, la ville veut aussi sa reconstruction au plus vite et je suis en lien étroit, d’une part avec le propriétaire qu’est l’Association des Centres sociaux, et d’autre part avec la Préfet de Région dont je salue l’engagement et la détermination personnelle : en accord avec  celui-ci , et sans en dire davantage ce soir, je peux annoncer que la Ville se saisira en février d’une Déclaration d’Utilité Publique en vue d’une appropriation publique d’un bâtiment privé pour, au plus vite, redonner à ce quartier populaire le Centre Social dont ses habitants ont besoin.

            ● Enfin, en 2024, il me parait essentiel que nous veillions aussi à consolider le pacte républicain à travers le respect de la laïcité du domaine public.

            Maire, je respecte la pratique de tous les cultes, dès lors qu’elle se fait dans les lieux de culte. En revanche, trop souvent dorénavant, des prières de fidèles ont lieu devant la mosquée, sur la voie publique : je ne peux pas le tolérer plus longtemps. Il y a d’autres lieux dans les villes alentour, il y a peut-être une autre organisation interne à mettre en œuvre, mais sur la rue, pendant notamment que passent des véhicules à proximité, ce n’est pas acceptable ! Je demande instamment aux autorités de police d’y mettre fin rapidement : à défaut, je serai contraint de demander au Préfet la fermeture administrative de la mosquée ! Cela n’a que trop duré.

            3. Consolider nos partenariats, avec de grands projets pour Wattrelos

 

            En ce début 2024, nous sommes à un peu plus du mi-mandat, et bien que très affectées dans leur calendrier par la crise sanitaire du Covid et ses conséquences, les trois premières années ont déjà permis de belles avancées sur les engagements pris. Mais l’année 2024 va marquer l’histoire contemporaine de notre ville car elle va donner un horizon à 3 grands projets majeurs, tant attendus et dorénavant atteignables : la reconstruction d’une piscine, celle enfin du 3ème collège public, et l’arrivée d’un scanner à l’Hôpital de Wattrelos, ce qui symboliquement inscrira dans le temps long la pérennité de notre Centre Hospitalier.

            Cela fait des années qu’on y pense, les uns et les autres étaient dans le programme municipal, et en 2024, on passe de la promesse à l’engagement concret !

 

 

  1er projet : la reconstruction d’une nouvelle piscine, avec la MEL

           

            Oh ils n’étaient pas nombreux ceux qui pensaient que nous parviendrions ; pourtant c’est fait ! Lors de son Conseil du 15 décembre dernier, la MEL a voté, à l’unanimité, que la construction d’une nouvelle piscine à Wattrelos, à la Cité des Sports, est d’intérêt métropolitain. Cela veut dire 2 choses : la première est qu’il y aura bien une piscine neuve à Wattrelos, un projet avec 6 lignes de bassin de 25 mètres, apte à accueillir les scolaires bien sûr mais aussi un club de haut niveau tel que nos Dauphins ; le seconde est que c’est la MEL qui la construira, finançant les travaux à 70 %, assurera la totalité des dépenses de personnel et la moitié du déficit d’exploitation.

            Depuis cette décision, à Wattrelos, on nagerait presque dans le bonheur ! Bien sûr les travaux ne commenceront pas en 2024, au mieux fin 2025, mais c’est en 2024 que les études, les plans, bref le projet se finaliseront.

            C’est dire la qualité de notre partenariat, fort et étroit avec la MEL, son Président Damien Castelain, et son exécutif auquel je m’honore d’appartenir.

            Bien sûr il y a bien d’autres chantiers MEL sur la ville : parc PCUK, Centre-Ville avec la ZAC de l’Hippodrome, PMRQAD au Crétinier, ANRU 2 aux Villas, Zones économiques de l’Union, de la Lainière, du Peignage, les soutiens à nos projets de développement durable, la nouvelle station d’épuration, la zone d’extension des crues, ou encore et surtout le programme voirie, qui modernise assainissement, voies de circulation et espaces publics.

            D’ailleurs, c’est en 2024 que nous devrions, grâce à l’appui décisif du Président Castelain, avoir les plans et le calendrier de la poursuite, au-delà du pont des 44, de la liaison Beaulieu-Tourcoing.

            Mais, car malheureusement il y a un mais puisque, comme le disait Beaumarchais, « sans liberté de blâmer il n’est point d’éloge flatteur », nonobstant ce partenariat vertueux je ne peux que dénoncer la fermeture brutale, entre le 30 novembre et le 1er mars 2024 de la déchèterie mobile jusqu’alors installée ! C’est long, bien trop long, et je ne décolère pas ! J’exige sa réouverture au plus vite ! Quand on n’est pas capable de construire une déchèterie fixe avant plusieurs années au moins on préserve la déchèterie mobile !

           

 

 

  2ème projet : la reconstruction programmée, enfin, du collège Neruda

 

            C’et bien LE grand dossier que nous avons avec le Département du Nord !

            Le collège Neruda, doit être reconstruit : le dossier était déjà lancé du temps de mon prédécesseur, et bien des terrains dans le secteur Centre/Sartel ont fait l’objet de discussions. Et en la matière, je me veux pragmatique : ce qui compte c’est la possibilité légale qu’offre le Plan d’urbanisme et la faisabilité technique et financière à des délais et des coûts raisonnables. Le Conseil municipal du 21 décembre, en accord avec le Président du Conseil Départemental, Christian Poiret, a voté à l’unanimité une cession d’une parcelle de près de 16 000 m² le long du Boulevard Mendès France, pour que le Département puisse engager au plus vite cette reconstruction, qui se situera ainsi sur le passage du futur tramway.

            Mais comme cette parcelle tient lieu aujourd’hui de terrains de foot d’entrainement, pour ne pas spolier le club utilisateur, le Département s’est engagé à co-financer la transformation en 2025 du terrain d’honneur du Beck en terrain synthétique ; ce sera le 3ème terrain de cette nature sur la ville : cela facilitera la pratique sportive des collégiens et des adhérents de l’USW.

            Parallèlement, l’Office Départemental, Partenord, adaptera à cette nouvelle donne ses projets de reconstruction de logements sur le site Beck-Avelin.

 

  3ème projet : un scanner à l’Hôpital de Wattrelos, c’est possible !

 

            Certes, la décision formelle n’est pas prise, mais elle est devenue possible : depuis que je suis maire, jamais on n’a été si près, et avec toute la communauté de l’Hôpital de Wattrelos, tout le Groupement Hospitalier du Grand Lille, je suis mobilisé à fond pour que ce projet aboutisse.

            Si tel était enfin le cas, quel parcours ! Depuis 15/20 ans que de pleureuses j’ai lues et entendues qui évoquaient comme une évidence, ou un souhait malveillant je ne sais, la fermeture programmée à coup sûr de l’Hôpital de Wattrelos.

 

            Aujourd’hui quelle est la réalité ?

 

            > D’abord dans un établissement qui a obtenu la meilleure certification médicale sur le territoire métropolitain, notons que sur les 10 établissements du Groupement Hospitalier du Grand Lille (Lille, Roubaix, Tourcoing, Armentières,…) 1 seul établissement aura été en 2022 en équilibre financier, avec un résultat positif (fut-il étroit !), c’est Wattrelos ! le cumul des déficits de tous les autres hôpitaux, ce sont 54 Millions d’euros ! M. le Premier Président de la Cour des Comptes, cela valait la peine que je vous le dise, mais aussi que cela se sache !

            > 2ème réalité : comme je le disais, dans le Projet Régional de Santé, il devrait y avoir une implantation d’un équipement d’imagerie médicale en coupe (en d’autres termes, un scanner). Au 1er semestre 2024, le Centre Hospitalier de Wattrelos va déposer une demande d’autorisation, en lien avec le Centre Hospitalier de Roubaix et un Cabinet de médecins radiologues libéraux. Cette implantation, décisive pour l’offre de soins à notre population, est soutenue unanimement par tout le Groupement Grand Lille.

            Et comme l’Agence Régionale de Santé a exprimé sa volonté de développer l’activité des hôpitaux de proximité, une décision en 2024 pour un scanner à l’Hôpital de Wattrelos, oui je veux y croire !

            > Enfin, 3ème réalité : là aussi, une bonne nouvelle possible pour renforcer l’offre de soins, puisqu’en lien avec le CHU de Lille, notre Hôpital de Wattrelos devrait se voir attribuer une autorisation de Soins Médicaux et de Réadaptation pour le « Système digestif », ce qui est essentiel au vu des pathologies diabétiques, notamment, que notre population connait.

            D’autres projets existent encore pour notre Hôpital, et avec les médecins et direction nous y reviendrons lors des Vœux qui y sont spécifiques. Mais ces informations, Mesdames et Messieurs, sont d’importance pour toute la ville, et pour vous dans vos projets et missions et je tenais d’ores et déjà à vous en informer.

 

            Comme d’autres projets importants existent pour Wattrelos en 2024, même si je ne peux les détailler : poursuite de ce chantier d’ampleur qu’est la réfection de la  toiture et de la charpente de l’église St Maclou (il y en a, rappelons-le, pour 4,9 millions € !),  premières grosses implantations d’entreprises à la Lainière après celles du Peignage en 2023, une Opération d’Intérêt National sur le Sartel lancée en 2024, démolition des 2 barres subsistantes aux Villas dans le cadre du projet ANRU 2, poursuite des aménagements du Centre-Ville et du Crétinier,  préparation d’une Maison des 1000 premiers jours pour l’Enfance, rénovation informatique d’ampleur pour les services municipaux, travaux sur le patrimoine communal, nos festivités habituelles qui sont, Carnaval, Berlouffes, Marché de Noël notre « signature » wattrelosienne,… et tant d’autres pour lesquels, Mesdames, Messieurs, Chers Amis, Wattrelos compte sur vous, pour lesquels Wattrelos a besoin de vous, de vos compétences, de votre mobilisation, et de vos subventions aussi (n’hésitez pas !)…

 

            Pour faire tout cela, il faut être en bonne santé ; et vous comprendrez donc pourquoi, avec quelle intensité, avec quel enthousiasme, je vous souhaite, à chacune et à chacun que 2024 préserve votre santé et celle de vos proches, et qu’elle vous apporte de ces bonheurs, petits et grands, qui font que la vie mérite d’être aimée… et qui, par votre action, font que la vie à Wattrelos sera meilleure.

 

            Belle Année 2024 !

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10 janvier 2024 3 10 /01 /janvier /2024 11:23
Mon discours lors de la cérémonie des voeux au personnel municipal 2024

Madame la 1ère Adjointe, et Chers Collègues élus membres de l’Administration Municipale,

Madame la Directrice de Cabinet,

Monsieur le Directeur Général des Services,

Mesdames et Messieurs, Cher(e)s Ami(e)s, Chèr(e)s Collègues,

 

            C’est un bonheur de vous revoir ce soir ici toutes et tous en ce début d’une nouvelle année, une année qui suscite pour les uns inquiétudes, pour d’autres espérances, mais qui ne laisse pas indifférent après l’année 2023 que le monde a connu.

            C’est un bonheur de vous recevoir dans cette salle Salengro, et pour votre Maire et les élus qui m’entourent, Mesdames et Messieurs, c’est un honneur !

            Oui, un honneur car cette vidéo que nous venons tous de voir et d’apprécier, c’est l’image de notre travail à tous, c’est l’image de votre travail !

            Car, un parc bien entretenu, la nature en ville, de nouvelles entreprises qui s’installent, de nouveaux logements et des habitants qui vont y résider, la propreté des rues, la sécurité publique, c’est vous !

            Les animations festives, Carnaval, Berlouffes, Allumoirs, Marché de Noël, les animations culturelles au Musée, à la Ferme pédagogique, à la Bibliothèque, les concerts du Conservatoire ou à la BAM, c’est vous !

            Les activités régaliennes, l’état civil, les mariages, les décès, les cimetières, la gestion des finances de la ville, les Résidences Autonomie de nos ainés, l’action sociale pour les plus démunis, c’est vous !

            Et dans les situations de crise, comme nos voisins du Pas de Calais en connaissent avec le terrible drame des inondations, qui est encore en première ligne ? Le service public et les agents municipaux ! Car malheureusement dans la vie d’une cité il n’y a pas que les moments d’embellissement ou joyeux ; il y a aussi des temps plus difficiles. A cet égard, nous n’oublierons pas les tempêtes, où au Parc ou dans toute la ville nos services sont intervenus, et surtout surtout les émeutes de fin juin, qui nous ont tous profondément bousculés, et où certains d’entre vous ont dû dans l’urgence et la tension, dans le risque d’agressions, déblayer, sécuriser les sites en flamme puis calcinés, du supermarché Lidl et du Centre Social à la Mousserie ; et je n’oublie pas non plus la formidable, et stressante, mobilisation de notre Police municipale, en lien avec les escadrons de gendarmerie et les blindés envoyés par le Préfet, et des services techniques pendant plus de 3 semaines ; comme je n’oublie pas ces 13 et 14 juillet que tout le monde ou presque me demandait d’annuler, et que nous avons pu organiser, pour le bonheur de tous ! Et si j’ai pu prendre, seul contre presque tous, cette décision, et si ça s’est bien passé, c’est grâce à vous !

            Merci, merci aux services municipaux, j’ai été ces jours-là et je suis fier de vous !

            2023 c’était hier : nous voilà donc en 2024. Et avant de vous souhaiter que cette nouvelle année soit bonne, avec l’Administration municipale permettez-moi de vous dire comment je vois 2024 (et je le ferai en 3 parties) :

 

            1. D’abord, pour 2024, un mot d’ordre : tous ensemble, tous concernés, et plus que jamais par la Ville Nature !

           

            La Ville Nature ce n’est pas qu’un programme électoral, ce doit être le vécu de toute une ville, et surtout l’engagement déterminé et durable, c’est-à-dire sur plusieurs années, de tous les services municipaux.

            Le presse économique s’en est très récemment faite l’écho : en matière de climat, et de lutte contre le réchauffement climatique la France est sur une bonne dynamique. Les émissions de gaz à effet de serre de la France ont diminué de 4,6 % au cours des 9 premiers mois de 2023. Certes, ce recul est en grande partie dû à des facteurs conjoncturels tels que la disponibilité retrouvée du nucléaire et la douceur de la météo.

            Mais Wattrelos doit aussi prendre sa part dans cette évolution. Et les services municipaux se doivent d’y apporter leur contribution.

            L’énergie, le gaz, l’électricité, le carburant ont fortement augmenté au 2nd semestre 2022 ; on s’en souvient : avec la hausse de l’alimentation pour nos restaurants scolaires cela a contraint la ville à payer + 1,4 M€ de dépenses supplémentaires sur les 6 derniers mois de 2022. Ces tarifs augmentés sont encore largement ceux de 2023 : c’est un défi pour nous toutes et tous ! Il nous fallait réagir, nous l’avons alors fait, fortement, à travers un « Plan de sobriété » à l’automne 2022 qui a concerné à la fois les services municipaux et la vie de la cité.

            Des mesures fortes ont été prises, avec des recommandations d’utilisation des locaux pour les éclairages et les chauffages, qu’il s’agisse des bâtiments administratifs, scolaires, associatifs ou sportifs !

            Des recommandations aussi sur l’utilisation des écrans et des messageries informatiques ; nous avons accéléré les investissements sur l’éclairage public, les chaudières, le déploiement de panneaux voltaïques, la réfection des toitures, la lutte contre les passoires thermiques. Mesure emblématique, nous avons arrêté l’éclairage public en « nuit profonde » de 23h30 à 4h30 du matin.

            Malheureusement, cette mesure, qui était une bonne décision du point de vue de l’écologie et de la biodiversité, nous avons dû la supprimer, et rétablir l’éclairage partout, toute la nuit après les émeutes, à la demande de la police : nous pouvions-là économiser 100 000 euros sur l’année, c’est raté !

            De même, chers amis, chers collègues, il faut bien le reconnaitre, les efforts qui ont été faits en fin d’année 2022, et l’hiver dernier me paraissent aujourd’hui s’être relâchés !!! Alors qu’ils ont été strictement interdits l’an dernier, des petits radiateurs électriques ont fait leur retour çà et là ; dans des bureaux chauffés, on laisse des fenêtres ouvertes, on laisse des radiateurs fonctionner les week-end, la surveillance des locaux associatifs s’est réduite…

            Ce n’est pas possible ! Pourquoi ? Pour des raisons écologiques et financières.

            Ecologiques, je n’ai pas besoin d’insister, la France a besoin de réduire sa consommation d’électricité et de gaz, nous aussi !

            C’est vital pour la planète, c’est un acte majeur de développement durable !

            Mais les raisons sont aussi ici financières et budgétaires :  les consommations d’énergie c’est à peu près 3 millions € par an ! Tout ce que l’on ne saura pas faire en réduisant nos factures d’énergie, il faudra le faire en diminuant les dépenses de personnel, c’est-à-dire en supprimant des postes ou en ne renouvelant pas des départs ! Est-ce cela que l’on veut ?

            Les choses sont simples ; en 2024, la ville perd – 1,7 millions € de ressources par rapport à 2023 : - 1 M€ avec la disparition du « filet de sécurité » versé en 2023 par l’Etat, et – 760 000 € avec l’effondrement des taxes que la ville perçoit sur les ventes immobilières ! 1,7 M€ de moins ! Il faut les rattraper, et sincèrement, comme vous je pense, je préfère faire des économies sur les factures de gaz et d’électricité que sur le dos du personnel !

            Voilà pourquoi, j’insiste : la Ville Nature, ce n’est pas que des oiseaux, des jolies fleurs, des forêts à planter ou du miel de nos abeilles ! Ce sont nos comportements à changer, des économies à réaliser, elles sont vitales pour nous tous.  Avec la Direction Générale des Services, et les Adjoints en charge de ces questions, nous allons travailler à la mise en place d’un Schéma Directeur de l’Immobilier, de l’Energie et du Climat, pour mieux surveiller et encadrer les consommations de tous les bâtiments. Cela vaudra aussi, j’espère pour les consommations des véhicules. Des tableaux de bord seront mis en place. Car chacun comprend bien que l’enjeu est important et que cela ne peut fonctionner que si chacun y met du sien.  Alors vraiment oui, soyons tous concernés en 2024 !

           

 

            2. En 2024, nous aurons aussi à être tous sur le pont pour faire franchir à Wattrelos des pas décisifs pour son avenir

 

            Oui, en 2024, bien entendu, la ville va poursuivre les grands chantiers d’aménagement dans lesquels nous sommes engagés depuis plusieurs années maintenant, et que vous connaissez : le Centre-Ville et la ZAC de l’Hippodrome sur l’ancienne friche St Liévin où seulement un peu plus de la moitié des logements a été livrée ; le quartier des Villas au Nord de la ville où les deux barres Gypse et Ardoise vont être détruites cette année ; la poursuite de l’aménagement sur les anciennes friches du Peignage Amédée et surtout de la Lanière, où, enfin, de nouveaux bâtiments d’entreprises vont être érigés et un nouveau programme d’habitat, en individuel et en collectif, va border la rue d’Oran ; le PMRQAD au Crétinier, où les nouveaux logements vont être livrés.

            De même, nous travaillerons à un projet d’aménagement de la Martinoire, à la préparation d’un programme massif de réhabilitations de logements à la Mousserie, ou à lancer au Sartel avec l’Etat et la MEL une grosse opération d’urbanisme d’intérêt national qui débordera sur le prochain mandat (2026-2032) mais qu’il faut finaliser au plus vite.

            Il y aura évidemment la poursuite du gros chantier de la charpente de l’église St Maclou (je rappelle qu’il y en a pour 4,9 millions € !). Il y aura aussi des nouveaux projets majeurs pour les services publics municipaux :

            > la mise en oeuvre du Territoire Zéro Non Recours va considérablement augmenter nos moyens d’action sociale, mais va aussi et surtout refondre en profondeur toutes nos politiques sociales, en accentuant la lutte contre l’isolement, la précarité, les exclusions ou la fracture numérique ;

            > la finalisation, avec la CAF, du projet de Maison des 1000 premiers jours va nous amener à repenser notre politique vers l’Enfance ;

            > le changement des serveurs informatiques, puis de l’environnement numérique du travail avec le déploiement de nouveaux matériels et de nouvelles imprimantes qui, outre qu’il s’agit d’un très gros investissement (de près d’1 million €), va améliorer la sécurité de nos systèmes informatiques et pour les agents ce seront des systèmes plus rapides qui amélioreront efficacité et conditions de travail ;

            > enfin, entre autres projets, il en est un sur lequel nous allons beaucoup travailler cette année, et que je sais, comme la population, vous accueillez avec une satisfaction profonde : dans les années à venir, on va reconstruire une piscine à Wattrelos ! C’est décidé !

            Ce ne sera pas une piscine municipale, ce sera une piscine métropolitaine, construite par la MEL, avec une participation financière de la ville : le Conseil métropolitain l’a voté à l’unanimité le 15 décembre à Lille !

            C’est un super projet, une décision d’importance, qui va doter Wattrelos autour de la Cité des Sports au Crétinier d’un très vaste complexe sportif, et va permettre là encore de donner une dynamique nouvelle, et pour longtemps, à toute la politique sportive et donc aussi éducative, sur Wattrelos.

            Enfin, j’ajoute qu’en 2024, nous devons travailler à faire aboutir les projets de reconstruction de ce qui a été détruit lors des émeutes de fin juin, à savoir le supermarché Lidl et le Centre social à la Mousserie ; ce sont des biens privés ce qui rend leur reconstruction plus compliquée, mais élus et services municipaux si nous voulons que ces projets aboutissent, nous aurons à beaucoup bosser !

            Aménagements, nouveaux logements, nouvelles entreprises, nos quartiers rénovés, nouveaux équipements informatiques et demain aussi nouvelles voiries, nouveaux véhicules et matériels pour nos ateliers, et après-demain nouvelle piscine, nouveau Collège, tramway mais aussi encore et toujours vie culturelle, animations festives, réussite éducative, action sociale, les chantiers ne manquent pas pour l’équipe municipale et pour les agents municipaux en 2024 ! Vous voyez, cela vaut le coup de nous souhaiter, de vous souhaiter une belle année !

           

            3. En 2023, j’ai tenu mes promesses vis-à-vis des agents municipaux, et je continuerai d’y être très attentif en 2024

 

            L’an dernier j’avais en effet fait des promesses à cette tribune en faveur des agents municipaux, Pourquoi ?  Parce que, comme je l’avais alors expliqué, quand la ville avance, qu’elle progresse, que c’est largement grâce à la mobilisation des agents municipaux, il est logique et, à mes yeux, complètement normal que ceux-ci en bénéficient aussi d’un juste retour. Et comment mieux le traduire qu’en « espèces sonnantes et trébuchantes », autrement dit en sous ?

            Le Gouvernement lui-même l’a bien compris, et avait donné l’impulsion nationale, en

décidant la revalorisation de + 3,5 % du point d’indice au 1er juillet 2022, et de + 1,5 % au 1er juillet 2023. Bien sûr, là encore sur fond d’inflation cela parait bien normal, mais ces augmentations ont un coût pour le budget municipal, et l’Administration municipale doit bien trouver les ressources pour payer ces augmentations qui, même si elles paraissent peut-être modestes pour les agents, ne sont pas négligeables pour la ville : les + 3,5 % de juillet 2022, c’est quasiment + 1 Million € de dépenses en plus par an pour le budget de la ville, les + 1,5 % ce sont un peu plus 300 000 € là aussi en année pleine.

            Nous l’avons assumé !

            Mais ce n’est pas tout. L’an dernier disais-je, j’ai pris des engagements : c’est ce que j’avais appelé « mes vœux pour la grande famille des agents municipaux » ! Or, même si le contexte est difficile pour la ville, même si les choix n’ont pas été faciles tous les engagements pris ont été respectés. Et avec la majorité municipale, j’en suis fier !

            L’an dernier,

            ● j’avais dit que nous pourrions reprendre les remplacements sur des postes vacants, pour autant que nous trouvions bien sûr les candidats adaptés : en 2023, il y a eu 48 recrutements externes !

            ● j’avais dit que la refonte du régime indemnitaire, la mise en place du « Rifseep » se ferait sans aucun perdant, et à Budget constant. En fait il n’y a eu en effet aucun perdant, mais j’ai fait mieux que ma promesse car, au global, il y eut une augmentation du coût d’ensemble du régime indemnitaire de 45 600 € : pardonnez-mois, j’ai fait mieux que ce que j’avais annoncé !

            ● j’avais dit que jamais jamais le 13ème mois ne serait remis en cause, que c’était « ma décision », que le 13ème mois serait maintenu : eh bien, Chers Collègues, vous l’avez constaté, il l’est !

            ● j’avais annoncé que je voulais engager un vaste plan de lutte contre la précarité des agents municipaux, et donc stagiairiser les contractuels de plus de deux ans : eh bien, un an plus tard, je peux vous dire que 61 agents ont été en effet stagiairisés ! 61, on n’en a jamais fait autant de mémoire de maire de Wattrelos ! C’est une décision juste, humaine, sociale aussi, qui a eu un coût évidemment pour la ville (c’est une dépense supplémentaire de + 600 000 €, mais là encore j’assume : c’était une promesse, et notre Majorité municipale est fière de l’avoir réalisée !

            ● enfin, j’avais annoncé que je demandais à ma 1er Adjointe, Myriam De Smedt de travailler, avec les services des Ressources Humaines, avant le délai légal du 1er janvier 2025, à la mise en place d’une « Complémentaire prévoyance », pour vous assurer une meilleure couverture salariale quand vous êtes victimes de ces accidents de la vie qui peuvent parfois jeter dans la difficulté financière ! Mieux vous couvrir, face à un monde autour de nous, autour de vous, toujours plus incertain, cela a paru juste et utile à l’Administration Municipale ! Eh bien, là encore, l’engagement est tenu ! Le Conseil municipal a voté le 21 décembre à l’unanimité la mise en place de cette Complémentaire prévoyance au 1er janvier 2024, avec un an d’avance ! Et par ailleurs, la loi prévoit une participation minimale de la collectivité de 7 € par mois par agent; sur proposition de Myriam De Smedt, l’Administration municipale a décidé que la participation de la ville de Wattrelos serait de 10,50 €, soit 50 % de plus que la participation légale minimale ! C’était promis, eh bien là encore, c’est fait !

            Et aux engagements de l’an dernier, s’ajoute la décision de l’Administration de verser en décembre, une prime exceptionnelle inflation/pouvoir d’achat ! Le Gouvernement a donné la possibilité aux collectivités locales de verser une telle prime : c’était une possibilité, pas une obligation ! Nous l’avons fait ! 720 agents, de la ville et du CCAS l’ont perçu avec leur paie de décembre, pour une dépense supplémentaire de plus de 300 000 € ! Bien des villes, et non des moindres n’ont pas payé cette prime ; ici à Wattrelos, parce que nous voulions soutenir les agents aux rémunérations les plus basses, nous l’avons fait !!!

            Alors oui, je peux le dire et l’affirmer haut et fort, la Majorité municipale que je conduis, au-delà de tous les projets qu’elle réalise pour la ville est aussi sensible à ses agents municipaux.

            Oh bien sûr, cela ne veut pas dire que tout est au mieux, que la mairie de Wattrelos est un pays de Bisounours. Je sais bien, je sais trop les insatisfactions, les incompréhensions çà et là, souvent par méconnaissance ou manque d’informations ; je sais aussi les jalousies personnelles, les ambitions contrariées même lorsqu’elles sont illégitimes et infondées ; je connais aussi le sentiment qu’on ne gagne pas assez, qu’on pense qu’on serait plus efficace à la place de tel ou tel (même d’ailleurs si on n’en n’a pas les capacités ou les diplômes), etc, etc… Je sais tout cela ! C’est malheureusement humain, et il n’y a pas qu’en mairie de Wattrelos que cela s’observe.

            Mais, Mesdames et Messieurs, Chers Collègues, en vous rappelant tout ce que je viens de vous dire de l’année 2023, ce que je veux vous dire, les yeux dans les yeux, et avec une certaine gravité dans la voix, c’est que, pour ses agents la ville de Wattrelos fait tout ce qu’elle peut, et qu’elle ne peut pas faire plus que ce qu’elle fait !

            Mon langage est un langage de vérité ! Il est clair :

            - la ville a plus d’agents qu’elle ne peut, au regard de ses ressources ;

            - la ville rémunère ses agents plus qu’elle ne doit, au regard de ses obligations légales.

            Oh, je sais que, du point de vue des agents, ce n’est jamais assez, mais la ville n’a pas les ressources pour faire davantage.

            J’ai souvent reproché aux cadres et aux organisations syndicales de ne pas expliquer suffisamment ce qu’est le Budget de la ville. Je ne vais pas évidemment, je vous rassure, le faire ce soir, mais je soumets simplement 3 chiffres à votre réflexion :

            - le Budget total annuel de la ville, c’est 54,5 millions €

            - les dépenses de personnel (qui ont atteint en 2023, avec toutes les mesures que j’ai énoncées il y a un instant, leur plus haut niveau historique !), ce sont 35,8 millions €

            - les impôts payés à la ville par les Wattrelosiens (la Taxe Foncière des ménages et des entreprises), ce sont 21,5 millions € !

            En termes clairs, les dépenses de personnel représentent 66 % de plus que tout ce que paient en impôts les wattrelosiens.

            Notre personnel, c’est notre force, parce que cela veut dire que nous rendons beaucoup de services à la population. C’est aussi notre faiblesse sur le plan de notre équilibre financier.

            Et surtout, cela crée, me semble-t-il, une triple exigence :

            > d’abord une exigence de prudence, sur le plan financier et budgétaire : chaque année, construire le Budget de la ville est un exercice délicat, et il le sera particulièrement en 2024 ;

            > ensuite une exigence de mesure, en ce qui concerne le nombre de recrutements, les remplacements ou les revalorisations individuelles ou collectives : on ne peut ouvrir les vannes, multiplier les recrutements ou les augmentations, ce serait l’assurance de se crasher sur le mur de l’équilibre de nos comptes : je rappelle en effet qu’une ville - contrairement à l’Etat d’ailleurs -  ne peut pas être en déficit !

            > enfin, une exigence d’efficacité, car on doit au contribuable-citoyen de lui rendre un service de qualité, de toute notre énergie, de toutes nos capacités.

            C’est le cas, je le sais – et j’en suis fier – de la très très grande majorité des agents municipaux, présents, bosseurs, volontaires, et j’ai dit tout à l’heure toute la fierté que je ressens de votre travail ! Mais je sais aussi, et j’en suis excédé, que çà et là, certains (ou certaines) se complaisent dans des jérémiades, des atermoiements d’affectation, d’humeur, dans des arrêts à répétition, qui gênent le fonctionnement des services et sont coûteux pour le Budget municipal. Ceux-là, ils me font penser aux « jamais content » que chantait Alain Souchon !

            Aussi, parce que je suis las, fatigué de ces « brailloux » permanents, pour qui rien ne va jamais, ni le chef et la hiérarchie, ni les collègues, ni le boulot, à celles-là et à ceux-là, je leur dis deux choses :

            > la première, c’est qu’au lieu de passer votre temps à vous demander ce que la ville peut faire pour vous, essayez un peu de vous demander d’abord ce que vous pouvez faire pour la ville qui vous paie !

            > la seconde, c’est que franchement, si vous n’êtes pas bien à Wattrelos ou dans le service public, si vous n’avez pas aux tripes l’envie de bosser pour notre territoire, notre population, eh bien n’hésitez pas : allez voir ailleurs !

            Il n’est en effet pas question que j’augmente les impôts des wattrelosiens pour payer des gens à rester chez eux à ne rien faire : ce devra être en 2024 une priorité de la Direction des Ressources Humaines d’examiner toutes ces situations individuelles, et d’inviter clairement les agents concernés à en tirer les conséquences !

            Car ici, à Wattrelos, il y a du boulot, il y a des projets, une gestion et une modernisation des services et de la ville à mener, et, comme je l’ai dit tout à l’heure, j’ai besoin que tout le monde se bouge et bosse, que tout le monde soit sur le pont !

            Et, en 2024, comme nous l’avons toujours fait, l’Administration municipale, continuera, dans le cadre des ressources possibles, de réaliser de nouvelles avancées pour le personnel municipal. Bien sûr, avec la perte de 1,7 millions € de recettes, toutes nos dépenses devront diminuer, y compris de personnel, mais cela ne nous empêchera pas d’assurer, j’en prends l’engagement :

            - le maintien de tous les avantages acquis, y compris le 13ème mois ;

            - de financer la nouvelle attribution de 5 points d’indice majoré à compter du 1er janvier 2024 pour tous les agents, en vertu du Décret gouvernemental du 28 juin 2023 ;

            - l’usuelle Commission paritaire annuelle ;

            - et de poursuivre, conformément au plan de deprécarisation lancé l’an dernier, la progressive stagiairisation des contractuels !

 

*

            Mesdames et Messieurs, Chers Collèges, je l’évoquais au début de mon propos, 2023 aura été pour le monde et pour notre ville une année franchement difficile. Je sais aussi qu’elle a été douloureuse pour certaines et certains d’entre vous qui ont perdu un être cher, ou qui ont été confrontés à la souffrance de la maladie personnellement ou de leurs proches.

            Pour notre « famille municipale », il y eut aussi nombre de douleurs, beaucoup trop de collègues disparus, qu’ils aient été encore en activité ou avaient quitté récemment notre collectivité.

            Cet après-midi, il y a quelques heures à peine, avec beaucoup de ses collègues, j’accompagnais Arnaud, agent du service des Sports pour son dernier voyage. Mais ce soir, je veux aussi rappeler la mémoire de Willy, d’Angelo, d’Eric, de Sophie, d’Yvonne, de Franck, ou de Nordine ; comme j’ai aussi une pensée pour ces retraités que nous n’oublions pas qui, des années durant ont été parmi nous, Jean-Claude Bracaval et Michel Legros (comment ne pas les citer alors qu’on évoque la construction d’une nouvelle piscine ?), Jean-Charles Notebaert et Henri Thomas, Daniel Tiege, Nicole Facq, Philippe Arnhem ou Marie-Pascale Calcina…

            Comme l’’Administration municipale, et moi en particulier, ne veulent oublier deux personnages de la vie wattrelosienne qui furent mes Adjoints, Dany Cuchère et Jean Luc Doyen : ils s’en sont allés dans cette triste année 2023, mais nous pensons très fort à elles, à eux tous !

            Alors, parce que la vie n’est pas toujours facile, parce qu’elle peut être cruelle, oui ça a du sens de se souhaiter des Vœux ! Et c’est ce qu’avec amitié, affection et respect je veux faire pour chacune, chacun d’entre vous : qu’en 2024, le doute, la faiblesse, la tristesse ne rencontrent pas votre vie ; qu’au contraire, je vous souhaite de ne connaitre que joies, satisfactions, bonheurs petits et grands, avec celles et ceux que vous aimez. Que vos projets avancent, ou mieux se concrétisent, que votre Santé, physique, psychologique soit la meilleure possible, du fond du cœur, et que vous soyez heureux, vraiment heureux !

            Mesdames, Messieurs, Chers Amis, Chers Collègues, j’ai besoin de vous, en bonne santé et de bonne humeur. Il y aura du boulot en 2024, vous l’aurez compris, et tant mieux car mieux vaut en avoir que de ne pas en avoir. Il y aura aussi des efforts à réaliser, il faudra réussir : on va le faire, tous ensemble !

            Au 18ème siècle, Beaumarchais écrivait : « La difficulté de réussir ne fait qu’ajouter à la nécessité d’entreprendre » !

            Pour Wattrelos, il y a nécessité d’entreprendre, pour le quotidien des habitants et pour leur avenir. Il y a nécessité d’agir. Et que ce soit facile ou difficile, il y a nécessité de faire !

            Mesdames et Messieurs, Chers Collègues, comme vous toutes et vous tous, des obstacles dans ma vie, j’en ai connu, des trahisons, des difficultés de tous ordres j’en ai affronté, j’ai même failli partir… mais je me suis battu, je suis revenu, avec une énergie au cœur sans faiblesse, une passion qui jamais ne m’a quitté, celle du service public, de l’intérêt de Wattrelos, et avec mes équipes municipales, avec ces femmes et ces hommes courageux que vous êtes vous agents municipaux, nous avons avancé ! Wattrelos il y a 20 ans aurait pu sombrer dans la faillite du textile : le Wattrelos d’aujourd’hui est maintenant une ville prometteuse, d’avenir, avec de nouvelles entreprises, des logements rénovés, des équipements modernisés.

            Pour la Majorité municipale, comme vous je le sais, Wattrelos, c’est « la ville que nous aimons » !

            Alors, pour 2024, Mesdames et Messieurs, Chers Collègues, continuons à la changer, à l’embellir, à la rendre agréable, festive, conviviale, humaine, continuons à lui donner les meilleures chances pour l’avenir ! Avec vous, nous réussirons !

            Avec vous, près de vous : je suis déterminé !

            Très Belle Année à toutes et à tous !

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14 novembre 2023 2 14 /11 /novembre /2023 12:31
Commémoration de l’Armistice : Mon discours au Cimetière du Centre ce 11 novembre 2023

Madame la Présidente et Mesdames et Messieurs les représentants

des sociétés patriotiques,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les représentants de nos associations wattrelosiennes,

Chers enfants,

Mesdames, Messieurs,

 

            1914-1918. La 1ère guerre mondiale.

            La guerre. En ce 11 novembre 2023, à la fois si lointaine, et si proche.

 

            Si lointaine, car l’armistice du 11 novembre 1918 que nous commémorons, dans la solennité, dans la gravité et le recueillement, date de plus de 105 ans. Plus d’un siècle. Un armistice, la signature d’un acte qui met fin à un énorme conflit, celui qui embrasa plus que tout un continent, celui qui engagea plus de belligérants que jamais, celui qui fut le plus destructeur jusqu’alors de toute l’histoire de l’humanité. Celui où les morts, les blessés se comptèrent par millions, celui qui anéantit tant de vies, lamina tant d’économies et d’activités, mit à bas tant de pays, celui qui laissera tant de traces sur les corps et dans les cœurs, des traces qui nourrirrent tant de haines et de ressentiments que cette guerre mondiale qui se terminait en ce mois de novembre 1918 ne fut, malheureusement, que la Première.

 

            La guerre. La 1ère guerre mondiale, 1914-1918, si lointaine en effet. Et en même temps ce jour si proche. Si proche car en ce cimetière ce matin, si l’on tend l’oreille, si l’on regarde vers l’Est, ce sont des bruits et des visions de bombes, de morts, de massacres, de conflits à nouveau que nous entendons, que nous voyons en cette fin 2023 au bord de la Mer Noire, ou au Proche-Orient. Ce sont des cris de haines historiques, des volontés d’en finir avec l’autre tout simplement parce qu’il est un autre, des intolérances, des tentatives d’annexion de territoires, des souhaits de soumissions de populations… Ce sont les pires relents de l’histoire qui nous reviennent !

 

            Rien, rien, rien ! L’humanité n’aurait-elle rien compris des leçons de 1914-1918 ?

            Rien, rien, rien ! Les hommes qui doivent leur vie d’aujourd’hui à ceux qui ont perdu la leur il y a plus de 100 ans, n’auraient-ils rien retenu des erreurs, et des horreurs du passé ?

 

            Rien, rien, rien ! Ceux qui aujourd’hui veulent la guerre et sèment la mort, n’ont-ils jamais vu nos cimetières militaires qui dans nos campagnes alignent des milliers de tombes qui sont autant de chairs et de vies qui se délitent en terre, alors que ces jeunes gens ne demandaient qu’à vivre, à aimer, à goûter le plaisir du jour qui se lève, celui de fonder une famille, de cultiver les graines d’un bonheur dont jamais, à cause de la folie des hommes, ils ne recueilleront les fruits ?

 

            Oui, devant ces tombes alignées, devant ce monument aux morts, ce matin à Wattrelos, ces questions nous étreignent, nous serrent la gorge, et nous bouleversent le cœur.

 

            Comment ne pas penser au tocsin qui le 1er août 1914 annonçait l’entrée en guerre, la mobilisation générale, dans un climat de xénophobie hystérique stimulé par des rumeurs et des ragots pleins de haine ?

 

            Comment ne pas se souvenir de cette guerre, où, très vite, des hommes se sont affrontés pendant de longs mois face à face, terrés dans la boue des tranchées dans des conditions sanitaires, de santé et d’alimentation déplorables, sans espoir de percées ?

 

            Comment omettre de se remémorer les centaines de milliers de morts des affrontements d’Ypres, de la Marne, de Verdun, cette terre « âprement disputée » dont un historien écrira qu’elle est « devenue l’un des lieux d’horreur les plus achevés que l’on puisse voir à la surface de la terre »,« à chaque pas, au fond de ses trous, on aperçoit une croix » ?

 

            Comment ne pas être horrifié qu’à peine à 100 kms d’ici, lors de la bataille de la Somme, entre juillet et novembre 1916, en à peine 142 jours, furent tués ou blessés plus d’1,2 million d’hommes ? Jamais la folie destructrice n’avait été telle !

 

            Comme vous toutes et tous, j’y pense avec effroi en regardant ces tombes.

 

            Mais en levant mon regard, en apercevant notre clocher, nos champs, nos habitations je veux aussi associer à notre recueillement les populations civiles victimes aussi de la guerre, hier comme aujourd’hui, ici comme ailleurs. Par-delà les champs de bataille et les objectifs militaires, nul ne peut, nul ne doit oublier les souffrances, les agressions, les arrestations, les occupations des populations des pays belligérants.

 

            Les villes alentour ainsi ont beaucoup souffert des bombardements et de l’invasion allemande. L’écrivain Maxence Vandermeersch raconte dans « Invasion 14 » :

            « Le siège de Lille dura 3 jours. La population vécut dans les caves… La ville était pleine de fumée, de vapeur, et de l’énorme poussière rousse des écroulements »… Restes des murs d’avant  « ça et là de grands squelettes noirs de pierre et de fer s’érigeaient, sinistres avec leurs fenêtres ouvertes sur le vide et l’incendie ! Plus de rues. Des montagnes de briques, de poutres et de verre pilé. Des flammes encore, ça et là, le crépitement du feu, des pluies de cendre et de braise, des bouffées de fumée suffocante. Une puanteur universelle de laine brulée, de bois carbonisé emplissait l’air. On extrayait des décombres, des blessés, des asphyxiés, des morts »…

et de décrire des survivants hagards, à demi-vêtus, le regard plein d’épouvante !

 

            C’est aussi cela la guerre dont nous devons nous souvenir ! Ici, du début de l’occupation allemande le 13 octobre 1914 à l’entrée dans Wattrelos des troupes britanniques le 18 octobre 1918, les Wattrelosiens payèrent un lourd tribu. L’occupant instaura d’épouvantables mesures. Réquisition des productions agricoles, inflation délirante, usines démantelées, chômage dramatique, produits de première nécessité qui font défaut, pain et pommes de terre manquent. Les hivers sont exceptionnellement froids et meurtriers, alors que la population ne sait pas se chauffer. La misère, la pénurie sont là ; les habitants sont affamés, la dysenterie et la grippe espagnole font de terribles ravages, et déciment une population wattrelosienne qui survit dans les rafles et privations.

 

            Ces années, Vandermeersch, toujours dans « Invasion 14 », les qualifiera de « 4 années d’angoisse, d’étouffement, d’agonie »

 

            Impossible de ne pas penser aux guerres d’aujourd’hui, quand on se remémore ce que furent celles d’hier, ce que fut la guerre 1914-1918.

 

            La guerre, ce ne sont pas que des souvenirs d’histoire, malheureusement. Ce sont des images, des faits, des réalités, terribles, dramatiques, face auxquelles il ne faut jamais jamais cesser d’espérer. Ce doit être le message fort de ce jour !

 

            Quelle que soit sa foi, sa religion, il ne faut jamais cesser de croire que demain peut être meilleur qu’aujourd’hui et surtout qu’hier, ne jamais cesser d’être femme ou homme de progrès, quitte parfois à passer pour utopiste, ne jamais renoncer à être un Bâtisseur d’avenir, un Constructeur de paix.

            « Le paradis terrestre » doit-il n’être qu’un mythe d’inspiration religieuse, une référence spirituelle ? Ne peut-il pas, ne doit-il pas être pour chacun et pour tous un projet, une aspiration collective ? Une perspective qui galvaniserait toutes les énergies, toutes les nations, toutes les femmes et tous les hommes du monde ?

 

            Une telle affirmation peut avoir une curieuse résonnance dans la bouche d’un maire républicain et profondément laïc. Mais justement, c’est que je crois à la République, à ses valeurs, aux valeurs de la République universelle, à la Fraternité.

 

            Je veux croire à la paix pour tous. Je m’inscris dans la lignée des Aristide Briand et Jean Jaurès, qui furent mes lectures de jeunesse, et des lumières de notre République.

 

            La République n’est pas égocentrique : on ne peut pas prôner la tranquillité publique dans chacun de nos quartiers, et laisser faire des massacres entre différents peuples. La Fraternité est un message universel, international, que ma vie durant je veux porter, parce que du plus profond de moi, j’y crois !

 

            Oui, Mesdames et Messieurs, la guerre 1914-1918 est encore là. Près de chez nous, sur notre continent européen, ou à peine plus loin de l’autre côté de la Méditerranée.

 

            Ne l’oublions pas, n’oublions jamais notre histoire, et donc nos responsabilités pour demain.

 

            Au sortir de la 1ère guerre mondiale mon lointain prédécesseur, Henri Briffaut proclamait ici même dans ce cimetière que : « Notre devoir est de combattre l’esprit de guerre qui plane encore sur le monde ». Aujourd’hui, il dirait « notre devoir est de combattre les haines sous toutes leurs formes, le terrorisme abject, et l’antisémitisme », car ce sont là les moisissures qui gangrènent l’humanité même, et ce faisant la stabilité du monde, aujourd’hui comme ce le fut hier, avant-guerres !

 

            Nous retrouver ce matin toutes et tous dans ce cimetière c’est rappeler le respect que nous devons à nos morts d’hier, à leur sacrifice, c’est rappeler que Wattrelos est fière d’eux, que notre ville s’incline avec émotion et reconnaissance devant leurs souffrances, et leur héroïsme.

 

            Être ici ce matin c’est rappeler que nous n’oublions pas.

 

            C’est rappeler qu’ici, dans nos cœurs et dans nos engagements personnels, nous voulons croire comme le poète Paul Eluard que :

                                               « la nuit n’est jamais complète » /

qu’  « il y a toujours / au bout du chagrin /

une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée »

          qu’ « il y a toujours un rêve qui veille /

une main tendue / une main ouverte /

une vie / la vie à se partager ».

 

            Cette fenêtre, ce rêve, cette vie, cela s’appelle la paix ! Œuvrons-y sans relâche.

 

            Vive la République, vive la France, vive Wattrelos, et que résonne de ce cimetière comme de toutes les cérémonies commémoratives de ce jour, un seul message : Assez la guerre, que vive enfin la paix !

 

 

 

           

           

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1 mai 2023 1 01 /05 /mai /2023 08:33
Mon discours à la cérémonie des Médaillés du 1er Mai 2023 : pour un travail rénové, qui s’appuie sur les capacités de la modernité et l’imagination d’un dialogue social renoué

Madame, Monsieur les Conseillers Départementaux,

Chers Collègues, Mesdames et Messieurs,

Cher(e)s Médaillé(e)s,

 

            Si c’est au début des années 40 que le 1er mai devient en France férié, c’est en 1947 sur la proposition de Daniel Mayer que le 1er Mai devient, jour chômé et payé dans le Code du Travail, et dénommé officiellement « Fête du Travail » ; son symbole en est le muguet qui a remplacé quelques années auparavant l’églantine rouge. Cette journée du 1er Mai est, à Wattrelos, d’abord pour vous Cher(e)s médaillé(e)s. C’est une tradition, instaurée par mes prédécesseurs, que de remettre officiellement, dans une cérémonie républicaine la médaille du travail aux salariés que la République a distingué pour leurs années de labeur.

 

            ● Deux promotions sont ce matin mises à l’honneur : l’une du 14 juillet 2022, la seconde du 1er janvier 2023. Plus précisément, Mesdames et Messieurs, dans notre ville ce sont ainsi 120 femmes et hommes dont les années de travail sont mises en avant, 19 Grand Or (pour 40 années de travail), 28 Or (pour 35 ans), 21 Vermeil (pour 30 ans) et 52 (pour 20 années).

 

            Ces années de travail sont d’autant plus impressionnantes quand on les additionne : ensemble nos 120 Médaillé(e)s de la promotion 2022/2023 représentent un cumul de 3 410 années de travail. Plus de 3 millénaires !

 

            Si on essaie de remonter le temps, pour bien mesurer ce que ce travail mis bout à bout représente, on se situe 1 500 ans avant Jésus-Christ, avant les Romains, les Gaulois… il n’y a alors sur notre pays que quelques peuplades celtes, sans organisation, sans structures… C’est dire si cela nous emmène loin.

 

            Alors oui, cela vaut bien une cérémonie !

 

            Pour vous. Pour vous mettre à l’honneur, pour mettre à l’honneur votre travail.

 

            Car ce diplôme que je vais vous remettre, cette médaille que je vais épingler dans un instant à votre revers, ce n’est pas qu’une feuille de papier, qu’un morceau de tissu et un peu de métal, c’est bien plus que cela.

 

            C’est vous. C’est votre vie.

 

            C’est le temps, ce sont les années qui passent.

 

            Ce sont des journées de travail où vous vous êtes levés au petit matin pour rejoindre votre poste, votre atelier,votre usine, quelque soit le temps, ce sont ces soirées où vous rentrez chez vous, fatigués, rarement insouciants, souvent préoccupés par le travail qui reste à accomplir, celui du lendemain, ou par l’autre vie qui commence, les courses, les enfants à aller chercher ou à accompagner dans leurs études, la maison à s’occuper, la vie de famille à gérer. Ce sont des nuits jamais assez longues, des loisirs jamais assez nombeux, des vacances toujours trop courtes ; ce sont sans doute aussi des tensions, des querelles au travail, parfois un ou des licenciements, un ou des reclassements pas toujours faciles, car tout au long d’une vie de travail tout cela se vit, voire se subit !

 

            Mais ces années ce furent aussi, je l’espère pour vous, d’autres moments, d’autres souvenirs. Cet emploi trouvé, exercé et maintenu alors qu’alentour le chômage progressait ; c’est le déroulement de carrière, ce métier accompli avec compétences, cet atelier, ce service, cette usine où les collègues sont aussi devenus des ami(e)s, ces conversations au café, à la pause, ou à la sortie, ces liens qui se nouent qui, comme l’on dit « font société », donnent goût et sens à la vie.

 

            Notre travail, en nombre de semaines, de jours, d’heures dans l’année, c’est une part très importante voire dominante dans notre vie. Voilà pourquoi, Chers Médaillé(e)s soyez fier(e)s de votre médaille, arborez-là : elle raconte votre labeur, vos savoir-faire, votre contribution à la production de biens et de services qui nous sont indispensables à tous pour notre quotidien. Elle raconte votre vie ces 20, 30, 35 ou 40 années qui viennent de s’écouler.

 

            Bravo à vous toutes et tous, de tout cœur !

 

            Pour certains la fin de carrière approche, pour d’autres au contraire ce n’est pas encore une perspective prochaine : alors je vous souhaite une bonne continuation, et de nouvelles réussites.

 

            ● Depuis pas mal d’années, cette cérémonie était pour le maire, mon prédécesseur comme moi-même, l’occasion de parler de la principale préoccupation du monde du travail, le chômage, et donc l’emploi.

 

            Et c’était bien logique, car depuis le choc pétrolier de 1973, l’augmentation du chômage dans notre pays n’a jamais cessé : 1 million, 2 millions, 3 millions de demandeurs d’emploi, et davantage même en tenant compte du temps partiel. Crises multiples, dépôts de bilan, licenciements, désindustrialisation nous ont tous marqués, ici surtout à Wattrelos où nul n’a oublié toutes ces grandes entreprises textiles où ont travaillé nos grands-parents et parents, sans doute aussi certains d’entre vous, et qui ont brutalement disparu juste au début des années 2000, ou encore les grandes sociétés de vente par correspondance qu’on croyait invulnérables et qui ont subi des saignées sévères.

 

            Heureusement, ce contexte a un peu changé.

 

            Avec la croissance économique de ces dernières années, et malgré la crise sanitaire et ses conséquences, le chômage a baissé ; l’emploi a bien tenu avec – hors période Covid – des créations nettes d’emploi importantes :

+ 335 000 emplois supplémentaires dans le secteur privé en 2022. Fin 2022, l’emploi salarié privé est supérieur de + 5,6 % à son niveau de fin 2019 : cela plus précisément veut dire qu’à la fin 2022 il y a 1,1 million d’emplois de plus que 3 ans auparavant dans le secteur privé, 1,6 million de 2018 à 2022.

 

            Conséquence de ces créations, avec une diminution encore de - 1 ;2 % au 1er trimestre 2023, et donc une baisse de 650 000 du nombre de demandeurs d’emploi par exemple depuis le début 2019, le taux de chômage a fortement diminué ; il est ramené à près de 7 % (7,2 % exactement) alors qu’il avoisinait encore les 10/11 % il n’y a pas si longtemps. Economistes et gouvernants se mettent non pas à rêver, mais à parler ouvertement de retour au « plein emploi » : un chômage à 5 % de la population active totale, oui, c’est devenu possible, sauf bien sûr évènement financier, militaire ou sanitaire exceptionnel.

            A Wattrelos aussi cette évolution est perceptible. Entre septembre 2017 et septembre 2022, derniers chiffres connus, le nombre de demandeurs d’emploi a diminué de 720 personnes, soit une baisse de - 23 %, le recul est de - 25 % pour les jeunes de moins de 25 ans, et de - 24 % pour les demandeurs de longue durée. Ces chiffres bien plus agréables à lire que ceux que malheureusement je citais il y a 10 ans, sont évidemment le fruit des politiques économiques nationales, mais aussi du contexte local. Car je ne peux manquer d’observer que si la baisse du chômage a été de - 18 %  nationalement de 2017 à 2022, elle aura été de - 25 % à Wattrelos sur la même période ; 7 points de différence, 7 points de mieux, ici à Wattrelos, qui peuvent s’expliquer par les investissements des entreprises wattrelosiennes, mais aussi par notre mobilisation avec la création de nos 70 hectares de parcs d’activité, la reconquête de nos 90 hectares de friches industrielles, notre combat pour le maintien de la Redoute et les nouveaux projets économiques sur son site et l’effort fait pour l’accueil de nouvelles entreprises.

 

            Oh, il reste encore de la route à faire, car en ce 1er Mai je ne veux pas oublier les 2470 personnes encore en recherche d’emploi et notamment les 1100 personnes depuis plus de 2 ans.

 

            Il n’est pas question de relâcher nos efforts, et nous continuons à rechercher de nouveaux investisseurs, à négocier de nouvelles implantations, et à aider les entreprises déjà présentes à Wattrelos à se développer et à accroître leur capacité de production.

 

            En 2023, de nouvelles entreprises vont, enfin, s’installer sur les sites de la Lainière et du Peignage, et ces créations sur ces sites historiques seront par nature le symbole que Wattrelos a tourné la page de son passé, et a beaucoup bossé pour se reconstruire sur les cendres des industries d’hier une nouvelle économie pour aujourd’hui et pour demain, pour nous-même et nos enfants.

 

            Car de l’emploi il en faut, il en faut encore !

 

            J’attends beaucoup de la transformation annoncée de Pôle Emploi en France Travail, pour que tous les acteurs, Pôle Emploi, Missions locales, organismes et financeurs  de formation, permettent d’aller plus loin, de réussir à insérer ou à réinsérer au travail celles et ceux qui en sont le plus éloignés.

 

            ● Mais, en cette journée de « Fête du Travail » 2023, je pense qu’il y a une autre ambition que le seul accès à l’emploi qui s’engage pour les années à venir : c’est le travail lui-même.

 

L’emploi des séniors, les inégalités qui touchent les femmes, le lien au travail, tout ce qui touche la place du travail dans notre société, comme de la vie de chacun, ce sont là autant de sujets qui s’inscrivent dans l’actualité.

 

Certains s’épanouissent dans leur travail, d’autres s’y consument. S’il est parfois un plaisir, le travail est surtout une nécessité pour vivre et faire vivre sa famille. Mais il n’a pas pour autant besoin d’être une souffrance. Qualité du travail, conditions de travail, formation, déroulement de carrière, progression salariale dans la carrière, semaine de 4 jours sont autant de thèmes qu’on aurait grand tort de négliger. Et dans notre société demain, s’il est une obligation morale, économique et sociétale, ce sera de faire du « bien-être au travail » un projet de société, la clé du progrès, la définition même de tout progrès.

 

Je suis persuadé que le temps n’est pas loin où resurgiront les débats qu’on a bien connus sur la durée hebdomadaire du travail, du style les 36 heures en 4 jours, ou sur le télétravail (déjà 5 fois plus important qu’en 2017) et ses conditions en évitant de creuser les inégalités, ou sur l’attractivité des métiers manuels (la redynamisation des filières et lycées professionnels est de cette démarche), ou encore sur l’attractivité des métiers publics.

 

Il y a deux mois une enquête de l’Institut Montaigne sur « les Français au travail » faisait apparaître que plus des ¾ des plus de 5 000 actifs interrogés (77 % exactement) se disent satisfaits de leur travail. Mais :

  • 1 sondé sur 2 se dit insatisfait de sa rémunération
  • 2 sondés sur 5 ne travaillent jamais le week-end ou après 20 heures
  • 1 sondé sur 3 voudrait, je cite, « travailler plus pour gagner plus », surtout chez les plus faibles revenus, soit le double (15 % exactement) de ceux qui seraient prêts « à travailler moins quitte à gagner moins »
  • enfin, 41 % des actifs souhaitent des « conditions de travail aménagées quelques années avant de prendre leur retraite ».

Chacun le sait, chacun le comprend bien : au-delà de la question délicate qui questionne légitimement tous les travailleurs d’Europe, et ô combien en France, sur l’âge de la fin du travail, et donc de l’accès à la retraite, le travail lui-même interroge : quel travail pour demain, dans quelles conditions, pour qui, comment ? Il y a matière à réflexion, à dialogue, à projet. D’autant plus que pour les années qui viennent, nous aurons collectivement et individuellement trois grands défis à affronter.

 

1/ D’abord le vieillissement : ce n’est pas qu’un enjeu de très long terme. Dans 10 ans à peine, la population des plus de 60 ans aura augmenté de 2,7 millions de personnes ; les plus de 60 ans seront 14 % plus nombreux qu’aujourd’hui. Or 10 ans, c’est demain !

 

            Face à ce vieillissement, il n’y a pas que la seule question du financement des retraites qui se pose donc, non plus que celui de la dépendance qui résultera de ce vieillissement ; c’est toute une économie à développer et une société à adapter : des logements pour héberger les personnes, des professionnels pour les accompagner, les soigner, il faudra des filères de formation pour ces métiers et donner les bonnes compétences.

 

            Ce seront souvent des métiers où l’on touche à l’humain, qui ne sont pas faciles, et pour qu’ils soient attractifs, ils auront à être revalorisés. Et, si l’on travaille plus longtemps, il faut réfléchir à la formation vraiment tout au long de la vie.

 

2/ Autre grand défi, le réchauffement climatique. D’ici la fin du siècle, très officiellement, les prévisions tablent sur un réchauffement de 2 à 4 °C ! C’est toute la société qui devra s’adapter à ce changement majeur que ce soit celui des processus de production ou des conditions de travail. A 4 °C, ça sera 5 fois plus de sécheresse, des canicules beaucoup plus intenses, mais aussi 1m20 d’augmentation de montée des eaux : on ne produira plus aux mêmes lieux, que ce soit pour l’agriculture ou l’industrie, et on ne produira plus dans les mêmes conditions, voire plus aux mêmes heures. Refuser de voir cela serait un déni irresponsable.

 

3/ Enfin, 3ème grand défi : la dette ! Avec les mesures pour faire face à la crise du Covid, que ce soit pour les entreprises et les salariés, afin de soutenir l’activité et les revenus, ou avec les boucliers tarifaires face aux prix de l’énergie, ou encore les plans de relance, la dette de l’Etat, et donc des Français, a explosé, augmentant de + 25 % en 3 ans, puisqu’elle est passée de 1 823 Mds € fin 2019 à 2 280 Mds € fin 2022 : 450 Mds € de plus en 3 ans !

 

            Or, cette dette a évidemment un coût : avec les taux d’intérêt bas de ces dernières années, la charge d’intérêt restait contenue : 37,1 Mds € en 2021. Mais avec l’inflation et le durcissement des politiques monétaires, les taux remontent, et donc l’Etat doit dépenser davantage pour payer les intérêts de sa dette : ceux-ci ont déjà été de 50,7 Mds € en 2022, et la prévision serait de 70 Mds € en 2027 !

 

            70 Mds €, c’est autant que le budget de l’Education nationale, c’est
10 Mds € de plus que le budget des Armées, et le double du budget du Ministère de l’Intérieur ! C’est une sacrée charge, rien que pour les intérêts, et elle est devant nous : là aussi, ne pas en avoir conscience, c’est du déni de réalité.

 

            Et voilà pourquoi, c’est à l’aune de ce défi, de cette facture collective qui inexorablement sera aussi individuelle, que doit se comprendre ce que les économistes estiment nécessaire, et résument par la formule « travailler plus nombreux et plus longtemps », évidemment pour produire plus, augmenter la croissance, donc les revenus, donc les recettes fiscales, et donc les ressources pour acquitter plus facilement le poids de la dette.

 

             La si délicate question des retraites s’intègre bien sûr à cette problématique, mais aussi la lutte contre le chômage, l’augmentation des taux d’activité et la recherche du plein-emploi.

 

            Trois défis donc. Et, comme on le voit, à travers ces trois défis le travail va connaître des mutations importantes dans les années prochaines. Si nous travaillerons plus nombreux, nous travaillerons aussi différemment d’hier, sur des fabrications différentes, avec des métiers différents, sur des lieux sans doute et avec des horaires différents, avec d’autres organisations du travail où les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle auront une place plus grande, et où la pénibilité, nous l’espérons tous, aura une place plus réduite.

 

            Ce travail différent peut aussi, et cela c’est mon espérance personnelle, le projet politique auquel j’aspire et que je veux défendre, ce travail de demain devra être : un travail mieux rémunéré sur la base d’un juste partage pour tous de la valeur ajoutée produite par tous ; un travail qui favorise davantage, par les moyens et services modernes, la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle ; enfin un travail qui oublie toute discrimination et où chacun puisse accéder, et progresser dans sa carrière, sur la seule base de ses talents et de ses compétences.

 

            Suis-je  un utopiste, un doux rêveur ? Je ne le pense pas, car je crois que nous n’imaginons pas encore bien toute l’ampleur des changements que le monde qui est devant nous va produire !

 

            Tout au long des années 80 à 2000 la plaie de notre société était celle du « chômage massif » ; si aujourd’hui, nous sommes proches de l’emploi restauré, le temps est venu du travail rénové, en mettant les capacités de la modernité et l’imagination d’un dialogue social renoué au service de cette rénovation.

 

            Ces derniers mois, le monde du travail comme la société toute entière ont connu des secousses. Elles ont blessé parfois, bousculé souvent.

 

            Aussi en ce jour de la Fête du Travail, j’en appelle à une bonne politique du travail, c’est-à-dire à une politique qui :

- garantit aux jeunes générations un avenir serein, qui intègre l’enjeu environnemental,

            - assure aux salariés un niveau de vie correct, assis sur une répartition équitable de la valeur ajoutée, et à cet égard l’accord national récent va dans le bon sens,

            - confère aux plus anciens l’accès à une retraite digne : c’est l’honneur d’une société moderne en veillant à ne pas opposer les générations, car un vieux est toujours une personne qui a été jeune, et un jeune est appelé à devenir vieux.

 

            Mesdames, Messieurs, très Bonne Fête du Travail à toutes et tous, et, Chèr(e)s Médaillé(e), encore toutes nos félicitations !

           

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10 avril 2023 1 10 /04 /avril /2023 10:26
Mon discours à la cérémonie des couples jubilaires ce lundi 10 avril 2023

Bien Chers Jubilaires,

Mesdames, Messieurs,

 

                     Vous accueillir ici, ce matin, pour le Maire que je suis comme pour chaque membre du Conseil municipal, c’est beaucoup d’émotion. Beaucoup d’affection et de respect aussi, pour vous, pour vos vies, pour ces histoires d’amour à qui, par toutes ces années passées ensemble, vous avez donné vie et sens.

 

                     Car on a beau écrire ou parler d’amour, l’amour n’est rien s’il ne s’incarne pas en deux êtres qui se rencontrent, ressentent, expriment et vivent leur amour. Et vous, vous êtes chacune avec votre chacun cette incarnation de l’amour partagé.

 

                     L’émotion est aussi chez vous, je le sais. D’abord, celle du jour, un jour de fête que l’on se prépare, cherchant jusqu’à la dernière minute la chemise ou la cravate qu’on avait pourtant préparée là mais qui n’y est plus, ou le sac ou les chaussures assortis à la robe et qu’on ne trouve plus, tout cela dans l’excitation de l’heure qui passe… Un jour où famille, enfants, amis vous entoureront ou vous enverront des messages affectueux.

 

                     Votre émotion, je la comprends. Car tous ces jubilaires, toutes ces années que nous célébrons avec vous, pour vous ce matin, n’ont pas toujours été faciles : des obstacles, des contrariétés, des souffrances, des peines, vous en avez subi évidemment, et vous les avez affrontées ensemble et votre amour a chaque fois l’a emporté. Mais si vous êtes là ici, encore ensemble, c’est que des joies, des plaisirs, des bonheurs, vous en avez connu aussi et surtout : dans ces moments forts, vous avez trouvé l’énergie, la force de dépasser tous les problèmes, toutes les difficultés et cette énergie porte un prénom, le sien, à lui, à elle : c’est pour lui, pour elle que vous vous êtes battus ; c’est avec lui, avec elle que vous avez avancé. Et les années ont passé comme les chapitres d’un livre dont vous écrivez chaque jour la belle histoire.

 

                     Mesdames et Messieurs, Chers Jubilaires, vous êtes le témoignage vivant de cette belle, si belle phrase du fabuliste Jean de La Fontaine qui écrivit : « Aimer, aimer tout le reste n’est rien ! »

 

                     Devant nous, devant moi, vous nous le prouvez, car vous totalisez toutes et tous 1 380 années d’amour : avec 19 couples fêtent leurs 50 ans de mariage, 6 couples fêtant leurs 60 ans de mariage et 1 couple fêtant ses 70 ans de mariage, un évènement tout à fait exceptionnel, grâce à Denise et Jules Parent ! Pour votre Maire et votre Conseil municipal, croyez-le bien c’est un honneur de vous recevoir. La longévité de votre amour force le respect et l’admiration.

 

                     Alors, ceux qui sont déjà venus à cette cérémonie le savent, nous allons regarder ensemble dans le rétroviseur de votre vie à deux.

 

En effet, pour évoquer le film de votre vie, je vous propose de remonter le temps et de revenir à l’année de vos unions respectives, de nous remémorer le monde d’alors, ce qui se passait sur le plan international, en France, et bien évidemment à Wattrelos si vous y résidiez, et en évoquant aussi et surtout des mots, des mélodies qui sont ceux et celles de vos jeunes années.

 

● D’abord, 1953. 1953, l’année de votre mariage, Denise et Jules que je suis infiniment heureux de recevoir ce matin pour, Mesdames et Messieurs, leurs 70 ans de mariage. Denise et Jules, j’ai eu le plaisir de vous accueillir en 2018 pour vos 65 ans, 2013 pour vos 60 ans, et 2003 pour vos 50 ans de mariage ! Je vous retrouve avec beaucoup, beaucoup d’émotion, d’abord parce que 70 ans d’amour, c’est plus que beau, c’est magnifique ! Et mon émotion se renforce d’autant plus que si vous vous êtes mariés en Juin, s’ils étaient encore près de moi j’aurais pu, j’aurais dû recevoir ce matin mes parents qui, eux, s’étaient mariés en Août 1953 !

 

Alors chapeau bas, infiniment bas, Denise et Jules !

 

Je vous ai déjà parlé de 1953, de vos chansons de l’époque, et je suis sûr que vous n’avez rien oublié de ce que je vous ai alors dit. Pour autant je vais y revenir rapidement.

 

En 1953, la fin de la 2nde Guerre mondiale n’est pas si loin, la Guerre froide rôde, et le monde a encore des soubresauts. Eisenhower devient Président des Etats-Unis, Tito de la Yougoslavie, et Staline meurt, remplacé par Kroutchev à Moscou. Les époux Rosenberg sont exécutés, et un gros soulèvement ouvrier a lieu à Berlin-Est, réprimé durement, avec 1 200 condamnations.

 

Si les troupes françaises quittent le Laos, la guerre s’enfonce en Indochine et les paras sont à Dien-Bien-Phu. René Coty devient Président de la République.

Les jeunes amoureux se tournent la tête avec le mariage princier au Luxembourg. Curiosité de l’histoire, Denise et Jules, 1953 aura été l’année du couronnement d’Elisabeth II, et vous célébrez vos 70 ans de mariage à quelques jours du couronnement de son fils, Charles III !

 

Dans notre région, on est cependant alors surtout marqués par les grandes inondations en Hollande et en Belgique, pour lesquelles 100 000 personnes devront être évacuées. Mais aussi, autre curiosité historique, par la grève générale en France en août 1953 pour refuser l’augmentation de l’âge de la retraite décidée par le Gouvernement Laniel, et la hausse du prix du gaz !

 

            Côté sport, Louison Bobet gagne le Tour de France, Fausto Coppi est Champion du monde, et un jeune de 19 ans, Jacques Anquetil, gagne le Grand Prix des Nations.

 

            Au cinéma, si on tremble avec « Le salaire de la peur » avec Yves Montand, on goute volontiers la légèreté de « Si Versailles m’était conté » et de « Les hommes préfèrent les blondes ».

 

            A Wattrelos, en 1953, l’actualité est surtout politique. L’ancien maire François Mériaux décède, mais ce sont les élections municipales qui sont la grande surprise : alors que les communistes ont plus de voix que les socialistes, lors de la réunion d’installation, c’est le maire socialiste Albert Dhondt qui est réélu par le Conseil municipal ; il y aurait eu ce soir-là me dit-on une ambiance très musclée à l’Hôtel de ville !

 

            Wattrelos est marquée par une grosse explosion de gaz rue Jules Guesde, un gros incendie chez Sion au Sapin Vert, et les Wattrelosiens se mobilisent pour les victimes des inondations en Hollande. Le quartier du Sapin Vert, qualifié de « déshérité et éloigné » n’a plus de facteur, et proteste.

 

            La jeunesse, en 1953, profite de l’insouciance de son âge, à l’image du film « Singing in the rain » : « Chantons sous la pluie » symbolise bien cette envie de bonheur. On chante, on mange les « bonbons, caramels, esquimaux, chocolats » d’Annie Cordy, on « attend que les dimanches s’amènent » pour aller danser avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault chez Gégène : où ça ? Bien sûr, à « Joinville-le Pont »… pon, pon : On s’acoquine avec des musiques américaines telle celle de Glenn Miller « In the mood ».

 

            Chère Denise, Georges Brassens vous prévient : « Gare au Gorille ». Et on vous invite à vous méfier de ces messieurs, que ce soit Patachou avec « le bricoleur », ou Edith Piaf. « Johnny, tu n’es pas un ange ». Mais ça tombe bien, celui qui vient à vous s’appelle Jules, et, avec la roubaisienne Gaby Verlor et le lillois Jan Davril, voilà qu’il vous dit : « Prenez mon cœur et mes roses/Un bouquet c’est peu de choses/Mais ça peut être la cause/La cause d’un grand bonheur »…

 

            Ah oui, tiens donc, et voilà qu’il vous raconte une histoire d’Henri Salvador « Le loup, la biche et le chevalier » :

                    « La petite biche est aux abois/Dans le bois, se cache le loup/

                    Mais le brave chevalier passa/Il prit la biche dans ses bras/

                    La biche en femme se changea/Et dans les bras du beau chevalier/

                    Belle princesse, elle est restée »

            Et ce fut une « chanson douce » pour vous deux.

 

            Et si Jules, avec Sydney Bechet chantonne « J’ai caché/Mieux que partout ailleurs/Au jardin de mon cœur/Une petite fleur », vous, Denise, c’est avec Lucienne Delyle qu’à vos amies vous dites « J’ai un amoureux/Qui me fait les doux yeux/Ça marche, ça marche » ! Mais, en chuchotant presque, vous ajoutez avec Germaine Monteiro, telle sa « fille de Londres » :

                                                    « Un rat est entré dans ma chambre

                                                    Je l’ai pris dans mes bras blancs

                                              Il était chaud comme un enfant

                                              Je l’ai bercé bien tendrement »…

 

            C’est qu’il sait y faire Jules, lui qui vous offre à son tour « Un p’tit coin de paradis » après « un p’tit coin de parapluie », et vous joue « Les amoureux du Havre », de Catherine Sauvage : « Je t’aime, tu m’aimes, on s’aimera jusqu’à la fin du monde », et vous susurre, avec Tino Rossi dans son Tango bleu « Donne-moi ton cœur, donne-moi ta vie ».

 

            Pas étonnant que vous soyiez de ces « amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics/En s’disant des je t’aime pathétiques » avec « des petites gueules bien sympathiques »… Pas besoin que Georges Brassens vous explique comment faire !

 

            Et c’est comme ça que, chemin faisant, comme dans « Sanguine » d’Yves Montand, « une fermeture éclair a glissé sur tes reins », et que Gilbert Bécaud vous guide dans une chanson qui s’appelle « Mes mains » :

            « Mes mains dessinent dans le soir la forme d’un espoir qui ressemble à ton corps/

            Mes mains quand elles tremblent de fièvre, c’est de nos amours brèves qu’elles se souviennent encore/

            Mes mains caressent dans leurs doigts des riens venant de toi, cherchant un peu de joie ».

 

            A dire vrai, Cher Jules, de la joie vos mains en ont trouvé, et pas qu’un peu, puisque cela dure depuis bientôt 70 ans !!! 70 ans : très Bel anniversaire Denise et Jules pour ces extraordinaires et si heureuses Noces de platine !

 

            ● Dix ans plus tard, c’est votre année à vous, 1963, vous les couples qui célébrez cette année vos Noces de diamant ! Joâo et Luisa, Gilbert et Liliane, Robert et Lucette, Jean et Marie-Agnès, Daniel et Christiane, Daniel et Annie, 60 années de mariage ! C’est beau !

 

            Pourtant, même si on dit quand on en parle aujourd’hui que 1963 ouvre les « années yéyé », il n’est pas certain que vous, les amoureux d’alors, vous l’ayiez vécue avec autant de sérénité. Car 1963 fut une année de fortes tensions à l’international comme en France.

 

            Dans le monde, même si un « téléphone rouge » est installé entre Washington et Moscou, les relations entre l’Est et l’Ouest sont tendues. A Moscou, l’ennemi juré des américains, Fidel Castro, reçoit le Titre de Héros de l’Union Soviétique, et le Président Kennedy LUI va sur le Mur, à Berlin, au check-point Charly, provoquant la colère des soviétiques.

 

            L’Angleterre est bousculée par le scandale Profumo du nom de son Ministre des Armées qui livre des secrets à une espionne prostituée, mais surtout Outre-Manche on est ébahi de l’audace du hold-up du siècle dans le train Glasgow-Londres. En Allemagne alors qu’il a signé en janvier avec le Général de Gaulle le Traité de l’Elysée qui scelle l’amitié franco-allemande, le chancelier Konrad Adenauer démissionne, et en Algérie Ahmed Ben Bella devient le 1er Président de la République.

 

            Mais surtout ce que nul n’a oublié de cette année-là, et qui secoue le monde, c’est l’assassinat le 22 novembre à Dallas du Président américain John Fitzgerald Kennedy.

 

            Des attentats, il y en a aussi beaucoup en France, et ainsi le 11 mars est fusillé l’auteur de l’attentat du Petit-Clamart contre le Général de Gaulle. De nombreuses grèves en France en 1963, et un vigoureux plan de rigueur est présenté en septembre par le Ministre de l’économie, Valéry Giscard d’Estaing. Parallèlement la France affirme ses ambitions nucléaires, et s’oppose à l’entrée de la Grande-Bretagne dans l’Europe des 6.

 

            On retiendra aussi de l’année 1963 que c’est celle de la mort du Pape Jean XXIII, et de l’élection du Pape Paul VI, ainsi que celle de la disparition, le même jour, d’Edith Piaf et de Jean Cocteau.

 

            A la télévision, ce sont les premières des « Raisins verts » de Jean-Christophe Averty, mais surtout de « Nounours » qui endort chaque soir les petits, et de « Thierry la Fronde » qui lutte sans relâche contre l’envahisseur anglais pour le plus grand plaisir des téléspectateurs.

            Au cinéma, Mesdames, vous êtes tantôt « Irma la douce », tantôt la sublime Elisabeth Taylor de « Cléopâtre », et vous Messieurs tantôt Richard Burton qui lui donne la réplique, tantôt Alain Delon dans « le Guépard » ; mais tous deux raffolez de vous promener sous « les parapluies de Cherbourg », riez de « la Cuisine au Beurre », frémissez du « Mépris » avec la belle Brigitte Bardot, et vous captivez pour « les Tontons flingueurs » !

 

            A Wattrelos, très vive vague de froid début janvier : des deux côtés de la frontière avec la Belgique, ce n’est qu’une gigantesque patinoire ; et encore un record de froid en juin ! Gros incendie chez Sarneige, et grève chez Kuhlmann ; installation d’une bibliothèque municipale au 3ème étage de la mairie (avec 9000 volumes : par comparaison ils sont 150 000 dans la bibliothèque d’aujourd’hui !). Mais ce qu’on retient, Chère Michèle Coquelle, ce sont les importants sondages que réalise alors la Société Nationale des pétroles d’Aquitaine près de l’école des garçons du Plouys à la recherche… du pétrole ! Le Plouys a failli devenir le far-west wattrelosien !!!

 

            A dire vrai, chers amoureux de 1963, je ne suis pas certain que vous vous soyiez intéressés à tout cela. Vous, votre problème de jeune homme ou de jeune femme ce n’est pas de trouver de l’or noir, mais de trouver votre trésor.

 

            C’est l’époque de « Salut les copains », Sheila vous confirme que « l’école est finie », et vous suggère votre « Première surprise-partie » !

 

            Oui, mais vous vous interrogez : on parle beaucoup de ruptures dans les chansons du moment. « T’en vas pas comme ça », pour Nancy Holloway, « Arrête, arrête ne me touche pas », pour Patricia Carli,… il n’y a que Charles Aznavour qui porte une lueur d’espoir car s’il dit « sans un regret, je partirai », il ajoute « Et pourtant, pourtant, je n’aime que toi ! ».

            L’amour, l’amour, c’est donc possible ? Mais Messieurs comment faire ?

 

            Jean-François Grandin, alias Franck Alamo, vous donne un numéro de téléphone, « Maillot 36-37 », et vous n’avez qu’à dire « J’aimerai ce soir vous emmener danser », et vous verrez que votre « biche » saura « dessiner au crayon noir ses jolis yeux ». Claude François dans « Si tu veux être heureux » vous donne « une leçon de bonheur, après tout » :

                        « Pour le reste de ta vie

                        N’épouse jamais une trop jolie fille

                        Ecoute bien le conseil d’un ami

                        Epouse plutôt une fille gentille ».

 

            Muni d’un tel conseil vous partez en quête, à coup de « Da dou ron-ron » de Johnny : « Oui, peut-être demain/Oui adieu mes chagrins/Oui j’aimerai sans fin »…

 

            Alors vous la croisez, et comme le chante Alain Barrière « Elle était si jolie »… que vous n’osiez l’aimer : Vous la suppliez, comme Richard Anthony, « Donne-moi ma chance » ! Comment faire ? Une méthode : « Tchin-tchin », toujours avec Richard Anthony, un verre, deux verres, peut-être le « tord-boyaux » de Pierre Perret au resto dont le patron s’appelle Bruno, et avec Marie Laforêt, vous lui proposez de faire ensemble « les vendanges de l’amour » !

 

            Comment ça s’est passé après ? Aujourd’hui encore vous fredonnez la chanson de Jeanne Moreau « J’ai la mémoire qui flanche » qui avoue « Tout entre nous a commencé/Par un très long baiser ». Il est vrai, Mesdames, qu’Elvis Presley vous invitait à l’action « Kiss me quick ! »

 

            Cela ne vous empêche pas , Mesdames, avec Brigitte Bardot de rappeler à votre amoureux qu’il n’est « qu’un appareil à sou », à « sou-pirs », et à « sou-rires » bien entendu !

 

            C’est que, ça y est, l’un et l’autre allez à l’Hôtel de ville : en route pour « la Belle Vie » de Sacha Distel.

 

            Et pour elle qui n’est pas « une pauvre petite fille riche », Messieurs vous empruntez « le marteau » de Claude François pour construire votre nid d’amour… Avant que Mesdames vous ne découvriez les charmes de cette vie conjugale qui est dorénavant la vôtre lorsque, dès son premier bain, tel Fernand Raynaud, il vous clame « Et v’lan, passe-moi l’éponge », avant d’ajouter, prometteur, « fais-moi gligli »…

 

            Et c’est ainsi que de gligli en gouzi vous aurez vécu, fondé une famille, élevé enfants et petits-enfants, et que 60 ans plus tard, vous êtes là émus, comme au 1er jour.

 

            Bien sûr, les années ont passé, et vous ne faites plus de « Be-bop à lulla » trépidents, sauf sous surveillance médicale, mais tous ceux qui vous aiment, et j’en suis, vous félicitent, vous nos 6 couples de diamant ! Très Bon Anniversaire.

 

            ● 1973 : l’année s’ouvre par l’entrée officielle le 1er janvier de la Grande-Bretagne dans ce qu’on appelle alors le Marché Commun.

 

            Sur le plan international, si en 1973 janvier donne une note d’optimisme avec, enfin, le 27 janvier la signature à Paris d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et le Vietnam du Nord, le monde sera secoué de trois faits marquants :

            - d’abord, en avril, par le déclenchement aux Etats-Unis de l’affaire du Watergate, qui va mettre à mal la Présidence de Richard Nixon, pourtant récemment réélu à l’automne 1972 ;

            - ensuite en septembre, le meurtre contre la démocratie qu’est le putsch au Chili du Général Pinochet qui coutera la vie au Président Salvador Allende ;

            - enfin, en octobre, le déclenchement par l’Egypte et la Syrie d’une offensive contre Israël pendant la fête du Kippour, remettant en cause et pour longtemps tout processus de paix au Moyen-Orient.

 

            En décembre se produit un autre évènement qui va bousculer le monde pour longtemps également : le 22 décembre à Téhéran les pays de l’OPEP décident de doubler le prix du baril de pétrole ; cela va déclencher le « choc pétrolier » que toutes les économies européennes vont payer cher en inflation et en chômage pendant plus de 30 ans ! Des pays s’inquiètent, telle la Grande-Bretagne qui décrète l’état d’urgence, et la Belgique qui décide en novembre « le dimanche sans voiture ».

 

Autres news de l’année : les morts de Lyndon Johnson, ancien Président américain, de l’acteur Bruce Lee, et de Pablo Picasso. En Bolivie, le tortionnaire nazi Klaus Barbie est arrêté. Le monde se passionne pour la révolte des indiens Sioux à Wounded Knee, et côté carnet rose, pour le mariage, en Angleterre, de la princesse Anne avec le capitaine Mark Philips.

 

            En France, en 1973, Georges Pompidou est Président, Pierre Messmer Premier Ministre, et Edgar Faure Président de l’Assemblée Nationale. Après des élections législatives en mars où la Gauche progresse fortement, sans toutefois l’emporter, la France traverse 1973 sur fond de deux crises majeures :

> celle de l’usine Lip à Besançon où, au printemps, menacés de perdre leur emploi les salariés, « les Lip » comme on les appellera, décident de prendre en main la vente de la production, prônant « l’autogestion » ;

            > autre crise, celle qui s’engage fin août lorsque 40 000 manifestants défilent à Millau contre l’extension du camp militaire du Larzac, le Larzac devenant un symbole de la contestation écolo-gauchiste.

 

            Si au printemps aussi les lycéens manifestent contre la loi Debré, les Français retiennent surtout de cette année l’horreur de la mort de 21 enfants en février dans l’incendie du CES Pailleron à Paris, et, ce 30 juin, un Tupolev 144 qui, au 30ème Salon du Bourget, s’écrase sur Goussainville tuant 13 personnes. Elle s’émeut aussi de la disparition de l’athlète Jules Ladoumegue, du comédien Noël Roquevert, du fantaisiste Fernand Raynaud qui se tue dans un accident de voiture à à peine 47 ans, et du jeune – et beau – champion automobile François Cevert.

 

            Côté sport, si Pescarolo et Larousse gagnent les 24h du Mans, si le néerlandais Johan Cruijff footballeur de l’année, gagne sa 3ème Coupe d’Europe avec l’Ajax en battant la Juventus, si Nantes est champion de France, c’est pour le cyclisme qu’on se souvient de l’année 1973.

 

            Eddy Merckx gagne ainsi Paris-Roubaix le 15 avril, puis le Tour d’Espagne, puis le Giro d’Italie ; mais c’est Luis Ocana qui gagne le Tour de France devant Bernard Thevenet, et Felice Gimondi devient Champion du Monde sur route.

 

            Le cinéma est contrasté en 1973 : les américains lancent « L’exorciste », tandis que le cinéma français parie sur Belmondo avec « Le Magnifique » (beau symbole, Messieurs, pour votre mariage). Et vous Mesdames, sans doute êtes-vous sensibles à Romy Schneider qui, après avoir triomphé dans « César et Rosalie », tourne avec Visconti « le crépuscule des Dieux », ou à Laura Antonelli qui pratique une éducation sentimentale particulière avec « Malicia ».

 

            Mais ce qui vous met tous deux d’accord, face au scandale que crée « la Grande Bouffe » de Marco Ferreri, c’est de rire devant « les aventures de Rabbi Jacob » ou en cherchant « la 7ème Compagnie » qui parait-il est perdue.

 

            A Wattrelos, en 1973, l’année s’ouvre sur l’inauguration de la piscine de Beaulieu et on débat en février au Conseil municipal de la création d’un grand parc ; dans les mois qui suivent on ouvrira la MPT de la Mousserie, le Foyer-logement de Beaulieu, le nouveau groupe scolaire Brossolette tandis que l’école de la Baillerie ferme, et on lance la construction d’un complexe municipal au Sapin Vert (ce sera Jean Zay) et une nouvelle bibliothèque. Le CES Neruda se construit. Tout cela a un coût : les impôts locaux sont augmentés de + 15 %.

 

            Les températures aussi montent : cet été-là, c’est la canicule ! On note 30 degrés en juillet… mais il fera - 11 le 2 décembre ! Les Wattrelosiens et les élus râlent pour l’insécurité : il y aura 474 vols de voitures cette année-là (pour mémoire, et par comparaison je précise qu’il y en a eu – même si c’est trop bien sûr – 180 en 2022).

            En 1973, le Tour de France passe à Wattrelos et au tournoi de foot de Pâques, il y aura prolongation entre l’Union et le Sporting, avec 30 tirs aux buts pour les départager ! Et en juin, pour la fête de la Jeunesse, la vedette c’est Annie Cordy.

 

            Mais vous, les jeunes mariés de 1973, vous écoutez le hit-parade d’André Torrent sur RTL, et vous vivez avec intensité le match des méga-tubes de l’été, entre Michel Sardou et sa « Maladie d’Amour », qui court, qui court, jusqu’à vous d’évidence, et Johnny et Sylvie, l’un et l’autre reprenant « J’ai un problème/J’ai bien peur que je t’aime » »… et ça c’est vous aussi !

 

            Avant que ne naisse l’amour, c’est le temps de la rencontre. Et peut-être que pour certaines d’entre vous, Mesdames, cela n’a pas été – comment dirais-je ? – spontané. Quand vous l’avez vu, peut-être, comme Pierre Vassiliu, vous êtes- vous dit :

            « Qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là ?

            Complétement toqué ce mec-là, complètement gaga :

            Il a un drôle d’accent ce gars-là,

            Il a une drôle de voix

            Non, mais ça va pas, mon p’tit gars ! »

 

sauf que, comme dans la chanson, séduite par ses « cheveux blonds » et ses « yeux polissons », telle une révélation car votre « horoscope vous l’avait prédit » vous entonnez, avec Diane Dufresne « Aujourd’hui, j’ai rencontré l’homme de ma vie/Au grand soleil, en plein midi », et il vous aura fait « monter » à son appartement/Entre la terre et le firmament », vous a « offert un drink », et vous avez « su que c’était lui ».

 

            Bon c’est vrai, il est un peu insistant et même « collant ce type » quand il vous « drague » ; surtout lorsque, comme Guy Bedos avec Sophie Daumier, quand vous dansez, il vous « laboure la peau du dos avec son ongle », vous qui avez « un mal fou à cicatriser » alors que lui, qui « s’est aspergé d’eau de toilette », parait tout content « d’emballer », pour une fois qu’il « n’a pas hérité de la plus moche »… Et même s’il vous trouve un peu « les mains moites », il s’accroche le Jeannot, et il finit par « conclure », comme dans la chanson.

 

            Comme quoi, sur un malentendu…

 

            Oh, cela ne veut pas dire que tout va pour le mieux, vous vous faites encore un peu désirer Mesdames, même lorsqu’avec Frédéric François il vous interprète « Un chant d’amour, un chant d’été ». Vous vous faites attendre. Il vous supplie avec Marie Laforêt, « Viens, viens, c’est une prière, viens », il attend avec Alain Chamfort que vous lui fassiez « un signe de vie, signe d’amour » ; il vous complimente avec Art Sullivan, vous « la petite fille aux yeux bleus/Tu es belle comme le jour ». Il se fait pressant avec Christian Adam « si tu savais combien je t’aime », insistant même lorsqu’il vous rebaptise « Angélique » avec Christian Vidal pour vous chantonner « Mon bonheur, c’est toi/ Jour après jour et pour toujours »… Sans doute y-a-t-il des querelles d’amoureux qui ne savent pas encore qu’ils le sont ; alors il vous implore « Et surtout ne m’oublie pas/Tu sais que je reviendrai » avec le Crazy Horse et le regretté Alain Delorme, car « ce n'est pas tous les jours/qu’on rencontre le grand amour » ; il vous réclame avec Ringo « Une bague, un collier », et il vous console avec Daniel Guichard  « Faut pas pleurer comme ça » ; et il revient vous chercher avec Mike Brant, car « Rien qu’une larme dans tes yeux/Je comprends combien je t’aime/Je t’aime, je veux te le dire/Je veux te revoir sourire »…

 

            Vous le rembarrez, comme Dalida avec Alain Delon, car tout cela ce sont des « Paroles, paroles »… il gémit « Je suis malade », avec Serge Lama, avec ces yeux mélanges de Calimero et de Droopy comme seuls les hommes savent les faire quand ils veulent parvenir à leurs fins. Vous faiblissez et telle Françoise Hardy lui dites dans un « Message personnel » : « Mais si tu crois un jour que tu m’aimes/Viens me retrouver » ; et finalement vous craquerez lorsqu’avec son beau sourire ultra-brite il vous prend la main et que comme Sacha Distel avec Brigitte Bardot il vous chante « Tu es le soleil de ma vie/Tu es le soleil de mes jours » et vous lui répondez « Tu es le soleil de mes nuits/Tu es le soleil de l’amour »…

 

            Et « c’est comme si tout avait commencé/Depuis plus d’un million d’années » ! En route pour le mariage ! Monsieur fait ses adieux à ses précédentes conquêtes avec Patrick Juvet : « Je vais me marier, Marie/ Et vous quitter Sophie, Marianne et Virginie ». Et vous, Mesdames, vous recréez le monde avec Sheila : « Adam et Eve/C’est toi et moi/ On est faits tous deux pour vivre ensemble/Et pour nous la vie commence ».

 

            Moins de monde (je l’espère pour vous) à votre mariage qu’à celui de Sheila et Ringo, et pour le voyage de noces, vous avez le choix : bien sûr, il y a « les gondoles à Venise » où déguster « du pain grillé, du café chaud » : ou encore « le Lac Majeur » de Mort Shuman : le « pays des merveilles de Juliette »  d’Yves Simon ; ou plus simplement ces paysages de « vaches rousses, blanches et noires » et « du bon cidre doux, Made in Normandie » avec Stone et Charden ; ou plutôt, « à Paris à vélo » où « vous dépassez les autos » avec Joe Dassin.

 

            Si, à l’Olympia, Michel Fugain lance « le Big Bazar » quelque soit le « bazar » que peut être votre vie à deux, vous en retenez la leçon : « Fais comme l’oiseau/Ça vit d’air pur et d’eau fraiche  un oiseau »… C’est que nos deux tourtereaux vivent « l’Amour 1830 » d’Alain Souchon, « pathétique, romantique » ; mais pas « démodé ».

 

            Vous espérez « le lundi au soleil » avec Claude François, et même chaque jour ; votre amour ce sera « Forever and ever » avec Demis Roussos ! Un amour torride, celui où Madame, votre homme comme Johnny devenu « Corbeau blanc » vous crie « Ton corps, ton corps est chaud/Je l’aime », et que vous reprenez tous deux en chœur « nos corps, nos corps sont fous/Ils s’aiment ».

 

            Et oui, vous vous aimez, vous vous êtes aimés tant d’années et jamais, jamais vous n’aurez oublié ce succès de Frédéric François en 1973 :

            « Quand vient le soir, on se retrouve

            Après avoir compté les heures

            C’est comme un ciel qui se découvre

            Et je te serre contre mon cœur

            Quand vient le soir, Dieu que je t’aime !

            Je me retrouve seul avec toi

            Tu fermes la porte et tu m’entraines

            Vers tout ce qui peut faire ma joie »…

 

            Cette joie ne s’est pas tarie, et vous l’aurez vécue cinquante années durant. Aussi en terminant cette promenade avec vous dans les chansons de votre cœur d’amoureux de 1973, vous les 19 couples qui célébrez avec nous ce matin vos Noces d’Or, vous savez maintenant, 50 ans plus tard, mieux que quiconque, ce que Michel Sardou décrivait lorsqu’il chantait que « la maladie d’amour », « unit dans son lit les cheveux blonds » et… « les cheveux gris » !

            Très, très Bon Anniversaire !

 

*

 

         Voilà, avec vous, Mesdames et Messieurs, j’ai voulu revisiter toutes ces décennies qui furent celles de votre vie à deux.

 

Cinquante, soixante, soixante-dix années ont passé. Et vous êtes ce matin devant nous, l’un à côté de l’autre, plus exactement l’un avec l’autre, l’un tout contre l’autre. Vous êtes des exemples de stabilité, les messagers des valeurs essentielles, un encouragement pour les générations actuelles. Chers Jubilaires, vous nous témoignez et quelque part nous léguez le meilleur : l’amour de l’amour !

 

Mesdames, Messieurs, bien chers amis, cette belle journée ne fait que commencer, je sais qu’elle va se poursuivre de manière fort agréable. Je vous souhaite de continuer votre route encore longtemps ensemble, de bien profiter de votre temps, d’ajouter des moments agréables aux moments agréables.

 

Il y a 70 ans, 60 ou 50 ans, vous avez dit oui pour un long voyage de tendresse ; aujourd’hui, vous mesurez le chemin parcouru, et vous savez pourquoi vous avez dit oui. Par bonheur, par amour. Parce que c’était LUI, parce que c’était ELLE.

 

Car comme l’écrivait le poète patoisant Fremicourt : « Ch’est un bonheur d’être aveq s’compagnie et difficile a bin l’rimplachi ».

 

En 1973 précisément, pardonnez-moi d’y revenir un instant, l’un de mes chanteurs préférés, Michel Chevalier, chantait :

            « Je veux t’aimer, plus de 100 ans,

            Je voudrais arrêter l’horloge du temps

            Je veux t’aimer plus d’un milliard d’années

            Je veux t’aimer toute une éternité »

 

Cent ans, un milliard d’années,…  pourquoi pas ? Vous avez déjà parcouru ensemble un tel chemin, alors continuez : le temps est toujours court quand il est celui du bonheur, et ce bonheur, le vôtre, du fond du cœur nous vous le souhaitons, je vous le souhaite pour toujours et à jamais…

 

Félicitations chers Jubilaires de Pâques !

 

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18 février 2023 6 18 /02 /février /2023 10:57

Jeudi 9 février, le Conseil municipal a voté le Budget de la ville pour l’année 2023, qui passe par 3 votes : sur les taux de fiscalité ; sur les subventions ; et enfin sur le budget global.

 

Sur la fiscalité nous baissons à nouveau en 2023 le taux de Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties de – 1,5 % : la délibération a été votée à l’unanimité. Sur les subventions aux associations, nous augmentons cette année celle au CCAS (pour accroître de + 60 % le budget de l’Action sociale pour les personnes le plus en difficultés, mais aussi pour Acti’Jeunes et les Centres sociaux) : la délibération a été votée à l’unanimité.

 

Sur le Budget, je vous invite à consulter ci-après le texte de l’exposé que j’ai écrit et présenté : : vous y lirez comment on construit notre Budget, et quelles en sont les grandes lignes pour 2023, sur les choix d’investissements, le fonctionnement des services, la politique de fiscalité (en baisse) et d’emprunts (en baisse aussi).

 

Pour le vote du Budget, seul le groupe de M. Ricci a voté contre : dans les oppositions, Mme Delannoy a voté pour, et le RN s’est abstenu. Le choix du groupe de M. Ricci est sans doute d’abord celui d’une posture (« voter contre »), en dépit de la qualité du Budget que la Majorité présente (baisse des impôts, forte baisse de l’endettement, investissements de transition écologique : que demander de plus ?) ; et c’est aussi celui d’une erreur de la part d’un élu qui ne maitrise pas bien ses chiffres et a lu trop rapidement son dossier. Car si le groupe de M. Ricci a voté contre le Budget, ce serait notamment à cause d’une chute des investissements pointe-t-il ! Ah bon, et il a vu ça où lui ? Il prétend que les investissements baissent de 12 à 8 millions € : c’est faux (c’est dommage que la journaliste n’a pas non plus vu la grossière erreur avant d’écrire son Compte-rendu du Conseil).

 

Car M. Ricci en regardant (trop rapidement sans doute) ses documents aura sans doute oublié que dans les 12,93 M€ d’investissements du BP 2021 sont comprises les écritures de la ligne revolving (deux fois 2,4 M€, soit 4,8 M€) qui n’est qu’une écriture comptable : la réalité de l’évolution des investissements effectifs c’est donc : 8,13 M€ en 2021, 8,85 M€ en 2022, et 8,02 M€ en 2023 ; où est « l’effondrement » des investissements qui a justifié le vote « contre » du groupe de M. Ricci ? Nulle part !

 

Au contraire, nous continuons d’investir, en privilégiant sur 2023 (et sur 2024 également) les investissements d’économie d’énergie et de développement durable.

 

Nous faisons en revanche une pause sur les gros investissements, dans l’attente de la réponse de la MEL à notre demande de participation à la construction d’une piscine métropolitaine sur Wattrelos. « Pause » des investissements ne veut pas dire « arrêt » des investissements : nous en changeons simplement la nature, pour tenir compte du contexte et des réalités économiques et financières, mais aussi et surtout pour mieux prépare l’avenir, dans l’intérêt même de Wattrelos et des Wattrelosiens.

 

Oui, ce Budget 2023 aurait mérité plus de soutien. Mais déjà 35 élus l’ont voté sur 43 : c’est une large majorité qui, elle, prend ses responsabilités, pour Wattrelos !

 

Voici la présentation synthétique de ce budget 2023 :

 

Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
Budget de la ville 2023
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5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 16:36
Mon discours à la cérémonie des Voeux aux Corps Constitués ce jeudi 5 janvier 2023, en présence du Préfet de la Région des Hauts de France

Monsieur le Préfet de Région, Cher Georges-François Leclerc,

Mes Chers Collègues Maires de Leers, Lannoy et Bourgmestre d’Estaimpuis,

Chers Collègues élus,

Mesdames et Messieurs en vos fonctions et responsabilités, grades et qualités,

Mesdames et Messieurs, Cher(e)s Ami(e)s,

 

            Deux ans. Voilà deux ans que cette manifestation de réception des Corps Constitués n’a pas pu avoir lieu, pour cause de conséquences de la crise sanitaire. Deux ans qui nous paraissent bien loin, deux ans pendant lesquels beaucoup de nos concitoyens nous ont malheureusement quittés, certains membres de nos familles ; deux ans où il y eut tant de craintes, de peines, de restrictions aussi, de remises en question de bien de nos modes de vie et de nos conditions d’existence. Deux ans, c’est si près et c’est si loin à la fois. Le Covid a heurté, a changé tant de choses.

 

            Il y a deux ans, dans mon intervention, j’évoquais une montée des risques : celle des risques géopolitiques internationaux et financiers ; la poussée technologique ; la montée des populismes. Je n’avais tort sur aucun de ces risques, ils se sont tous manifestés ; mais j’en avais oublié un, le plus inconnu car le plus secret, le risque pandémique. Depuis, celui-ci a déréglé toute la planète, fait des centaines de milliers de morts, fait souffrir, a plongé le monde dans une récession sans précédent, et est encore ça et là, au gré de ses variants, tapi dans l’ombre de nos existences. Les décisions toutes récentes sur la restriction des arrivées en provenance de la Chine ces derniers jours, attestent que nous n’en avons pas fini encore avec ce virus mortifère.

 

            Pendant ces deux ans, vous toutes et tous, partenaires de la ville dans ses actions et ses projets, vous avez été là, avec nous, élus et services, au service de Wattrelos ; et déjà, à ce stade de mon propos, je veux vous en remercier, vos personnes comme vos organismes, avec en premier lieu évidemment nos professionnels de santé à commencer par notre Centre Hospitalier de Wattrelos : recevez, Monsieur le Directeur, Eric Kryzkala, l’assurance de notre reconnaissance et transmettez-là à vos médecins et personnels.

           

            Il y a deux ans, je recevais en invité d’honneur de cette manifestation, le Secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O. Cette année, je suis heureux d’accueillir notre Préfet de Région, Georges-François Leclerc.

 

            Monsieur le Préfet, je suis particulièrement sensible à votre venue, car je n’ignore pas qu’avec la taille de la Région que vous administrez, et le nombre de ses collectivités, je vais faire des envieux. Mais je veux surtout goûter l’honneur que vous faites à Wattrelos, à sa population et à ses élus, mais aussi à la République qui vit, à la République du terrain, à la République du quotidien. Car dans cette salle, c’est la République que cette manifestation accueille et met à l’honneur ! La République, que représentant de l’Etat dans notre Région, vous incarnez en premier lieu, Monsieur le Préfet ; et également la République de nos partenaires municipaux, qui nous accompagnent chaque jour au service de la population Wattrelosienne, la République des policiers, des pompiers, des enseignants, des soignants, des Délégués de l’Education nationale, celle des collectivités de projets, de la MEL, du Département, de la Région, celle des services déconcentrés de l’Etat, Préfecture, DRFIP, Dreal, la République de l’action au plus près, la République du service public.

 

            Cette République, Mesdames et Messieurs, chacune, chacun d’entre vous en êtes un maillon indispensable, au service de la démocratie et du fonctionnement du pacte républicain : telle est la raison d’être de cette cérémonie de Vœux – et le calendrier municipal fait qu’elle sera la première parmi celles organisées cette année. Avec cette cérémonie, nous tenons à vous remercier d’être nos partenaires, nos appuis, nos conseillers, parfois nos financeurs, nos subventionneurs ; tous, vous l’avez compris vous nous êtes précieux !

 

            Bien sûr, depuis deux ans, dans vos collectivités et organismes, il a pu y avoir des changements, de femmes et d’hommes, au gré des mutations et déroulements de carrière ; mais ces changements n’altèrent pas la force de nos liens et de nos partenariats.

 

            D’autant moins que si, dans ces deux ans il y a eu des élections municipales, ici il n’y a pas eu de changement d’équipe ni de Maire : même si ce n’est sans doute pas l’avis de mes oppositions, j’en suis heureux, et cela facilite l’action dans la durée.

 

            L’action, agir, nous en avons tous envie en 2023. Et l’objectif des cérémonies comme celle-ci est « d’éclairer l’avenir », de partager notre vision de l’actualité du monde et de ce que seront localement les mois à venir. Or, si l’horizon peut paraitre porteur de nuages, s’ils peuvent conduire à ralentir notre trajet, ce qui importe c’est de poursuivre notre chemin là où nous voulons, où nous devons aller.

 

            Bien évidemment, les Wattrelosiens, comme partout ailleurs en France et dans le monde, pourraient avoir l’impression que la nouvelle année est plus difficile que jamais à prévoir. Il est vrai qu’à l’échelle de la planète l’horizon 2023 est celui de secousses mondiales inachevées dont tous nous ignorons évidemment la durée et l’intensité.

 

            ● C’est vrai avec les tensions géopolitiques, car si nous aurions du nous réjouir de l’entrée de la Croatie dans la zone euro ce 1er janvier après les dramatiques combats serbo-croates du début des années 90, la guerre en Ukraine depuis presque 1 an, ses morts, ses souffrances, ses dramatiques conséquences humaines, économiques et sociales, les menaces de cataclysmes qui l’accompagnent, celles d’une attaque chinoise sur Taïwan aux conséquences considérables sur la production mondiale de semi-conducteurs, le conflit Arménie-Azerbaïdjan ou les tensions Inde-Chine, nous placent dans un champ de tensions jamais atteintes depuis la 2nde guerre mondiale. Combien de temps tout cela va-t-il durer ?

 

            Combien de temps vont durer ces déséquilibres mondiaux entre l’offre et la demande d’énergie, de matières premières, et de produits alimentaires qui ont rallumé le feu d’une inflation qui tarde à ralentir ? Tout cela sur fond d’une récession économique possible qui menace, selon le FMI, une économie sur trois en 2023 : la hausse des taux d’intérêt, pour casser justement l’inflation, ralentit les 3 grandes économies mondiales Etats-Unis, Union Européenne et Chine.

 

            Nos concitoyens redoutent aussi la crise sanitaire, toujours présente, notamment en Chine épicentre de sa survenance, et s’inquiètent des drames naturels liés au réchauffement climatique qui, malheureusement, se multiplient à travers le monde, sans que de conférences internationales, de COP en G7 ou en G20, les grands dirigeants de notre planète ne semblent inverser le cours des choses.

 

            Alors oui, prévoir en ce début 2023 est un exercice bien hasardeux.

 

            Faut-il pour autant y renoncer ? Certainement pas. Car qu’attendent nos concitoyens de leurs responsables publics ? Eh bien que nous fassions ce pourquoi nous sommes des responsables publics, à savoir les protéger, les rassurer, leur dire où on va, et comment on va y aller, et pourquoi.

 

            ● La France se trouve dans une situation contrastée.

           

            La croissance tient bon, à 2,7 % en 2022, le chômage continue de baisser (encore - 2,1 % en novembre, et près de - 10 % sur 1 an), en 2023 même si elle va forcément ralentir (à + 0,3 % selon la Banque de France) l’activité pourrait éviter la récession, les créations d’emploi restent positives, et l’inflation est en France l’une des plus faibles d’Europe.

 

            Pour autant, les hausses des prix persistantes, surtout d’énergie, la sortie du bouclier tarifaire et des ristournes sur le carburant, la hausse des taux d’intérêt heurtent les revenus et donc le pouvoir d’achat. C ‘est évidemment un des enjeux majeurs des mois qui viennent.

 

            Au-delà, en ce début 2023, je crois que, là encore, là surtout, pour rassurer et protéger les Français, il me parait essentiel de ne pas tarder à affronter 3 défis, que nous devons tous regarder en face, sans « guerre civile » mais avec raison et dans un esprit de responsabilité collective. Car ces 3 défis sont, s’ils ne sont pas maîtrisés, des défis pour la République elle-même ! Il s’agit de rassurer :

 

            > Rassurer sur l’avenir de tous en maîtrisant nos finances publiques

           

            Tout le monde sait que les déficits d’aujourd’hui sont les dettes de demain, et les remboursements et donc les impôts d’après-demain. Quand le Président de la République parle de « fin d’abondance », il dresse un constat objectif : après le « quoi qu’il en coûte », et les mesures pour préserver l’économie et les revenus, dont le « bouclier tarifaire », 1/3 des dépenses de l’Etat se finance par un déficit de 160 Mds €, lequel alimente une dette de 111 % du PIB, qui elle-même nécessite qu’on emprunte chaque année 230 à 250 Mds € sur les marchés financiers, et pour lesquels nous payons plus de 46 Mds € d’intérêts en 2022, une charge d’intérêt qui augmenterait  de + 6 Mds en 2 ans s’il y a une augmentation de + 1 % des taux d’intérêt… hors avec l’inflation et la hausse des taux des Banques Centrales en 1 an, le taux des emprunts français est passé de 0,2 point à 3 points en moins d’un an !

 

            C’est dire, en peu de chiffres, l’urgence à raison garder en matière de dépenses publiques.

 

            > Rassurer sur l’avenir de chacun, en traitant enfin, et sur le fond la problématique du vieillissement de la population. Comment mieux rassurer qu’en assurant des revenus et une vie digne à qui ne travaille plus ?

 

            Cela passe évidemment par une réforme, lisible, qui consolide notre système de retraite par répartition, revalorise significativement les petites retraites et prenne en compte les carrières longues et la pénibilité des tâches. L’excédent de 2021, poussé par la forte croissance, ne doit pas faire illusion. Les travaux du Conseil d’Orientation des Retraites ne peuvent être niés, ils sont clairs : le système de retraite sera déficitaire déjà, selon les hypothèses, de - 0,5  à - 1 % du PIB (soit entre 20 et 30 Mds €) au début des années 2030.

 

            Rassurer passe aussi par la mise en place de la couverture du risque de la perte d’autonomie, le développement de l’aide à domicile, le renforcement du financement des Ehpads publics, et du contrôle des établissements indignes. Là sont à mes yeux des priorités fortes.

 

            > Enfin, car c’est le cœur de la République, il faut Rassurer sur « le vivre ensemble » demain, en dénonçant et combattant, sans faille et sans tabou, la violence qui se diffuse dans la société, et pas seulement, plus seulement, dans les faits divers. Des institutions ne sont plus respectées ; à l’école (comme nous l’avons vu ici même cet automne au lycée Zola) ou à l’Hôpital des actes de violence ont lieu ; quand ils interviennent policiers et pompiers sont agressés, des élus sont pris pour cible, parfois physiquement, et via les réseaux sociaux (qui offrent un honteux anonymat) sont insultés, dénigrés, réseaux sociaux qui deviennent un calamiteux déversoir d’antipathies et de haines par des médiocres et des couards qui prônent l’insulte pour mieux dissimuler leur incapacité d’agir ou leur volonté de détruire. Derrière tous ces comportements et ces mots, c’est la République qu’on menace. Et si certains n’ont pour espérance que le désordre, notre devoir de républicains, c’est de faire de l’ordre, de contenir et de combattre toute violence, et que chacun y prenne sa part.

 

            J’en suis convaincu, l’indispensable stabilité des institutions passe par un renforcement de l’unité nationale. On ne le cite plus guère et c’est bien dommage car il écrivit tant de choses justes : « Pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop » écrivit François Mitterrand. Aujourd’hui, il faut le proclamer aussi.

 

            Qui que ce soit demain ou après-demain aux responsabilités nationales, les dettes créées par les déficits, le financement du vieillissement, l’apaisement d’une société devenue trop violente, il faudra y faire face.

 

            Chacun dans la République a ses convictions, et c’est heureux : cela s’appelle la démocratie. Mais un mot m’en parait indissociable, celui de « responsabilité ».

 

            Le philosophe Max Weber distinguait, à juste titre, ce qu’il appelait « l’éthique de convictions » de « l’éthique de responsabilités », et, un autre philosophe, Denis Müller lui faisait écho en publiant, en 1998, « Les éthiques de responsabilité dans un monde fragile ». Ce monde fragile, Mesdames et Messieurs, nous y sommes. Et face à lui, Müller a raison de plaider pour, je cite, « une conception forte de la responsabilité ».

 

            Pour rassurer, il faut de l’unité face aux grands enjeux. Ce besoin d’unité républicaine que le Président de la République évoquât dans ses vœux, je le comprends et le partage. La dissension sème la désunion, et la désunion peut précipiter vers le chaos.

 

            Sur le plan politique, à un moment, j’ai pris mes responsabilités, et je ne le regrette pas, bien au contraire, quand je vois ce qu’est devenue la gauche de mon engagement d’hier.

 

            Je ne suis pas, et ne serai jamais, social-populiste, je suis social-démocrate, et fier de l’être !

 

            C’est en social-démocrate que je forme donc des Vœux pour que notre pays puisse affronter les défis que je viens d’évoquer. Allier raison et responsabilité, tel est le vœu le plus cher que je forme pour mon pays en 2023.

 

            C’est aussi en social-démocrate, en gestionnaire qui se veut raisonnable et responsable qu’avec mes équipes municipales successives j’ai conduit aux évolutions de Wattrelos, et qu’en 2023 je poursuivrai, avec l’Administration municipale, cette tâche avec cœur, enthousiasme et volonté.

 

            ● La 1ère bonne nouvelle de l’année pour Wattrelos, M. le Préfet, c’est l’INSEE qui me l’a apportée : la population wattrelosienne est en hausse ! 41 197 habitants ! Nous étions, point bas, 41 060 en 2021, alors que nous étions 42 753 en 1990.

 

            Ce chiffre de 41 197 habitants, « millésime 2020 » pour citer l’INSEE, en progression donc, n’est pas favorable que pour notre Dotation forfaitaire de l’Etat et nos finances, il marque aussi et surtout un retour à l’attractivité de la ville, et peut-être, je l’espère, la fin d’un déclin, et l’annonce d’une pente ascendante vers un renouveau durable.

 

            Le film de l’histoire de Wattrelos est celui d’une ville ouvrière, industrielle, durement secouée par l’effondrement de ses trois industries (chimique d’abord, textile ensuite, de VPC enfin) qui a laissé à la lisière des années 2000 des friches vides, des chômeurs en plus et des habitants en moins, des ressources saignées, et un habitat à rénover pour mieux correspondre aux besoins sociaux.

 

            Depuis 20 ans, l’enjeu pour mes équipes municipales successives, c’est de rompre la fatalité du déclin : accélérer les infrastructures routières pour faciliter la mobilité et améliorer l’attractivité du territoire , aménager 70 hectares de parcs d’activités, et traiter en profondeur, avec l’accueil de nouvelles entreprises et de logements supplémentaires 120 hectares de friches ; porter avec l’ANRU 1 puis l’ANRU 2 la rénovation urbaine des quartiers de Beaulieu et des Villas ; reconstruire le quartier ancien du Crétinier ; rénover puissamment le logement, en augmenter le nombre et la qualité ; reconstruire et rénover des écoles, et améliorer les équipements sportifs ; maintenir un haut niveau de service public, malgré la perte de ressources de la commune ; parier sur la réussite éducative, la culture, le sport, les associations, l’aide à nos jeunes et à nos aînés.

 

            Derrière ce projet, c’est un présent qui s’améliore, un avenir qui se reconstruit.

 

            En 2023, la mutation continue et cela va se voir encore : au Centre-Ville, après 360 logements livrés, les chantiers pour les 750 autres se poursuivent ; à la Lainière des permis de construire et des travaux annoncent de nouvelles entreprises et de nouveaux logements ; au Crétinier le PMRQAD prend forme, et aux Villas l’habitat ancien continue de se vider et de nouvelles constructions s’annoncent. A la Martinoire là aussi nouveaux logements et nouveau cadre de vie, comme les projets du Mont à Leux. En créant ces entreprises nouvelles et habitats nouveaux, nous redonnons à terme à Wattrelos ce qui lui a tant manqué : non seulement des emplois, mais aussi des ressources durables.

 

            Mais en 2023, dans le nouveau contexte que nous connaissons, notre équipe municipale a pris lors du Débat d’Orientations Budgétaires des options de prudence et de responsabilité. Elles sont au nombre de 4 :

                        face à l’explosion de nos dépenses énergétiques, et malgré le soutien de l’Etat, nous limiterons la croissance des dépenses de fonctionnement, pour avoir plus d’épargne pour nos investissements de demain ;

                        précisément, sur nos investissements, si nous différons la construction d’une salle de spectacles insuffisamment subventionnée pour être raisonnable financièrement, nous créons des conditions en accélérant la réduction de notre endettement (déjà régulière depuis 10 ans) de pouvoir participer demain au financement de la création d’une piscine métropolitaine à Wattrelos ;

                        pour 2023, et 2024, nous privilégierons les investissements de transition écologique ;

                        enfin, si nous le pouvons, nous réaffirmons notre volonté d’abaisser le taux de taxe foncière, pour conforter, là encore durablement, notre attractivité en même temps que le pouvoir d’achat des wattrelosiens.

 

            Tels sont nos projets : ce sont donc aussi nos Voeux pour 2023, des Voeux qui se veulent « rassurants » puisqu’ils poursuivent la modernisation de Wattrelos, et rassurent sur notre capacité à agir.

 

            Fussent-ils rassurants, ces vœux, ne manquent pas d’ambition. Du coup, nos relations avec nos partenaires sont essentielles !

            Avec la MEL, en premier lieu, notre partenariat est « étroit », et nos attentes importantes. Avant d’évoquer les dossiers structurants d’avenir, je me dois cependant de ne pas taire notre insatisfaction qui devient au fil des semaines un profond mécontentement avec la Bérézina que constitue l’application de la réforme des tournées de collectes des déchets ménagers ! Cela fait plus de 9 semaines que des tournées ne sont pas faites les bons jours, les bonnes heures, et parfois pas faites du tout pendant de longues semaines. Cette compétence déléguée n’est pas celle de la Ville, mais d’un prestataire mandaté par la MEL : celui-ci doit faire son job ! La ville qui, elle, est « à portée d’engueulade », n’a pas le droit d’intervenir, et rend compte au jour le jour des carences et des manquements : des efforts ont certes été faits, mais constater que « c’est partout pareil » - comme je l’ai lu - ne me console pas, non plus qu’aucun wattrelosien. Il faut que cela cesse et que cela revienne à la normale : nous le devons à nos concitoyens. Je ne sais pas si cette réforme est encore corrigeable ou si elle doit être retirée ; mais ce que je sais c’est que cette prestation est payée par les contribuables et par la MEL et qu’elle doit être effectuée !

 

            En droit administratif on appelle ça le dogme du « service fait », lequel a une contrepartie : si le service n’est pas fait, il n’est pas payé : A bon entendeur…

 

            Au-delà de ces incidents, aberrants, énervants, désolants (les adjectifs me manquent !) de l’actualité, avec la MEL nous travaillons bien et en confiance, à améliorer la ville en profondeur. Je ne reviens pas sur les grands aménagements du Centre-Ville, du site Lainière/Peignage, de celui de l’Union ou des Villas avec l’ANRU. Mais 2023 sera l’année :

            - de la poursuite des études dans le cadre du SDIT pour l’arrivée du tramway à Wattrelos (Beaulieu ou Centre-ville, les options restent sur la table) ;

            - de la poursuite des aménagements routiers, à la fois pour ralentir la vitesse sur les axes secondaires, et pour mailler un réseau de pistes cyclables sur un schéma intercommunal. A cet égard, je confirme que la Ville a répondu favorablement à l’Appel à Manifestation d’intérêt de la MEL pour le déploiement de vélos et trottinettes électriques sur son territoire ;

            - de la poursuite du traitement de fond de la friche Kuhlmann avec le chantier d’ampleur de relèvement et du nivellement de ses terrils qui se prépare ;

            - de l’avancée de l’agrandissement/rénovation de la station d’épuration du Grimonpont, des formalités juridiques de la création d’une zone d’épandage pour éviter les inondations, et ainsi des prémisses de la création d’une voie de desserte et de promenade – comme sur Leers, Cher Collège – sur le versant wattrelosien du canal ;

            - du lancement de l’agrandissement, enfin, du cimetière métropolitain, qui, sur 1 hectare, va créer 900 places supplémentaires d’inhumations possibles.

 

            Mais évidemment, ce qui, sans aucun doute, retiendra l’attention, c’est la mise en œuvre du « Plan Piscines 2 » de la MEL pour lequel je confirme avoir déposé d’ores et déjà la « Manifestation d’Intérêt » de Wattrelos, pour une piscine métropolitaine en contiguïté de la Cité des Sports au Crétinier, conformément aux prescriptions de l’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage que nous avions lancée il y a 18 mois. Si Wattrelos porte, avec convictions et enthousiasme ce dossier, pour l’apprentissage de ses scolaires et la pratique de ses clubs, si certains de mes voisins ont la volonté et la possibilité d’y participer avec nous, ils sont les bienvenus !

 

            Avec la Région, nous travaillerons à la refonte du Contrat de Ville, si précieux pour nos associations et pour les habitants de nos quartiers prioritaires, mais aussi à la multiplication d’actions favorables au Développement durable via notre stratégie « Ville Nature », à l’image, entre autres exemples, des deux micro-forêts urbaines qui vont être plantées ces tous prochains jours dans les quartiers du Touquet et de la Martinoire en lien avec nos écoles élémentaires.

 

            Le Département du Nord, lui, ne devrait plus tarder à engager la construction du collège Neruda, un collège qui portera un nouveau nom et dont, pour ma part, je préconiserai volontiers celui de Samuel Paty. Avec le Conseil Départemental nous voulons travailler également à renforcer les politiques d’aides et d’accompagnement des personnes en difficultés et ou handicapées, en particulier accroître l’efficience des dispositifs d’insertion.

 

            L’Etat, enfin ! Tout le monde demande tout à l’Etat, aussi M. le Préfet pourquoi me priverai-je de « faire comme tout le monde » alors qu’ici à Wattrelos il y a tant de besoins sociaux et financiers à satisfaire ?

 

            L’Etat, c’est vrai, n’est pas pingre avec ses collectivités : de mémoire de Maire je l’affirme, jamais un gouvernement n’a accordé autant de soutiens aux collectivités locales : Les dotations ne baissent plus, elles augmentent pour les communes les plus pauvres, même si j’aimerai que dans ce pays on pense plus « zones urbaines » que « zones rurales » car si je ne nie pas les difficultés des secondes, il faut bien admettre que ce sont dans les premières, et donc chez nous, dans nos villes, dans nos quartiers, que se concentrent les « bombes » sociales possibles de demain : pour les spécialistes, mon propos est donc de dire : la DSR c’est bien, mais la DSU c’est mieux !

 

            Président du Conseil de Surveillance du Centre Hospitalier de Wattrelos, de même, je le reconnais volontiers : jamais l’Hôpital n’a reçu autant d’argent des pouvoirs publics, que ce soit en fonctionnement qu’en investissement ! Mais, en ayant une pensée forte ce soir, pour nos soignants, la difficulté hospitalière majeure actuelle est celle des compétences et des possibilités de recrutements, que ce soit de médecins ou d’infirmiers. Sinon sur le plan financer, ça va.

 

            Alors, M. le Préfet, me direz-vous, n’aurai-je rien à vous demander ?

 

            Oh que si, vous le devinez bien. C’est qu’ici votre serviteur, et son équipe, ont les yeux de Chimène pour la DSIL, Dotation de Soutien à l’Investissement Local qui porte bien son nom, et surtout pour le « Fonds Vert », doté de 2 Mds €, dont le Gouvernement a annoncé le déploiement pour 2023 : et cela tombe bigrement bien, puisque, comme je l’ai évoqué il y a un instant, Wattrelos, dans le nouveau contexte financier et budgétaire actuel a décidé d’engager une accélération de ses investissements de transition écologique, et notamment d’économies d’énergie. La MEL fait déjà beaucoup avec son Fonds de Concours « Bas carbone » : avec le « Fonds Vert » de l’Etat, nous pourrions faire plus vite et donc mieux ! J’ai même cru lire que les crédits de ce « Fonds Vert » pouvaient abonder le financement d’équipements publics tels que… les piscines !

 

            M. le Préfet, vous l’aurez compris : pour dépenser utilement, vous pouvez compter sur Wattrelos ! Je ne vous dirai pas « je suis votre homme », mais « je suis votre Maire » ! Avec votre écoute, et votre très espérée bienveillance, vous me feriez passer de « vert d’espérance » à « vert de bonheur » ! Merci d’avance.

 

            Mesdames et Messieurs, vous l’aurez vous aussi compris, Wattrelos a des projets, pour 2023 (et bien au-delà !) et se mobilise pour les défendre et les réaliser, et, mais ça aussi vous le savez, ce que je viens de citer n’est pas exhaustif. Il y a bien d’autres enjeux en 2023, de sécurité scolaire, de vidéoprotection, de réussite éducative, d’emploi, de jeunesse, d’action sociale, d’aides à nos ainés avec notamment d’importants travaux de rénovation dans les Résidences Autonomie, ou d’aménagements et de cadre de vie.

            Mais pour que tout cela se fasse, puisse se faire, j’ai besoin, Wattrelos a besoin de vous ! Besoin de vos compétences, de votre engagement, de vos réflexions, de votre entregent, de votre talent à convaincre, de votre mobilisation pour nos dossiers, de votre présence sur le terrain, et donc Wattrelos a besoin de vous, en forme, heureux et en bonne santé.

 

            Aussi est-ce, comme à l’accoutumée, avec affection surtout et intérêt un peu, qu’au nom de l’Administration Municipale je forme des vœux très chaleureux pour chacun d’entre vous, des vœux de santé pour vous et vos proches, de bonheur petits et grands – ceux que vous vous fabriquerez en oeuvrant pour Wattrelos, mais aussi ceux personnels et familiaux avec celles et ceux que vous aimez – et si vous rencontrez la peine ou la tristesse au cours de cette année des voeux d’apaisement prompt et de quiétude rapidement retrouvée. Très bonne année 2023, sincèrement.

 

            De tout cœur, soyez heureux en 2023 ! Si vous l’êtes, nul doute que les Wattrelosiens le seront aussi.

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1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 13:35
Le retour au plein emploi est à portée de main. Mon discours lors de la cérémonie de remise des médailles du travail du 1er mai 2022

Madame la Députée,

Madame la Conseillère Départementale,

Chers Collègues, Mesdames et Messieurs,

Chers médaillés,

 

 

Vous recevoir ce matin en ce 1er mai est triplement symbolique : d’abord parce que c’est l’occasion de vous remettre dans un instant votre médaille du Travail ; ensuite de le faire le jour de la « Fête du Travail », celle où l’on fête celles et ceux qui oeuvrent, qui travaillent chaque jour pour gagner leur vie et celle de leur famille : enfin parce que ce jour est celui où traditionnellement on s’offre, à commencer à ceux que l’on aime, ce brin de muguet censé conférer du bonheur pour aujourd’hui et pour demain. Sans vouloir être trop long dans ma prise de parole, j’inscrirais donc mon propos dans ces 3 dimensions.

 

 

I – D’abord disais-je cette journée est la vôtre, celle de votre médaille

 

  •             C’est une tradition à Wattrelos que de procéder à la remise de la Médaille du Travail le 1er mai. Pourquoi ? Tout simplement pour vous mettre à l’honneur. Oui, vous mettre à l’honneur vous les médaillés des deux promotions du 14 juillet 2021 et du 1er janvier 2022.

 

Vous le valez bien ! Sur ces deux promotions vous êtes : 25 wattrelosiens médaillés « Grand Or », c’est-à-dire pour 40 années de travail ; 18 médaillés « Or », pour 35 années ; 22 médaillés « Vermeil » pour 30 ans ; et 40 médaillés pour 20 années de travail. Soit au total 105 médaillés pour, tous ensemble, 3 090 années de travail !

 

Comme j’aime les symboles qui marquent, retenez celui-là : si vous aviez commencé à travailler les uns après les autres, le premier d’entre vous aurait commencé à travailler … 1 000 ans avant Jésus-Christ !

 

Alors, Mesdames et Messieurs, respect ! Par ma voix votre municipalité tient à vous féliciter pour toutes ces années, vous dire son respect, et notre reconnaissance car quelle que soit votre profession, votre quartier, vos activités associatives ou personnelles, que vous ayez toujours vécu ou plus récemment à Wattrelos, vous avez apporté votre contribution à l’évolution de Wattrelos, à ses changements, à sa modernisation et à ses progrès.

 

  • La médaille d’Honneur du Travail, rappelons-le a été créée par un décret du 15 mai 1948, lequel fusionnait en une seule et même décoration la médaille d’honneur du Ministère du Commerce et de l’Industrie, et celle du Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale : la première avait été créée en 1886, à l’époque du développement de l’industrie, la seconde en 1913 avec la progression des lois sociales, une médaille que l’histoire avait dénommée en expression courante, la médaille des « vieux serviteurs ».

 

Au-delà de cette parenthèse historique, que faut-il retenir ? Eh bien que cette médaille a pour but d’assurer la reconnaissance par la République de l’ancienneté et de la qualité des services d’un salarié, et en l’occurrence les vôtres Mesdames et Messieurs. Et s’agissant d’une distinction honorifique, il s’agit bien en vous épinglant cette médaille, j’ai bien conscience de son importance.

 

  • Car cette médaille n’est pas qu’un bout de métal accroché à un morceau de tissu. Elle est bien plus que cela : elle est vous, elle est votre vie.

 

Elle est votre vie professionnelle, et quand on sait la part qu’a notre vie professionnelle dans une journée, et donc dans notre vie de chacun, il est plus que vrai que cette médaille raconte votre vie !

 

Elle raconte la sortie d’école, le premier emploi, les premières joies, les premières désillusions. Elle raconte les apprentissages, les formations, les rencontres sur le lieu de travail, les amitiés, parfois les amours. Elle raconte les mutations, les changements de poste, les tensions sociales parfois, les colères, les conflits, mais aussi les moments de bonne humeur, les sorties ou papotages entre collègues, les vacances, la scolarité des enfants qu’on se raconte, les évènements familiaux qu’on partage, car la vie au travail c’est aussi une vie sociale.

 

Mais cette médaille raconte aussi les levers au petit matin, les départs pour le bureau ou l’atelier par tous les temps, les retours le soir, la difficile conciliation entre les horaires de travail, ceux de l’école, du conjoint ou les problèmes de courses ou de vie quotidienne.  Elle raconte encore les pièces à produire, ou les dossiers à remplir, ou les clients à satisfaire, les nouvelles fabrications qui ne peuvent attendre, les nouvelles techniques informatiques ou de management à mettre en oeuvre, la réussite de l’action individuelle ou collective demandée.

 

Cette médaille, elle est la fatigue de votre labeur et la satisfaction de votre travail accompli.

 

Aussi cette médaille, soyez en fiers. Arborez-la, exhibez-la, affirmez-la ! Elle est votre vie, et évidemment, c’est d’autant plus vrai pour les médaillés « Grand Or » et « Or », car elles seront peut-être les dernières avant la fin de votre activité professionnelle, et votre droit à une retraite bien méritée. Et pour celles et ceux mis à l’honneur pour vos 20 ou 30 années, cette médaille se veut autant qu’une reconnaissance une étape importante de votre vie.

   

 

 

II – Cette médaille, à Wattrelos, la tradition est de vous la remettre le 1er mai, jour qui fait référence au 1er mai 1884 où les syndicats ouvriers américains décidèrent de se mobiliser afin de revendiquer la journée des 8 heures (ce qu’ils obtiendront en 1886), un 1er mai qui est devenu à partir du 1er mai 1890 jour de manifestation ouvrière en France.

 

Le 1er mai est une journée historique pour le monde du travail. Nul n’a oublié le 1er mai 1891 où, à Fourmies, l’armée tire sur des manifestants venus réclamer la libération de grévistes interpellés, faisant 9 morts, dont un enfant et 4 jeunes femmes avec parmi elles Maria Blondeau à qui notre municipalité a décidé de donner, en hommage, le nom d’une rue.

 

On se souvient aussi de la grande manifestation du 1er mai 1906 à Paris, toujours sur le thème de la journée des huit heures, où les heurts furent tels entre police et manifestants que 800 personnes furent arrêtées.

 

On se souvient aussi du 1er mai 1919 où la loi légalise la réduction du temps de travail à 8 heures par jour, un 1er mai dont le Gouvernement issu de la Résistance reconnaitra en 1946 le caractère chômé, et qui deviendra férié et chômé en 1948, ce qu’il est resté depuis lors.

 

 

 

III – Pour autant, autour de cette journée de 8 heures, tout au long du XXème siècle, et en ce début de XXIème, le monde du travail a beaucoup changé.

 

Il y a quelques années encore, une forme de fatalisme frappait le monde du travail : Avec la désindustrialisation, certains auteurs prévoyaient « une France sans usines » ; avec les nouvelles technologies, d’autres n’hésitaient pas à « Réinventer le travail sans l’emploi ».

 

Aux inquiétudes de robotisation, d’automatisation, de flexibilité et de libéralisation d’avant-hier, ont succédé celles de la fragmentation, de la préconisation, et de l’uberisation.

 

C’est dans ce contexte que la crise sanitaire a rebattu les cartes en profondeur.

 

D’abord sur le front de la création d’emplois.

 

Qui l’aurait cru à l’été 2020, quand la plupart des économistes prévoyaient un tsunami de licenciements ? L’INSEE annonçait alors redouter 800 000 destructions d’emplois. Aujourd’hui l’emploi salarié a à l’inverse franchi la barre des 20 millions d’emplois, un niveau jamais atteint !

 

Certes, avant le déclenchement de la crise, il y avait eu des réformes en profondeur, telles les Ordonnances de 2017, des freins levés à l’embauche, la baisse des cotisations sociales, et donc du coût du travail, la réforme de l’apprentissage, les primes à l’embauche du plan de relance.

 

Et pour aider à sortir de la crise, il y eut le « quoi qu’il en coûte », le soutien aux entreprises et aux salariés avec les Prêts garantis, le Fonds de solidarité, la prise en charge massive et durable du chômage partiel. Le tissu productif a été protégé ; il a surtout pris conscience de ses faiblesses.

 

Mais la crise sanitaire, par-delà les douleurs et souffrances qu’elle a occasionné dans les cœurs et dans les corps, aura eu sur le plan économique un effet inattendu : elle a provoqué une prise de conscience collective majeure qu’avoir des productions, et donc des usines, sur notre territoire, était indispensable, que le retour à une plus forte indépendance économique et énergétique était fondamental. De vastes moyens dans les plans successifs, comme par exemple les 100 Mds € du Plan de Relance, ont boosté ainsi les investissements et la recherche, et relocalisé en France ou en Europe des productions qui jusqu’alors se faisaient ailleurs.

 

Il y a aussi eu une prise de conscience d’une indispensable mobilisation pour augmenter l’accès à l’emploi des Français : maintenant que le plein emploi est possible, il faut y arriver, et pour cela augmenter l’employabilité en adaptant les compétences.

 

Le taux d’emploi des 15-64 ans est de 67 % en France, contre 76 % en Allemagne. C’est la désindustrialisation d’hier qui explique que ce taux d’emploi soit chez nous inférieur de 9 points de ce qu’il est en Allemagne.

 

Tous les modèles économiques le pointent : si nous avions le même taux d’emploi que nos voisins d’Outre-Rhin, nous aurions en France une production plus forte (et donc des revenus plus élevés), des recettes fiscales plus fortes pour l’Etat (et donc un déficit et une dette publics plus faibles), et une balance commerciale plus favorable.

 

C’est dire l’enjeu de l’amélioration des compétences, des savoir-faire, et donc de la formation.

 

C’est dire l’importance de l’aide au retour à l’emploi : d’où l’intérêt de la création de « France Travail », qui remplacera Pôle Emploi, pour mieux coordonner les acteurs chargés de l’emploi ou de l’insertion, et notamment rapprocher Pôle Emploi et le système de formation professionnelle.

 

C’est dire l’intérêt du « contrat d’engagement » mis en place pour les jeunes, car il permet de ramener rapidement les jeunes vers un emploi.

 

C’est dire l’intérêt des progrès considérables réalisés sur l’apprentissage : s’il n’étaient que 200 000 il y a quelques années, ce sont dorénavant 720 000 contrats d’apprentis signés.

 

C’est dire l’intérêt de renforcer tout ce qui améliore l’orientation des jeunes, ou les lycées professionnels.

 

Cette question du taux d’emploi est la clé de notre avenir collectif. J’en suis convaincu : aller vers le plein emploi, travailler plus nombreux, pour produire plus est la condition pour vivre individuellement et collectivement mieux, et pour éviter de payer plus demain. L’allégement des dettes d’hier passe par l’emploi de demain.

 

A Wattrelos aussi notre mobilisation est complète et nous œuvrons dans 3 directions :

 

  • accueillir de nouvelles entreprises et aider celles déjà présentes dans leurs projets d’investissements : qui ne peut se féliciter de l’arrivée de Log’s, grand logisticien national, à Wattrelos qui vient d’y ouvrir 122 000 m² de bâtiments, 10 % de sa force de frappe nationale et y créera 400 à 500 emplois ? Sur le site de la Lainière 2022-2023 verront s’installer les premières entreprises, redonnant à ce site une part des emplois perdus en 2004, enfin !

 

  • se mobiliser sur la jeunesse avec une Mission Locale qui ne cesse de conforter son implantation, comme à Beaulieu l’an dernier, et de développer des forums pour l’emploi et ses projets, à tel point que le nombre des demandeurs d’emploi moins de 25 ans aura diminué de 50 % en 10 ans sur notre ville !

 

  • être vigilant sur la formation, par exemple via l’OMEP notre outil de formation permanente, et l’insertion des personnes les plus éloignées de l’emploi.

 

Développer et ouvrir le réseau routier pour améliorer l’attractivité du territoire pour les investisseurs et favoriser la mobilité des salariés ; aménager 70 hectares de parcs d’activités ; traiter et redonner un présent et un avenir aux 90 hectares de friches industrielles textiles d’hier pour améliorer le cadre de vie et si possible y faire renaître des activités économiques en même temps qu’en y construisant des logements si nécessaires aux wattrelosiens ; agir vite pour assurer la reconversion des 35 hectares de bâtiments et espaces laissés en friche par le départ de la Redoute : le travail des élus et du maire que je suis n’a assurément pas manqué toutes ces années, mais mon énergie n’avait qu’un seul but, un seul objectif : l’emploi ! Un travail pour les wattrelosiennes et les wattrelosiens, pour leur donner le moyen de vivre dignement et d’élever leur famille.

 

*

 

Mesdames et Messieurs, Cher(e)s Médaillé(e)s, elle peut paraître comme un symbole heureux en cette Fête du Travail : l’annonce ces tous derniers jours d’une baisse de – 5 % du  nombre de demandeurs d’emploi au 1er trimestre 2022, après la baisse de - 5,7 % au 4ème trimestre 2021, soit une diminution de 360 000 demandeurs d’emploi en 6 mois ! Elle est de fait le message clé de ce 1er Mai 2022 : le retour au plein-emploi n’est plus utopique, il est à portée de mains…

 

Alors, proclamons, revendiquons plus que jamais en ce 1er Mai 2022 le droit au travail pour toutes et tous. Et que ce brin de muguet que nous humons tous avec bonheur, et que dans un instant je vous offrirai, Chèr(e)s Médaillé(e)s, soit gage d’une bonne retraite pour celles et ceux parmi vous pour qui elle approche, d’une bonne continuation pour celles et ceux qui ont encore à travailler, et de bonheur pour toutes et tous. Bonne Fête du 1er Mai !

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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 08:43
Mon discours de la cérémonie des Jubilaires de Pâques le 18 avril 2022

Bien Chers Jubilaires,

Mesdames, Messieurs,

 

                  « Aimer, aimer, tout le reste n’est rien » : avec quelques mots simples, Jean de La Fontaine aura écrit une phrase parmi les plus belles, les plus fortes de la langue française, et si, en écho, je cite Alfred de Musset qui, lui, écrivit « Et vous aurez vécu, si vous avez aimé », j’aurai trouvé pour vous accueillir, Chers Jubilaires, les deux phrases qui vous vont le mieux.

 

                  A Wattrelos, dans « une ville au cœur qui bat », on aime qu’on s’aime ! Depuis 1952, 1957, 1962 ou 1972 qui furent l’année de votre mariage, sur une terre de labeur, ouvrière, industrielle comme la nôtre, nous savons tous que sur une telle durée il y eu des moments difficiles, des peines, des douleurs ; guerres de décolonisations, crises économiques, sociales, fermetures d’usines, problèmes de santé ont pu obscurcir parfois votre ciel. Des doutes, des découragements, ont pu çà et là exister, et c’est bien normal, c’est humain ! Mais après les nuages et les orages, l’horizon s’est dégagé, le bien être est revenu, vous avez poursuivi votre route. Comment avez-vous eu une telle force pour affronter les obstacles ? Par amour tout simplement…

 

                  Parce que vous savez que c’est LUI, parce que vous savez que c’est ELLE. Parce qu’il est votre chemin, parce qu’elle est votre force. Parce que votre cœur s’accélère quand l’autre est là, parce que le jour n’a plus de saveur et qu’il vous manque tant quand votre double n’est pas près de vous.

 

                  Parce que, comme l’écrivait Alfred de Musset « Je ne sais pas où va mon chemin mais je marche mieux quand ma main serre la tienne »…

 

                  Et vous marchez, et vous la serrez cette main, et cela dure depuis tant d’années !

 

                  C’est pour vous rendre hommage, à vous, à votre amour, à ces années passées, à ces obstacles franchis, à ce bonheur vécu, que cette cérémonie existe. Pour vous. Rien que vous vous.

          Par précaution sanitaire, cette cérémonie se déroule à nouveau au Centre socio-éducatif devenu Hôtel de Ville pour quelques heures. Mes services ont veillé à ce que néanmoins le décor pour vous accueillir soit aussi solennel que possible, et digne de vous. Je les en remercie chaleureusement : ils ont fait du beau travail.

 

          Avec mon équipe, je veux que cette journée pour vous soit magnifique.

 

          Magnifique, elle l’est pour moi, pour tout notre Conseil Municipal qui, par ma bouche, tient à vous exprimer mon profond respect et notre affection : par votre amour inaltérable, vous faites honneur à Wattrelos ! Cela vaut bien que notre ville vous fête.

 

          Magnifique, cette journée l’est aussi pour votre famille, vos enfants, vos amis, tous ceux qui vous aiment, tant ils ont envie, eux aussi, de vous dire leur affection et leurs congratulations : ils ont vécu avec vous beaucoup de choses, et votre amour, ils l’ont si souvent partagé que leur plaisir est grand de pouvoir aujourd’hui vous en féliciter.

 

          Mais cette journée, je le sais, est magnifique surtout pour vous, elle est la vôtre ! Vous y pensez depuis longtemps, pas simplement comme un cap à franchir, comme une reconnaissance. La reconnaissance que, comme le disait la sublime Michèle Morgan, « le bonheur existe. Il est dans l’amour ».

 

          Alors je vous propose que chacun de vos bonheurs je les retrace maintenant successivement, en commençant bien sûr par là où tout a commencé : l’année de votre mariage.

 

 

● Mesdames et Messieurs, Chers Collègues, évoquons donc d’abord bien sûr l’année 1952, avec surtout quelque chose d’exceptionnel dans la vie du maire que je suis et aussi dans la vie en général : c’est un couple exceptionnel que nous accueillons ! En effet, très Chère Arlette, très Cher Jean, c’est la 4ème fois qu’avec les élus municipaux je vous reçois pour vos Jubilaires : ce fut pour vos 50 ans, puis 60, puis 65 ans de mariage, et ce matin, vous qui avez bien connu et fréquenté mes parents, croyez-bien que c’est avec un infini bonheur que je vous accueille pour vos 70 ans de mariage !!!

 

C’est tant d’amour qu’une telle vie, un tel destin ! Vous êtes le seul couple à célébrer ce jour vos noces de platine, et nul doute que, Cher Jean, avec votre passé sportif, vous goûtez avec délectation votre première place conjugale sur le podium !

 

Chère Arlette, Cher Jean, c’est une belle histoire superbe que la vôtre, et nous vous admirons, je vous admire personnellement tant ! J’aurai tant aimé que mes parents, vos amis, m’offrent cette joie… Quelle aventure que votre vie !

 

En 1952, la situation internationale connait des soubresauts, notamment avec l’Union soviétique qui impose le rideau de fer en RDA et abat des avions de ligne européens, ou la nervosité des Etats-Unis avec la Chine et surtout la Corée qu’ils bombardent. Eisenhower est élu Président cet automne-là.

 

La France, où Edgar Faure est Président du Conseil, doit faire face à des attentats et tensions en Indochine, mais aussi en Tunisie et au Maroc. Dans un autre registre, Antoine Pinay lance son trop célèbre Emprunt d’Etat indexé sur l’or, et Renault ouvre son usine de Flins et y fabrique ses emblématiques « Frégate ». Autre caractéristique de cette année, il fait très chaud l’été 1952 !

 

Chers Jubilaires, vous aurez sans nul doute surtout retenu que l’année s’ouvre sur la mort du Roi d’Angleterre, George VI, et l’arrivée au trône d’une jeune reine Elisabeth II : son jubilé est le vôtre, vous qui avez aussi 70 ans de règne au royaume du Cœur !

 

Le sportif que vous êtes, Cher Jean, n’aura pas oublié les Jeux Olympiques d’Helsinki cette année-là, ni que Rik Van Steenbergen gagne le Paris-Roubaix dans un duel acharné avec Fausto Coppi, lequel prend sa revanche en gagnant le Tour de France !

 

Si cette année-là, à la télévision Jean Nohain lance ses « 36 chandelles », Fernandel tourne « Le petit monde de Don Camillo ». Au cinéma on passe des films avec des couples prometteurs, tels le sensuel « Le Plaisir » de Max Ophüls avec Gaby Morlay et Danielle Darrieux, l’inoubliable « Casque d’or » avec Serge Reggiani et Simone Signoret, « Le Train sifflera 3 fois » avec Gary Cooper et Grace Kelly, ou encore le fulgurant et séduisant « Fanfan la Tulipe » où Jean/Gérard Philippe vibre d’amour pour son Arlette/Gina Lollobrigida.

 

Si vos cœurs chavirent, les temps sont encore difficiles pour les wattrelosiens en 1952 : quêtes et manifestations de bienfaisance sont nombreuses, les rues sont encore souvent en terre, peu sont macadamisées et la ville souffre de nombreux vols… de vélos !

 

Mais le goût de la fête et de revivre après les années de guerre est aussi très présent : kermesse au Nouveau Laboureur, fêtes de la rue Gabriel Péri et élection du « maire de la commune libre », réjouissances champêtres à la Baillerie et aux Couteaux, fêtes du Plouys, marché aux fleurs, fête des écoles… C’est aussi l’âge d’or de la Bourle, avec en particulier les Sans souci du Nouveau Monde et les Boxeurs de Beaulieu de Marcel Buyck que, j’en suis sûr, vous avez bien connu Cher Jean ; des bourleux que le maire de l’époque Albert D’Hondt reçoit officiellement à l’Hôtel de Ville.

 

          Le Cardinal Liénart, lui, vient inaugurer l’école maternelle Sainte-Thérèse au Laboureur, et la Maison de l’Enfance reçoit la visite de Prince Louis Napoléon ! Au Sapin Vert, des habitants gagnent à la loterie nationale un gros lot de 800 000 francs.

 

          Tout cela, Chers jeunes époux, vous importe sans doute peu ; le gros lot c’est vous qui l’avez, et pour la vie ! Certes Arlette, vous n’avez certainement pas écouté ceux qui, comme Georges Brassens, vous prévenaient d’un « Gare au gorille » ; pour vous, comme pour Line Renaud, votre Jean, il est votre « P’tite folie », votre « petit grain de fantaisie », lui « qui bouleverse », lui « qui renverse »… mais que vous « aimez à la folie ». Il est « cet air qui vous obsède jour et nuit » que chante Edith Piaf, laquelle comme vous se marie cette année-là.

 

          C’est que la mélodie se fait romantique en 1952. Bien sûr, il y a Patachou qui vante « le bonheur d’avoir un mari bricoleur », il y a la môme Piaf qui avec son époux, Jacques Pills enregistre « Et ça gueule ça Madame » ; il y a même Pierre Dudan qui peut faire réfléchir un fiancé quand il interprète :

« Qui c’est qui t’aime comme un caniche / Moi… moi

Qui te fait des doux yeux de biche / Moi… moi

Qui c’est qui trime qui fait le ménage

Et quand tu lis te tourne les pages

Qui c’est qui bosse pendant la semaine

Même le dimanche quand tu te promènes »… évidemment « Moi… moi ».

 

          Tout un programme ! Mais cela ne vous décourage pas Cher Jean.

 

          Avec André Claveau, tel « un ver de terre / amoureux d’une étoile », vous lui offrez « Deux chaussons de satin blanc », vous lui promettez cette « Route fleurie » que chantent Georges Guétary, Annie Cordy et Bourvil ; vous lui expliquez avec Luis Mariano que « L’amour est un bouquet de violettes » et l’invitez à « cueillir ensemble ces fleurettes ».

 

          Mais surtout tous deux, vous partagez cette promesse de Lucienne Delyle :

« Tant que nous nous aimerons

Sur la route du bonheur

Deux étoiles brilleront

Pour éclairer nos deux cœurs

Tant que nous nous aimerons

Nous aurons toujours vingt ans »…

 

          Lucienne Delyle est aussi l’inoubliable interprète, joli symbole, de « Mon amant de Saint Jean » ! Vous voyez comme le monde est parfois bien fait.

 

          Chère Arlette, Cher Jean, du fond du cœur, très très bel anniversaire de 70 ans de mariage !

● Cinq ans plus tard, voilà l’année 1957 et deux couples que j’ai déjà aussi accueillis il y a 5 ans pour leurs noces de diamant, Gisèle et René, Nicole et Emile, et qui célèbrent cette fois leurs noces de palissandre, 65 ans de mariage ! Vous vous suivez avec Arlette et Jean ! Et ce n’est que du bonheur de vous retrouver tous ici réunis devant nous avec cinq ans de plus !

 

Je vous ai donc déjà rappelé ce que fut cette année 1957 où vous vous épousâtes, mais je vais le refaire ce matin.

 

1957, pour la jeunesse wattrelosienne, ce sont deux grands moments.

 

Le premier, c’est l’Algérie, une guerre qui ne dit pas encore son nom, qui de crise en crise fait tomber les gouvernements (celui de Guy Mollet tombera cet été-là), qui d’attentats en arrestations crée une terrible actualité, et surtout qui enrôle les jeunes hommes de longs mois pour aller combattre, les éloignant de leurs proches, et laissera sur les corps et dans les têtes des blessures qui ne cicatriseront jamais. En décembre, la France mobilise 400 000 hommes.

 

L’autre moment en 1957, davantage porteur d’espoir, est la création du Marché Commun à Rome ; 6 Etats-membres s’unissent pour développer les économies et consolider la paix : ils sont dorénavant 27 dans l’Union Européenne. Pas sûr que, tout jeunes et dans vos émois, Chers Jubilaires, vous ayez senti alors l’importance de ce qui se jouait là.

 

Vous avez peut-être été plus intéressés par le lancement du premier satellite Spoutnik, puis du premier animal dans l’espace, la chienne Laïka. Et vous avez sans doute vibré avec Jacques Anquetil qui gagne le Tour de France.

 

Peut-être avez-vous été touchés par les disparitions d’Humphrey Bogart, de Sacha Guitry, ou, Mesdames, de Christian Dior. A la télévision ce sont les premiers épisodes de « Zorro ». Au cinéma « Le Pont de la Rivière Kwaï » ou « Sissi face à son destin » vous divertissent, et « Et cas de malheur », avec Jean Gabin et Brigitte Bardot vous… comment dire… vous émeut.

 

A Wattrelos, en cette période, la population augmente rapidement, les écoles ne sont pas assez nombreuses, on compte plus de 40 élèves par classe, et la ville manque d’eau potable.

 

En avril, la ville achète « l’Hôtel du Carillon » à Wimereux pour accueillir des colonies de vacances. Mais surtout c’est la visite de celle que je citais tout à l’heure, la reine d’Angleterre Elisabeth II à la Lainière qui marquera les esprits.

 

Et aussi, fin mai, la mort d’un de mes prédécesseurs, Albert D’Hondt : élu au Conseil municipal en 1925, adjoint en 1935, il est maire depuis 1947 et meurt à à peine 68 ans. Jean Delvainquière est alors élu dans une atmosphère que la presse qualifie alors de « fiévreuse ».

 

Mais votre fièvre à vous, Gisèle et René, Nicole et Emile, n’a rien de politique. Elle est toute autre. Par respect pour vos rhumatismes d’aujourd’hui je n’évoquerai pas vos déhanchements d’alors sur les musiques de Bill Haley, Buddy Holly, Elvis Presley et Chuck Berry. Je ne crois pas davantage, Gisèle et Nicole, que vous partagiez la préoccupation de Coccinelle qui, alors, chantait :

« Je cherche un milliardaire,

Un type riche qui voudra bien de moi

Qui aurait pour bibi beaucoup d’égards »…

                   

          Et je ne pense pas, René et Emile – quoique – vous écoutiez ceux qui vous vantent « cigarettes, whisky et p’tites pépées », vous savez cette chanson qui vous promet « une blonde à mes lèvres, et l’autre dans mes bras ! »

 

          Heureusement, cette chanson a une morale puisqu’elle reconnait que « les p’tites pépées c’est fatal pour le cœur ».

 

          Eh non, vous êtes fleur bleue à l’époque, Chers Jubilaires. Ah Messieurs, vous n’êtes encore que des « Bambino », et comme Dalida, vos parents vous préviennent « Je sais bien que tu l’adores / et qu’elle a de jolis yeux / mais tu es trop jeune encore ».

 

          Trop jeunes ? Trop jeunes ? C’est mal connaître René et Emile ! Intrépides, ils attaquent,… il faut dire que Magali Noël les encourage :

« Fais-moi mal, Johnny

Envole-moi au ciel

Moi j’aime l’amour qui fait boum…

Et de préciser :

« Il m’a suivi jusqu’à ma piaule

Et j’ai crié, vas-y mon loup ! »

 

          Et si Louis Lafforgue vous vante les attraits de « Julie la Rousse », celle « dont les baisers font oublier », la chanson que fait chanter Jean Constantin à Zizi Jeanmaire « Mon truc en plumes » vous questionne. Qu’est-ce donc ? Un truc en plumes, c’est…

« C’est très malin,

Rien dans les mains

Tout dans le coup de rein »

« Ca vous caresse

Avec ivresse

Tout en finesse. »

 

          Et vos questions René et Emile se font pressantes quand la chanson se termine par « Viens mon brigand

Dormir dedans

C’est pas sorcier

Viens l’essayer ».

 

          Alors, c’est dit ! Avec de tels encouragements, je comprends que Gisèle et Nicole aient pu trouver avec Dalida que « Depuis toujours j’avais rêvé d’un ange / Mais avec toi, vraiment ça me change. »

          Mais à l’un et à l’autre, elle complétait : « Tu as des petits à côtés / qui m’obligent à te pardonner. »

 

          Et voilà que les couples se forment, qu’à deux vous entonnez avec Guy Béart « Qu’on est bien dans ces bras-là » ; avec le Père Duvan « Qu’est-ce que j’ai dans ma p’tite tête / A rêver comme ça le soir ». Et René et Emile, vous êtes convaincus comme Jean Bertola : « Dans tes draps blancs dès ton réveil / les yeux de ta femme sont comme des soleils. »

 

          Charles Aznavour vous donne un projet de vie : « Quand l’amour sur vous se penche / pour vous offrir des nuits blanches », alors Chers Jubilaires, 65 ans après, comme dit la chanson « Y’a plus rien à regretter. »

 

          Car l’un à l’autre, l’un pour l’autre, vous pourriez reprendre cette chanson de Gilbert Becaud : « Comme l’argile / comme l’insecte fragile / comme l’esclave docile / je t’appartiens... » Vous vous appartenez l’un l’autre, et maintenant vous le savez, ce sera pour toujours !

 

          Très Bon Anniversaire de palissandre, Gisèle et René, Nicole et Emile !

          ● L’année 1962 est celle du mariage de nos 8 couples qui, ce matin, fêtent leurs noces de diamant ! Ne nous y trompons pas, si l’année 1962 s’ouvre sur le lancement du paquebot France pour sa première croisière vers les Canaries, l’actualité loin d’être souriante est contrastée.

 

          Au niveau international, c’est tendu plus que jamais. Le projet d’installation de fusées soviétiques pointées vers les États-Unis suite à un accord entre Fidel Castro et Nikita Khrouchtchev, provoque « la crise de Cuba », qui a failli précipiter le monde dans une 3è guerre mondiale ! Depuis 1945, on n’en a jamais été si proche.

 

          En France, bien sûr, l’actualité majeure reste la crise algérienne, mais cette fois pour son dénouement. Après tant d’années de conflit, et alors même qu’aux attentats de l’OAS répondent des manifestations anti-OAS, les Accords d’Evian sont signés, et le cessez-le-feu ordonné par le général Ailleret le 19 mars 1962 sonne le repli. Le peuple français les approuve par référendum. Le service militaire passe de 26 à 24 puis à 18 mois. Les généraux Salan et Jouhaud sont arrêtés. Georges Pompidou devient Premier Ministre. Et si en Algérie des mois de terreur suivront encore, l’indépendance sera proclamée en juillet.

 

          Après cette guerre qui se termine enfin, d’autres soubresauts secouent le pays : le Général de Gaulle échappe de peu à un attentat au Petit-Clamart, l’Assemblée nationale est dissoute, la Cour militaire de Justice abolie, et un référendum acte l’élection du Président de la République au suffrage universel… que nous connaissons toujours.

          Tout cela ne fait pas une toile de fond apaisée pour nos jeunes tourtereaux qui apprendront aussi en 1962 les premiers essais atomiques de la France au Sahara, un tremblement de terre qui fait 20 000 morts en Iran, le crash à Orly du Boeing Atlanta-Paris, le suicide en août de Norma Jean dite Marylin Monroe ou la mort de l’ancien Président René Coty.

 

          Heureusement que cette année-là, en sport, les français raflent la mise. Le XV de France de rugby gagne le Tournoi des 5 Nations. Michel Jazy bat le record du monde du 3 000 mètres. Jacques Anquetil (encore lui) gagne son 3è Tour de France, après une âpre compétition avec Rik Von Looy et Raymond Poulidor ; et Jean Stablinski est champion du monde de cyclisme sur route.

 

          A la télévision c’est le premier jeu d’Intervilles, et surtout la première diffusion (qui durera jusqu’en 1976 !) de « Bonne nuit les petits »… mais ça ne devait pas être je crois, Chers Jubilaires, votre émission préférée.

 

          A Wattrelos, à la cérémonie des jubilaires il n’y a que 4 ménages reçus à l’Hôtel de Ville. Très rurale encore la ville connait en septembre une procession des moissons. On macadamise nombre de rues au Laboureur et autour de la rue Gabriel Péri, et on se plaint des problèmes de circulation et des bouchons dans le Centre-ville : ainsi, devant le Coin Fleuri d’aujourd’hui, Nord Eclair pointe à l’heure d’affluence 4 autos, 3 vélos et 6 mobylettes ! Aujourd’hui on en rirait, à l’époque on en râlait !

 

          En juillet, le Maire Jean Delvainquière annonce le lancement du projet de ZUP à Beaulieu, provoquant immédiatement des protestations et la création d’un Comité de défense.

 

          Les réfrigérateurs, les essoreuses, très prisés… sont les lots les plus courus dans les lotos et tombolas : le monde moderne de l’électroménager monte en puissance, et un nouveau supermarché s’installe au Laboureur dans l’ancien cinéma Métro. La vie associative, les petits bals et fêtes sont légion ; on aime s’amuser en 1962, et on aime le sport : le derby de l’US et du Sporting est un évènement qui réunit plus de 1 000 spectateurs ! Et, une belle nouvelle, le 21 décembre Wattrelos s’enrichit de sa première centenaire de l’après-guerre, Stéphanie Deprez : ce n’était plus arrivé depuis 1935 !

 

          Mais en 1962, vous les jeunes amoureux, vous avez d’autres pensées. Deux prénoms s’illustrent cette année-là : Lucky Blondo chante la jolie petite Sheila, ce qui donnera son nom de scène à une jeune vendeuse de bonbons, Annie Chancel ; et surtout sœur Sourire vante les mérites de « Dominique » (je ne la démentirai pas).

 

          Bon, votre amoureuse ne s’appelle pas Sheila, Messieurs, et Mesdames votre amoureux ne s’appelle pas Dominique, quelle importance ? Danny Boy (et ses pénitents) ne chante-t-il pas « Croque la pomme »… ? Tout un programme !

 

          Bien sûr Messieurs, vous entendez bien la nouvelle star Claude François vous dire qu’elles sont toutes « Belles, Belles, Belles », mais vous vous en connaissez une plus belle, LA plus belle de toutes ; et si Charles Aznavour vous exhorte « Il faut savoir », vous vous savez ! Il se passe quelque chose : c’est ce « premier amour » que chante Isabelle Aubret à l’Eurovision :

« De tous ces baisers qu’on s’est volés plus que donnés

Ces gestes innocents nous engageaient pour si longtemps »,

Et, comme elle le dit, « un premier amour ne s’oublie jamais ».

 

          L’un et l’autre, aujourd’hui encore, vous n’avez rien oublié ! Bien sûr, ce Richard Anthony qui entendait « siffler le train », Mesdames, ça vous donnait des envies, des idées de voyages, et vous rêviez déjà de voir ce « Mexicain basané » allongé au soleil de Marcel Amont, avec un sombrero sur le nez « en guise, en guise, en guise de parasol ». Oui, mais voilà qu’avec Pierre Perrin, votre chéri vous répond :

« Tout ça n’vaut pas

Un clair de lune à Maubeuge

Tout ça n’vaut pas

Le doux soleil de Tourcoing (coin-coin) ».

 

          Vous, Messieurs, aviez-vous vraiment les mêmes envies ? Ecoutiez-vous chastement Brigitte Bardot chanter « Sidonie », « Parce que pour elle être nue / Est son plus charmant vêtement ». Et aujourd’hui ne vous remémorez-vous pas cette chanson de Michel Simon :

« Tu t’en souviens de notre belle époque

C’était la première fois qu’on s’aimait pour de bon

Tu t’en souviens comme t’as fait des histoires

Pour me laisser cueillir la marguerite aux champs ? »

 

          Sage ou moins sage, vous êtes loin d’être ces « Vilaine fille, mauvais garçon » qu’elle chante par ailleurs, simplement deux amoureux qui montaient tous deux dans le « Chariot » de Petula Clark :

« Si tu veux de moi,

Pour t’accompagner au bout des jours

Laisse moi venir près de toi »…

Et vous, vous dites :

« nous nous en irons,

Du côté où l’on verra le jour

La plaine, la plaine

N’aura plus de frontière

La terre, la terre sera notre domaine »…

 

          Ce furent, Chers Jubilaires, vos « Tendres années », celles de « l’idole des jeunes » et des twists endiablés – que vos genoux d’aujourd’hui ne vous autorisent plus toujours – à St Tropez ou ailleurs, que vos chaussettes aient été noires ou non, vos chats sauvages ou plus calmes, ces années où, avec l’incontournable Johnny, vous avez retenu la nuit, pour vous « deux, jusqu’à la fin du monde », en n’espérant qu’une chose « qu’elle devienne éternelle », et pour le bonheur de vos deux coeurs vous avez arrêté « le temps et les heures ».

 

          Et pour clore ce retour à 1962, je vous rappelle Lény Escudero :

« Pour une amourette

Qui passait par là

J’ai perdu la tête

Et puis me voilà »…

 

          J’ajouterai surtout : Et puis vous voilà, 60 ans plus tard, toujours à deux !

 

          Très très bon anniversaire de diamant, Arlette et Gérald, Julienne et Jean-Claude, Anne-Marie et André, Thérèse et Henri, Jocelyne et René, Thérèse et Michel, Yvette et Francis, Nadine et Auguste !

L’année 1972 s’ouvre sur la disparition, le 1er janvier, de Maurice Chevalier, ce qui vous aura sans doute marqué chers jubilaires d’or. D’autres personnalités disparaitront cette année-là, telles l’ancien Président américain Harry Truman, l’ancien Roi d’Angleterre Edouard VIII, le roi amoureux qui quitta son trône pour l’amour d’une roturière, l’écrivain Jules Romains, ou encore les comédiens Pierre Brasseur et Raymond Souplex : la perruche a perdu son poulet !

 

          Sur le plan international, ça bouge cette année-là. Alors que les Etats-Unis sont empêtrés au Vietnam, dont ils décident le blocus, le Président Richard Nixon, qui sera réélu à l’automne, fait des gestes importants de détente en allant à Pékin rencontrer Mao en février, et à Moscou Léonid Brejnev en mai. Malheureusement ce que le monde retiendra de cette année 1972, c’est la sanglante tragédie des attentats terroristes contre les athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich en septembre. Notre Région vivra, elle, l’assassinat de Brigitte Dewèvre et le début de la terrible affaire de Bruay, irrésolue depuis.

 

          L’Europe bouge cette année-là : le Royaume-Uni, l’Irlande, le Danemark et la Norvège posent leur candidature, et en France le référendum sur l’élargissement de l’Europe obtient 68 % de « oui ».

          Côté vie politique française, retenons la signature par le PS et le PC de leur Programme Commun, tandis qu’en juillet le Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas est remplacé à Matignon par le légionnaire Pierre Messmer.

 

          Déjà on se préoccupe d’environnement : à Paris, en avril, 5000 cyclistes défilent contre la pollution et ce qu’ils appellent la civilisation de l’automobile, alors même que la Coccinelle est la voiture la plus vendue et que Renault lance la « R5 » et Peugeot la « 104 » ;

 

          En sports, l’Olympique de Marseille est Champion de France, tandis qu’enmené par Walter Spanghero, le 15 de France bat sévèrement l’Angleterre en rugby. En boxe, l’argentin Carlos Monzon reste Champion du Monde en battant le français Jean-Claude Bouttier. En cyclisme, Eddy Merckx gagne son 4ème Tour de France, devant Gimondi et Poulidor.

          Aux échecs, l’américain Fisher enlève le titre au russe Spassky. A la télévision, « le Mot le plus long » est remplacé par « des chiffres et des lettres » ,  se lance la 3ème chaine et on regarde les premiers épisodes de « Lassie » et des « gens de Mogador ».

 

          Mais les amoureux que vous êtes, Chers Jubilaires, auront surtout retenu comme un symbole le titre du film de Jean-Luc Godard, avec Yves Montand et Jane Fonda : « Tout va bien » !

 

          De fait, au cinéma, la tendance est à la détente ! Bien sûr il y a le dur « Orange Mécanique », mais on rit aussi avec « le Grand blond avec une chaussure noire », « la scoumoune », « Le viager », « L’aventure c’est l’aventure » ou « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »… Vous adorez « Grease », elle est Olivia Newton-John, il est Travolta, si séduisant que vous ne craignez plus, Mesdames, « La fureur du Dragon ».

 

          En 1972, Wattrelos continue de mettre en place de nouveaux équipements publics. On annonce ainsi la construction d’une crèche en Centre-ville, on lance celle de la Maison des Jeunes de la Mousserie en évoquant le projet d’une autre à la Martinoire. S’annoncent aussi un nouveau foyer-logement au Mont-à-Leux et la création d’un espace vert de 20 hectares au Breuil, début de notre actuel Parc Urbain. L’Office Municipal des Sports est créé en février, la nouvelle maternelle Camus est ouverte, la 1ère pierre du groupe Brossolette est posée, car la population de la Zup de Beaulieu a besoin d’écoles !

 

          Déjà il y a des travaux de réfection à l’église St Maclou, tandis qu’à Roubaix on inaugure Roubaix 2000.

 

          Et, allusion personnelle (je le dis avec émotion), à l’époque jeune élève de 4ème au collège Zola, je joue ici même, sur cette scène du CSE, en juin 1972, ma première pièce de théâtre intitulée « Le client difficile »… Que c’est loin tout ça !

 

          Vous les amoureux de 1972, votre scène à vous, elle est ailleurs, une vie nouvelle se dessine dans vos cœurs. Et si, Mesdames, Véronique Sanson clame qu’elle n’a « Besoin de personne », ce n’est pas votre cas, vous Messieurs, vous ne voulez plus, comme les Martin Circus, vous « éclater au Sénégal avec une copine de cheval ! ». Fini tout cela…

 

          Au contraire, sur fond de mode à l’anglaise et de pat’d’ef qui s’affirment et de jupes qui raccourcissent, avec John Lennon vous lui susurrez « Imagine », tandis qu’avec C. Jérôme il ou elle vous répond « Kiss Me », avant de déguster du « Pop Corn » avec Anarchic System !

          1972, c’est l’année de belles déclarations et de l’engagement. Ah Messieurs, cette année-là, vous ne manquiez pas de chansons pour lui déclarer votre flamme. Avec Mike Brant, « C’est ma prière, entends ma voix », et pour les plus timides d’entre -vous : « Qui saura te dire, combien je t’aime »…

 

          Ou peut-être, plus déterminé encore étiez-vous Ringo, à proclamer « Elle, je ne veux qu’elle »… et pourquoi donc ? « Pour l’emporter, l’aimer et vivre ensemble ». Et pour la convaincre, vous lui dites qu’elle est « Trop fragile, trop belle pour rester seule », avant de conclure « Je ne conçois pas la vie sans toi »…

 

          Les plus romantiques, avec Alain Delorme et le groupe Crazy Horse auront affirmé qu’«Un jour sans toi /Est un jour de pluie », ou comme Christian Delagrange, que « Sans toi, je suis seul ». Les plus audacieux, avec Frédéric François, auront osé un « Je voudrais dormir près de toi / Etre là quand tu t’éveilles / Au premier rayon du soleil ».

 

          Avec tant d’arguments, Mesdames, avouez que c’était impossible de résister, et si Gérard Palaprat « Pour la fin du monde » invite à monter sur la montagne, vous vous préférez toutes Michel Polnareff qui vous chante qu’« On ira tous au Paradis