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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 12:02

Cette année, notre fête des Berlouffes fut tout particulièrement réussie.

 

En effet, nous avons connu des conditions météo idéales, et qui dit Berlouffes ensoleillées dit des rues noires de monde et un très agréable dimanche en famille ou entre amis.

 

C’est précisément ce qui s’est passé, renforcé un périmètre légèrement étendu du côté du Beck et du Carin. De toute façon, avec les demandes de réservations d’emplacements en attente et qui ne sont pas satisfaites afin de conserver un événement à dimension « humaine » (17 km de trottoirs occupés quand même !), on pourrait remplir les rues de bien d’autres quartiers de la ville !

 

J’ai donc pris beaucoup de plaisir à déambuler toute la journée en compagnie de mes adjoints (et d’Elisabeth Guigou le matin – cf. article ci-dessus) dans les grandes et les petites rues wattrelosiennes, saluant et échangeant quelques paroles sympathiques avec bon nombre de mes concitoyens.

 

C’est tout l’esprit de Berlouffes, ça : on chine bien sûr, mais surtout on se rencontre (parfois même une seule fois par an à cette occasion !), on se retrouve, on revoit de vieilles connaissances ou on en fait de nouvelles… C’est du partage, de la convivialité, et le sentiment très fort d’appartenir à une communauté : à Wattrelos, tout le monde se connaît. Et si j’exagère en affirmant cela, au moins, on connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un…

 

Ça ne doit pas être courant dans une ville de 43 000 habitants ! C’est pourquoi nos Berlouffes ont toujours autant de succès après 31 éditions.

 

Cette journée, pour moi, ce n’est que du plaisir. Celui de voir des gens heureux et souriants : les vendeurs bien sûr, mais aussi les promeneurs. Celui de voir le sérieux et la qualité de la reconstitution historique que nos associations organisent.

 

Celui de déambuler avec des élus, des amis dans les rues, de chiner moi aussi, d’y trouver le vase, la table de nuit, les livres que j’ai achetés, d’échanger avec tel ou tel, de rencontrer, de saluer, de biser, d’acheter chez mes boulangers nos Berlouffes gourmandes qui égaieront mon petit déjeuner, celui de monter en haut du clocher de l’église sur les coups de 18 heures pour jeter ces poupées si attendues !

 

Voir cette foule enthousiaste essayer d’attraper au vol une petite Berlouffe, symbole de la fête et de notre ville, c’est quelque chose. Je connais même des gens qui les collectionnent et possèdent les poupées de toutes les années ! C’est franchement sympa.

 

J’ai également apprécié la modification du scénario du brûlage final du mannequin, juste après : on a enfin retrouvé notre mannequin d’origine et j’y tenais. Nos historiens locaux ont trouvé une pirouette pour ne plus brûler le personnage (trop réaliste à mon goût) de Jehan Berlouffe : c’est bien, c’est mieux car beaucoup plus joyeux… donc dans l’esprit de notre fête !

 

 

 

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 10:04

Sans doute imprégnée de la visite du Pape en France, elle m’a gratifié d’un « Bonjour Monsieur l’Abbé » qui m’a bien fait rire lorsque je me suis approché pour la saluer…

 

Elle est tout excusée, Julia : à 102 ans, on a bien le droit de se tromper de temps en temps !

Et puis, elle est d’une telle bonne humeur qu’on lui donnerait le Bon Dieu sans confession, parole de… député-maire !

 

Vous l’avez compris, comme je le fais depuis deux ans maintenant, je suis passé à la résidence Emeraude du Hameau du Bel Age, notre maison de retraite wattrelosienne, pour apporter avec beaucoup d’affection et de respect à Julia Voglevaie, notre doyenne, quelques fleurs et surtout quelques chocolats (ne le dites pas à son médecin !).

 

Chaque fois que je la rencontre, je suis épaté. Malgré son apparente fragilité, sa silhouette fluette, elle déborde de vie et entonne même sans qu’on insiste un Halleluyah… en patois !

 

Julia attaque en tout cas la troisième année de son deuxième siècle avec détermination et lucidité ; elle a même profité de cette réunion de « famille » (fille unique et n’ayant jamais eu d’enfant, elle peut néanmoins compter sur un filleul fidèle et attentionné) pour se livrer à quelques confidences qu’elle n’avait encore jamais faites selon le personnel soignant.

 

Bon anniversaire Julia !

 

 

 

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 07:37

Avec Jean PEYRELEVADE, ancien président du Crédit Lyonnais, nous auditionnons un des grands acteurs de ce litige qui défraie la chronique judiciaire et politique depuis 15 ans maintenant.

 

Cet homme-là, que j'ai connu directeur-adjoint du cabinet de Pierre Mauroy à Matignon, j'ai eu à travailler avec lui, lorsque jeune cadre de la Banque de France détaché au Commissariat au Plan, j'ai été rapporteur pour la préparation du Xe Plan, et qu'il était Président de l'UAP. J'ai été sa plume à cette époque. C'est un homme honnête, intègre, sérieux et responsable.

 

Alors je comprends son irritation et ressent son amertume quand d'entrée, il s'insurge contre la sentence des arbitres, qu'il estime être une « sentence mensongère », « par incompétence », « par mauvaise foi », dit-il. Il le dit : « Les arbitres habillent la vérité ».

 

Bigre, l'attaque est rude. C'est que Jean Peyrelevade le dit sans ambages : alors qu'il est l’un des principaux acteurs de ce dossier, que les arbitres sont sensés dire le droit, eh bien, « il n'a jamais été entendu » par eux, son « témoignage n'a jamais été sollicité »!

 

Un malaise s'installe dans la Commission. Jamais nous n'avons eu collectivement, devant une telle affirmation, le sentiment que le montage qui a abouti à la sentence arbitrale ressemble décidément beaucoup à un arrangement destiné à satisfaire les intérêts de Bernard Tapie !

 

Toute la suite de l'audition, longue et précise, sera ensuite consacrée à l'analyse des faits de la période 1993-1995 (que la Droite veut évoquer longuement dans ses questions… ce qui évite qu'on parle d'aujourd'hui, et de cette incroyable procédure d'arbitrage !). Mais c'est quand même intéressant d'entendre J. PEYRELEVADE souligner :

 

·        qu'à son arrivée à la présidence du Crédit Lyonnais, en novembre 1993, le groupe
B. Tapie était en cessation de paiement (il avait une grosse échéance qu'il était incapable de rembourser) ;

 

·        que les entreprises industrielles de ce groupe étaient alors dans un état catastrophique (- 250 millions de francs de pertes annuelles) et avaient 2 milliards de francs d'endettement.

 

Et il complète combien il est curieux de voir B. Tapie, responsable de la chute d'Adidas, vouloir ensuite participer à la plus-value que réalise le Crédit Lyonnais lors de la vente d'Adidas à Robert-Louis Dreyfus !

 

C'est bien le cœur de ce procès à retentissement : auteur de la déconfiture de son groupe, B. Tapie veut sa part sur les bénéfices réalisés ensuite par le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas ! La Justice a eu à faire sa conviction tout au long de ces quinze années passées… jusqu'à cette sentence arbitrale sensée clore le dossier en offrant ces centaines de millions d'euros (même plus des francs… car les intérêts sont passés par là !) à Bernard Tapie.

 

Et si Jean PEYRELEVADE avait raison?

 

Alors comme lui, comme il le dit en concluant son propos, je ne peux que ressentir « l'extrême douleur de citoyen qui saigne quand je vois ce qui se passe à ce moment ».

 

Et ce n'est pas l'audition de Bernard TAPIE, que nous avons eue cet après-midi, où nous aurons assisté à des démentis brouillons, confus, imprécis sur les dates ou sur les chiffres, faits par un réel comédien qui est venu pour faire son théâtre, moins pour nous commissaires (les vrais, ceux de la commission des finances) que pour les caméras des médias… qui oublieront que celui dont elles diffusent les images n'est pas le commissaire Valence, mais quelqu'un qui par une décision d'Etat outrageusement avantageuse… va se voir verser 400 millions € par les contribuables français !

 

Ce théâtre-là n'était pas digne de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

 

Voilà pourquoi je pense qu'il nous faut, au nom de la démocratie, être plus précis, aller plus loin, mener des investigations sous serment ! La démocratie l'exige. Nous devons savoir, le peuple français doit savoir la vérité. Aussi, oui, avec bien d 'autres commissaires socialistes de la commission, je n'ai pas de doute : il faudrait créer une commission d'enquête !

 

 

 

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 07:30

Ce mercredi, journée lourde pour notre Commission des Finances, puisque nous auditionnerons ce matin Jean Peyrelevade, ancien Président du Crédit Lyonnais, et Bernard Tapie lui-même cet après-midi.

 

Mais très tôt, avant ces grands rendez-vous, nous commençons par écouter M. Thomas CLAY, juriste, professeur d'université, et spécialiste du droit de l'arbitrage. Celui-ci nous livrera un réquisitoire sans appel pour dénoncer la procédure qui a été suivie.

 

Pour lui, ce qui a été fait est une « représentation infidèle de la justice » et il ne faut pas confondre l'arbitrage et cet arbitrage-là ! Cette sentence « interpelle », et « ne fait pas du bien à la place de Paris », pourtant jusqu'à présent réputée au niveau international, comme capitale mondiale de l'arbitrage.

Pour Thomas Clay, la procédure qu'a suivie le Gouvernement français est « inadaptée » : d'une part parce qu'elle intervient au cours d'une procédure judiciaire (et alors même que la Chambre plénière – ce qui n'est pas rien ! – de la Cour de Cassation s'était prononcée !) ; d'autre part parce qu'on ne recourt pas à l'arbitrage quand il est question d'argent public. Et il précise ainsi, de son point de vue de juriste, pourquoi cet arbitrage est « inadapté » :

   

Ø      le « compromis d'arbitrage » (c'est-à-dire le texte qui lance la procédure !) encadre, enserre le pouvoir des arbitres : les montants des indemnités, les plafonds sont indiqués aux arbitres… avant même qu'ils n'aient à se prononcer. Ils ne sont donc pas libres ! Ce document, estime-t-il, ressemble beaucoup à un « contrat de transaction »…

 

Ø      ce qui est extraordinaire, c'est que « la sentence arbitrale épouse le compromis ! » Les chiffres des indemnités accordés… sont quasiment ceux qui figurent dans le compromis d'arbitrage : pour le « préjudice moral », B. Tapie demandait 50 millions €… Le tribunal arbitral lui en accorde 45 !

   

Ø      pour décider cela, chacun des trois arbitres a perçu un montant d'honoraires de…
300 000 € ! On est loin, d'après Th. CLAY, d'un calcul d'honoraires qui tienne compte des critères classiques (montant du litige, complexité, durée de l'affaire, notoriété des
arbitres)…

 

Ø      quant au montant des frais annexes, à savoir 100 000 € en plus, il paraît tout aussi lourd…

 

Ø      enfin, le propre d'un arbitrage, c'est sa confidentialité. Sur celui-là, cela n'a d'évidence pas été respecté.

 

Cette audition est d'évidence à charge pour la procédure que le Gouvernement a choisi de suivre. Analysant ensuite les recours possibles encore aujourd'hui contre cette sentence arbitrale, le professeur CLAY pose avec insistance la question : « La volonté d'en finir avec le dossier devait-elle se faire à n'importe quel prix ? »

 

Je crois que c'est en effet la question que tous les Français devraient se poser. Pour moi, ma conviction est faite : il y a une lourde responsabilité politique de ceux (celui ?) qui ont (qui a ?) décidé de solder ce dossier… en offrant 400 millions € à B. Tapie !

 

Et je me pose une autre question, à laquelle je n'ai pas la réponse : pourquoi ? Pourquoi avoir lâché cela ?

 

En termes policiers, on dirait : quel est le mobile ?

 

Notre démocratie France ferait bien de le chercher…

 

 

 

 

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 15:44
Voici les réponses obtenues à deux questions écrites qu'en ma qualité de parlementaire j'ai posées :

- à Monsieur le Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité sur l'avenir du réseau des caisses d'allocations familiales. Lire la suite (J.O. du 25 décembre 2007). Réponse parue au J.O. le 9 septembre 2008

- à Madame la Ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi sur le crédit d'impôt mobilité professionnelle instauré par la loi de finance 2006 et destiné aux demandeurs d'emploi. Pour bénéficier de ce crédit d'impôt, plusieurs conditions étaient à remplir: être demandeur d'emploi, déménager à plus de 200 km et reprendre une activité pour une durée d'au moins 6 mois. Cependant, la condition d'être demandeur d'emploi était en fait plus restrictive qu'annoncée, puisqu'il fallait l'être depuis 12 mois. Lire la suite (J.O. du 15 juillet 2008). Réponse parue au J.O. le 9 septembre 2008 


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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 07:23

Après l'audition, ce matin, de notre collègue De COURSON, la Commission des Finances a entendu successivement les anciens et actuels présidents, d'une part du CDR (Consortium de Réalisation), d'autre part de l'EPFR (Etablissement Public de Financement et de Réalisation).

 

De toutes ces auditions, dont les compte-rendus sont disponibles auprès des services de la commission, je retiens particulièrement celle de M. Jean-Pierre AUBERT, ancien Président du CDR, qui a rappelé des choses intéressantes :

 

·        qu'en 2002 l'idée d'une médiation avait été évoquée mais que le ministre des Finances de l'époque, Francis MER, avait « préféré que la justice suive son cours » ;

 

·        que le nouveau ministre de l'Economie en 2004 (Nicolas SARKOZY me semble-t-il !) a lancé une médiation, conduite par M. Burgelin, de la Cour de Cassation, proposition acceptée par les 2 parties. Mais au vu de son résultat les liquidateurs de – et avec – M. TAPIE l'ont rejetée !

 

Il a par ailleurs affirmé sa confiance dans les décisions de la Justice à venir pour les intérêts de l'Etat. Il note avec insistance que « la défense des finances publiques exigeait une cassation » ; et suite à celle-ci, reprenant le compte-rendu du conseil d'administration du 13 décembre 2006, il affirme que « le CDR pouvait attendre avec confiance la décision de la Cour d'Appel ».

 

Pour lui, c'est clair, l'Etat ne risquait pas grand chose. La preuve, dit-il, avec malignité – et pertinence : « Pourquoi est-ce que ce sont les liquidateurs de B. Tapie qui ont demandé l'arbitrage ? ».

 

Poser la question, c'est y répondre… Pour lui, pas de doute, l'arbitrage, c'était aller à l'avantage de B. Tapie. Et donc – suivez mon regard – décider de recourir à l'arbitrage, puis renoncer à engager (en plein cœur de l'été 2008 !) un recours en annulation contre la sentence arbitrale, c'était pour le Gouvernement français prendre deux décisions favorables aux intérêts de B.Tapie !

 

Ce haut fonctionnaire ne dit évidemment pas les choses aussi clairement mais chacun comprend ainsi ce qu'il a voulu dire. Alors on revient à la question de fond : pourquoi, oui pourquoi, le Gouvernement français a-t-il décidé de favoriser aussi outrageusement les intérêts de B. Tapie… au détriment de ceux des contribuables français ?

 

 

 

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 07:19

Ce matin, la Commission des Finances commence une série d'auditions destinée à faire le point sur la décision d'arbitrage qui a permis d'accorder à Bernard Tapie plusieurs centaines de millions d'indemnités dans le contentieux qui l'oppose, depuis 15 ans maintenant, au Crédit Lyonnais.

 

En tant que citoyen, cette décision, tombée au cœur de l'été, me choque compte tenu des chiffres en cause mais aussi des doutes qui s'expriment sur l'impartialité de l'Etat, et notamment sur le copinage dont pourrait avoir bénéficié B. Tapie dans cette décision qui lui est, étrangement, extrêmement favorable ! Mais en tant que député, comme mes collègues de la commission des finances, je n'ai qu'une obsession : savoir si le choix du Gouvernement de recourir à un arbitrage était légal, et si les intérêts de l'Etat et des contribuables n'ont pas été lésés dans cette affaire.

 

Nous avons conduit ce mercredi 3 septembre plusieurs auditions (10 heures quasiment non-stop aujourd'hui). Je reviens d'abord sur celle de mon collègue Charles de Courson (Nouveau Centre).

 

Ch. de Courson représente l'Assemblée nationale au conseil d'administration de l'EPFR, établissement public responsable de la surveillance du CDR, organisme en charge de la gestion du passif du Crédit Lyonnais. A la demande de la Commission des Finances, il a rédigé un rapport d'information. Il nous le présente, répondant à certaines questions.

 

Fallait-il recourir à l'arbitrage ?

 

Depuis le 30 novembre 1994, date de la mise en redressement judiciaire de toutes les sociétés du groupe Bernard Tapie, bon nombre de décisions de justice ont été rendues. En 2004, à la demande des mandataires liquidateurs, une médiation avait été conduite par M. Jean-François Burgelin (ancien procureur général à la cour de cassation), ordonnée par la Cour d'Appel de Paris le 12 novembre 2004, et avait proposé une transaction sur la base de 140 millions €. Bernard Tapie a refusé ce montant.

 

Par un arrêt le 30 septembre 2005, la Cour d'Appel de Paris a condamné le CDR à payer aux mandataires liquidateurs de B. Tapie une indemnité de 135 M€. On est donc toujours sur les mêmes ordres de grandeur…

 

Or, réunie en assemblée plénière le 9 octobre 2006, la Cour de Cassation a cassé cette décision, estimant que « la responsabilité contractuelle du Crédit Lyonnais ne peut être engagée au titre de manquements dans l'exécution d'un mandat dont elle n'était pas partie ». Et donc l'Etat ne devait plus rien ! Alors pourquoi le Gouvernement a-t-il décidé de recourir à l'arbitrage en 2008 ?

 

C'est le cœur du débat politique !

 

Or, Ch. de Courson, dans son rapport, est très clair. Il écrit que le recours à l'arbitrage est « d'une légalité douteuse » (en vertu du statut légal de l'EPFR, et du principe constitutionnel selon lequel l'interdiction pour une personne publique de conclure un compromis d'arbitrage a valeur législative, ce qui suppose donc une loi pour engager la procédure… loi qui n'existe pas !). Et notre collègue d'estimer qu'il y a eu là « un détournement du Droit », et de souligner « le caractère illégal du recours à l'arbitrage ».

 

Le recours à l'arbitrage n'était pas utile pour l'intérêt de l'Etat.

 

En effet, comme l'écrit mon collègue, il n'est pas compréhensible « de recourir à l'arbitrage après cassation et renvoi devant une cour d'appel ; il semblerait même que ce soit un cas unique ». Et d'ajouter : « Pourquoi aller demander à des arbitres d'aller dire le Droit que vient de dire la Cour de Cassation et que s'apprêtent à dire à leur tour les juges de renvoi saisis après cassation ? ».

 

Nous sommes en effet, du point de vue de l'Etat, dans une situation paradoxale : il y a un processus juridique engagé dans lequel, depuis l'arrêt de la Cour de Cassation d'octobre 2006, l'Etat (via CDR Créances et le Crédit Lyonnais) se voit non condamné… et voilà l'Etat qui s'engage dans un arbitrage (qui lui fera payer plus de deux fois plus qu'il ne lui a jamais été réclamé !).

 

Incompréhensible !

 

« La victoire devant la Cour de Cassation justifiait de poursuivre la procédure », écrit de Courson. C'est ce que je pense aussi …

 

Derrière cet arbitrage, il y a une curieuse décision de l'Etat !

 

C'est en effet le Gouvernement qui a fait ce choix qui est si coûteux pour les finances publiques !

 

D'abord notons que, alors que la justice le blanchit, l'Etat décide de recourir à une procédure d'arbitrage ! Ainsi lors du Conseil d'Administration de l'EPFR du 10 octobre 2007, « les trois administrateurs représentant l'Etat ont indiqué avoir reçu instruction ministérielle de se prononcer en faveur de la proposition » de recours à l'arbitrage.

 

C'est bien sur instruction expresse du Ministre (cinq mois à peine après l'élection de N. Sarkozy !) qu'on engage cet arbitrage !

 

Et de surcroît, après que la sentence arbitrale du 7 juillet 2008 soit tombée, financièrement très lourde pour l'Etat, voilà que l'Etat… renonce à tout recours ! Là encore, lors du C.A. de l'EPFR du 28 juillet qui suit la sentence, les représentants de l'Etat disent avoir « reçu instruction du Ministère des Finances de voter en défaveur d'un recours en annulation » !

 

Comme quoi, c'est clair : la décision, tant sur l'opportunité que sur les montants de l'arrangement avec B. Tapie est politique, et donc de responsabilité politique (par décision de la Ministre de l'Economie… mais a-t-elle eu, elle, d'autres instructions ?).

 

Au total, pour B. Tapie, c'est un chèque (net) de 130 à 140 Millions € !

 

Le tribunal arbitral, dans sa sentence, condamne le CDR à verser 240 Millions € (hors intérêts) à GBT (Groupe Bernard Tapie), actualisés aux taux d'intérêt légal depuis le 30 novembre 1994 mandataires-liquidateurs de (soit de 100 à 110 Millions € supplémentaires !), et octroie une indemnisation à Bernard Tapie de 45 Millions € pour « préjudice moral » !

 

Ce qui signifie qu'au final, Ch. de Courson calcule qu'après déduction des dettes en cours de B. Tapie, du désintéressement de divers créanciers, du paiement des impôts (heureusement B. Tapie va bénéficier, pour ses impôts sur le revenu, du bouclier fiscal !), ce sont de 130 à 140 Millions € que B. Tapie va percevoir (ce que conteste l'intéressé).

 

A 65 ans, cela permet de voir venir…

 

A cette somme, devrait s'ajouter pour B. Tapie le retour en sa pleine possession de l'hôtel particulier de Cavoye (situé rue des Saints-Pères à Paris), estimé entre 25 et 30 millions €, puisque la créance hypothécaire qui le frappait tombe en cas de remboursement des dettes (!).
Un immeuble que l'intéressé a continué d'occuper sans loyers (et sans acquitter lui-même d'impôts locaux depuis 1994 !).

 

Ces chiffres donnent le tournis : ils sont sans commune mesure avec ceux qui ont pu être retenus dans des décisions judiciaires où la responsabilité de l'Etat a pu être mise en cause !

 

Tout cela va coûter plus de 400 millions d'€ à l'Etat ! Alors pourquoi le Gouvernement
a-t-il donné son accord à cela ? Oui, pourquoi ? C'est là qu'à mon sens, il y a bien UNE AFFAIRE TAPIE... et c'est UNE AFFAIRE D'ETAT.

 

 

 

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 17:07

S'agissant de sa politique économique, le Gouvernement a placé au cœur de toute sa stratégie le recours aux heures supplémentaires, ce qui, d'après lui, augmenterait les revenus des salariés et ainsi stimulerait la croissance. Et idéologiquement, il fait disparaître la référence aux 35 heures hebdomadaires. C'est le sens de la loi TEPA (dont j'ai déjà parlé sur ce blog) votée en août 2007 !

 

Le problème, c'est que cette option stratégique est une mesure coûteuse, qui surtout aggrave la situation de l'emploi en France car… elle augmente le chômage !

 

Cette politique est coûteuse, disais-je. En effet, le nombre des heures supplémentaires déclarées (182 millions au 2e trimestre 2008) est en progression de 6 % par rapport au 1er trimestre 2008. Du coup, les exonérations de cotisations sociales ont déjà coûté 1 355 millions € à la Sécurité sociale sur les six premiers mois de l'année ; à celles-ci, il faut ajouter les pertes d'impôt sur le revenu sur le budget de l'Etat. D'après la ministre elle-même, cela va coûter au total 4 milliards € en 2008 aux finances publiques (c'est la moitié du déficit de la Sécurité sociale !).

 

Cela coûte donc, mais est-ce que c'est au moins utile pour l'emploi ? Non.

 

Car malheureusement, l'INSEE a récemment annoncé un recul du PIB (- 0,3 % au 2e trimestre 2008), et surtout… la perte de plus de 12 000 emplois dans le secteur concurrentiel pour la 1ère fois depuis début 2004 ! Avec en particulier un recul de 45 000 postes d'intérimaires, ce qui annonce que la dégradation de l'emploi ne fait probablement que commencer ! Si l'activité n'a pas reculé davantage au 2e trimestre 2008, c'est notamment parce que les entreprises ont gonflé leurs stocks pendant ces trois mois ; elles ne vont évidemment plus continuer de le faire, ce qui va freiner la croissance.

 

Côté emploi, le pire est donc probablement à venir. D'ailleurs, les derniers chiffres de l'ANPE confirment la remontée du chômage. Le nombre total des inscrits à l'ANPE a bondi de 39 800 personnes de juin à juillet 2008. Et de ce point de vue, la situation sociale à la rentrée est préoccupante, avec :

 

-         le ralentissement de la croissance, confirmé par le Gouvernement, et notamment le mauvais état de la consommation, qui va peser sur l'emploi (déjà, dans la circonscription, des rumeurs inquiétantes montent en provenance de la vente à distance, comme à La Redoute) ;

 

-         la dépression du marché du travail alors que cet automne connaîtra, comme à l'accoutumée, une arrivée massive de nouveaux diplômés. Or, c'est déjà surtout chez les moins de 25 ans que la remontée du chômage est sensible ;

 

-         la volonté du Gouvernement de restreindre à partir de 2009 l'accès au dispositif carrières longues, qui permettait aux salariés de plus de 56 ans qui ont commencé à travailler tôt de partir en retraite avant 60 ans. C'est une erreur dramatique ! Car ces dernières années, c'était largement ce dispositif qui avait fait rapidement décroître le chômage !

 

-         les conséquences de la toute nouvelle loi portant rénovation de la démocratie sociale et réforme de la durée du travail, votée cet été 2008, qui multiplie encore les possibilités de faire faire des heures supplémentaires, et d'allonger le temps de travail des salariés en forfaits jours ! Cela en fera travailler plus certains, mais cela fera surtout recruter moins

 

 

 

 

 

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 16:48

Il n’y a pas que les enseignants et les enfants qui vont à l’école ; ce matin, le maire aussi…

 

Et je n’y suis pas allé seul : j’ai visité en compagnie de l’inspecteur de la circonscription, Jean-Pierre Mollière, et de mon adjointe à l’éducation Sylvie Zaïdi. C’était à mes yeux important d’y être pour encourager les équipes pédagogiques, leur montrer l’importance que j’attache à leur mission, réconforter parfois des enfants (ou des parents), et surtout, car c’est ma responsabilité, vérifier que tout se passe bien. Ce cru 2008, pour Wattrelos, est une rentrée sereine car elle a, disons-le, été préparée.

 

Quelques travaux d’entretien ont pu être menés de ci-de là durant l’été, les équipes enseignantes sont stables (il n’y a que deux nouvelles directions sur un total communal de 25 écoles publiques), et je ne boude pas ma satisfaction en constatant que Wattrelos compte quatre ouvertures de classes en élémentaire, contre une fermeture en maternelle.

 

C’est la traduction de l’inversion démographique constatée il y a quelques années : après avoir longtemps perdu des habitants, Wattrelos est redevenue attractive (elle compte plus de 43 000 habitants), a renouvelé son offre de logements et a accueilli des jeunes ménages ; très logiquement, cette attractivité se répercute sur les effectifs scolaires (5244 enfants sont accueillis lors de cette rentrée dans les écoles publiques et privées de la commune, soit 200 de plus qu’il y a 5 ans !).

 

Pour autant, deux incertitudes me préoccupent :

 

-         l’association pour favoriser une école efficace (apfEE), initiatrice des clubs coups de pouce qui luttent contre les difficultés d’apprentissage de la lecture (Wattrelos compte 18 de ces clubs au sein de ses écoles), n’a pas encore obtenu du Secrétariat d’Etat à la politique de la Ville les crédits nécessaires au fonctionnement des clubs – j’ai envoyé une question écrite à Fadela Amara pour relayer les légitimes inquiétudes de l’apfEE ;

 

-         la suppression des cours le samedi matin, si elle va permettre à la fois une aide personnalisée pour les élèves en difficulté et un accompagnement éducatif pour tous ceux qui le souhaitent (pour faire les devoirs, mais aussi du sport ou pratiquer une activité culturelle), modifie au passage assez profondément l’organisation de nos personnels et de nos services périscolaires. En tant que maire, je suis bien sûr intéressé par une démarche qui éviterait que des élèves qui connaissent davantage de difficultés pour apprendre restent sur le bord du chemin. On pourrait appeler cela de la discrimination positive. Mais la question qui se pose immédiatement est la suivante : a-t-on les moyens de ces actions ? Aujourd’hui, la réponse est a priori oui. Mais demain ? Dans le prochain Projet de Loi de Finances pour 2009, il est question de la suppression de 13 500 postes dans l’Education nationale ! Et qu’en sera-t-il en 2010 et 2011 ?

 

Alors je suis vigilant. Car grâce à nos clubs coups de pouce, grâce à notre dispositif de Réussite éducative reconnu et salué, grâce à la qualité de la coproduction éducative entre nos services municipaux et ceux de l’Education nationale, nous semons de l’espérance. Il ne faut pas que des contraintes financières viennent la briser, car tout serait à refaire, et on aurait gâché de l’argent, du temps et, pis que tout, de l’espoir !

 

Car à Wattrelos, ce à quoi nous sommes attachés, plus qu’à tout, c’est à l’éducation ; elle est au cœur, sinon le cœur de l’égalité réelle des chances.

 

 

 

 

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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 14:24

Je n'ai pas pour habitude de proclamer : « J'avais raison ! », mais on me reconnaîtra volontiers, j'espère, qu'en matière de prévisions macroéconomiques et financières, si on relit ne serait-ce que mes anciens articles de ce blog ou certaines de mes interventions à l'Assemblée, ce qui se produit du point de vue de l'évolution économique de la France, je l'avais bien dit !.

 

Une information vient ainsi de tomber : l'OCDE diminue à 1 % (au lieu de 1,8 % précédemment) sa prévision de croissance de la France en 2008 !

 

L'OCDE juge ainsi que l'Europe est désormais plus proche de la récession que les Etats-Unis. La zone euro devrait ainsi « tout juste se traîner » d'ici fin 2008, avec une évolution moyenne de
+ 1,3 % du PIB.

 

La France fera encore moins bien que la moyenne, avec donc + 1 %. Au 2e trimestre 2008, ne l'oublions pas, le PIB français avait connu une croissance négative de - 1,2 %.

 

Trois constats dès lors s'imposent, confirmant mes craintes antérieures malheureusement :

 

-         la croissance française est à la traîne. Avec 1 % en 2008, la France fait moins que les Etats-Unis (1,8 %), l'Allemagne (+ 1,5 %), le Royaume Uni (+ 1,2 %) ou le Japon
(+ 1,2 %). Au-delà du contexte international (tempête sur les marchés de capitaux, repli des marchés immobiliers, cherté des matières premières) qui pèse bien sur la croissance mondiale, personne n'a encore vu le « choc de confiance » que Nicolas Sarkozy promettait avec son élection, ni ce point de croissance supplémentaire qu'il allait aller chercher « avec les dents ». La France est en échec économique.

-         comme la prévision budgétaire du Gouvernement tablait sur un hypothèse de croissance comprise entre 1,7 et 2 %, moins de croissance réalisée, cela veut dire moins de recettes fiscales et donc dérapage, avec plus de déficit et plus de dettes. Rendez-vous dans quelques semaines, avec les débats du Projet de Loi de Finances pour 2009, mais c'est inexorable ! La France est en échec budgétaire et financier.

 

-         enfin, cette mauvaise performance de la croissance française doit permettre de rappeler que, depuis 6 ans, la France connaît un taux de croissance très largement inférieur à la moyenne mondiale. Témoin notre commerce extérieur qui va être en déficit de près de 50 milliards sur l'année (alors que l'Allemagne, avec la même monnaie, connaît un excédent commercial de près de 200 milliards !). La France est en échec compétitif.

 

Cette information sur la croissance en 2008 est donc une très mauvaise nouvelle. Elle sanctionne l'échec d'une politique économique mal conduite, qui s'est trompée de diagnostic et qui s'est fondée sur des mesures fiscales (le paquet fiscal de l'été 2007), au mieux inadaptées à la situation de notre économie, au pire inutiles (notamment sur la stimulation de l'investissement) et dangereuses pour nos finances publiques !

 

 

 

 

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